Gaza, jour 969 : un cessez-le-feu qui n’a jamais été respecté peut-il encore voler en éclat ?

Point sur la situation à Gaza cette semaine, après la déclaration de Benjamin Netanyahou de son intention d’occuper 70% de l’enclave palestinienne, au mépris de l’accord en vigueur l’engageant à s’en retirer progressivement.

Par l’Agence Média Palestine, le 2 juin 2026



« En ce moment, nous tenons le Hamas à la gorge. Nous contrôlons maintenant 60% du territoire de la bande (de Gaza). Vous savez, nous étions à 50 (après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu), nous sommes passés à 60, ma directive est de passer à (…) 70 », a déclaré jeudi 28 mai dernier le Premier ministre israélien, lors d’une conférence diffusée sur le site d’une chaîne de télévision israélienne.

Une déclaration qui inquiète les négociateurs, puisqu’elle prend la direction opposée à celle prévue par le plan de “paix” officiellement en vigueur depuis le 11 octobre 2025. Un accord qui, bien que presque quotidiennement enfreint par Israël, avait apporté un relatif répit aux Palestinien-nes de Gaza en ralentissant considérablement les bombardements.

Selon le média The New Arab, des efforts seraient déployés pour relancer les pourparlers en vue de l’application de la seconde phase de l’accord, retardée depuis des mois. Les médias égyptiens rapportent que l’Égypte a intensifié ses efforts diplomatiques avec des médiateurs au Qatar, en Turquie et aux États-Unis afin de ramener le Hamas et Israël à la table des négociations.

Dans le même temps, des sources rapportent que le Conseil de la paix, censé coordonner la transition vers une nouvelle administration technocratique de Gaza, se trouve en difficultés financières, renforçant son inertie.

Pendant ce temps à Gaza, l’armée israélienne poursuit ses attaques sur la population. Ces dernières semaines, plusieurs ordres d’évacuations ont été émis concernant des quartiers résidentiels qui n’avaient pas été touchés durant les deux années précédentes, et où de nombreux-habitant-es s’étaient réfugié-es. Cette pratique s’est encore accélérée ces derniers jours, suivie de frappes détruisant des zones entières d’habitations.

Gaza en deuil pour l’aïd

Comme chaque mardi, nous recensons ici les meurtres perpétrés par Israël durant cette semaine. Ce décompte, qui nous semble indispensable, ne doit pas faire oublier que chaque personne recensée avait un nom et une histoire, qu’il ne nous est pas toujours possible de transcrire ici.

Mardi 26 mai, après la publication de notre dernier bilan hebdomadaire et alors que les habitant-es de Gaza sortaient faire leurs courses dans les rues de la ville de Gaza pour se préparer à la fête de l’Aïd al-Adha, des frappes israéliennes ont visé un immeuble résidentiel dans le quartier d’al-Rimal, tuant au moins six personnes et en blessant 20 autres. Cette frappe a tué Mohammed Odeh, le chef de la branche armée du Hamas, qui venait de succéder à l’ancien chef Izz al-Din al-Haddad, assassiné à la mi-mai. L’épouse et les deux enfants d’Odeh ont également été tués lors de la frappe aérienne.

Cet assassinat s’est déroulé dans un quartier très densément peuplé. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des scènes de chaos et d’horreur, les habitant-es fouillant les décombres à la recherche de leurs proches, des scènes rappelant les frappes les plus violentes du génocide.

« Devant nos yeux, des scènes qui font pleurer le cœur… Des enfants étaient sortis pour acheter des vêtements et des friandises pour l’Aïd, mais ils sont revenus blessés à l’hôpital. Des filles fouillent les décombres à la recherche de leur père, pour finalement les retrouver morts sans avoir pu leur dire un dernier adieu », commente Mohammed Hamad, un infirmier de Gaza, dans une vidéo partagée sur X des images des conséquences de ces événements. 

Le lendemain, mercredi 27 mai, premier jour de la fête de l’Aïd, dix Palestinien-nes dont cinq enfants ont été tué-es et 15 autres blessé-es lors d’un bombardement israélien contre une maison du centre de Gaza, comme nous le rapportons dans cet article. Parmi les victimes se trouvait Ahmad Abu Halima, directeur des affaires étudiantes à l’université de Gaza, ainsi que Israa Emad Salim, 17 ans, Sidra Iyad Azzam, 12 ans, Nour Ahmad Abu Halima, 12 ans, Yamen Ahmad Abu Halima, 13 ans, Emad Hassan Salim, 43 ans, Shaimaa Khalil Shaaban Al-Suweirki, 28 ans, Ihsan Matar Balbul, 81 ans, Ataf Sobhi Balbul, 47 ans et Sarah Sameh Rajab, 9 ans.

Jour après jour

Jeudi 28 mai, l’agence de presse palestinien Wafa rapporte le meurtre par israël d’une personne non identifiée, ainsi que 5 blessé-es, lors d’une frappe rappe aérienne israélienne sur le quartier de Zeitoun, au sud-est de Gaza.

Vendredi 29 mai, trois Palestinien-nes ont été assassiné-es dans une frappe aérienne israélienne ciblant un bâtiment et un terrain situé près de serres agricoles dans la zone densément peuplée d’Al Mawasi, près de Khan Younis. 

Une autre frappe, ce même jour, a pris pour cible un groupe de civils palestiniens dans le quartier d’Al-Tuffah, à l’est de la ville de Gaza, causant la mort de trois personnes et en blessant plusieurs autres.

Plus tard encore dans la journée du 29 mai, une personne a été tuée et d’autres ont été blessées après que des avions de l’armée d’occupation israélienne ont pris pour cible un groupe de civils dans la rue Al-Wahda, à l’ouest de la ville de Gaza.

Samedi 30 mai, deux hommes palestiniens ont été assassinés par l’armée israélienne. Parmi eux figure le docteur Jamal Abu Aboun, chef du service d’anesthésie de l’hôpital Al-Yafa, tué lors d’une frappe israélienne près de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir al-Balah.

Dimanche 31 mai, une frappe menée par un hélicoptère israélien visant un groupe de civils dans le port de pêche situé à l’ouest de la ville de Gaza a tué une personne et fait plusieurs blessé-es.

Hier, lundi 1er juin, un jeune homme non identifié a été tué dans une frappe aérienne, alors qu’il se déplaçait à vélo dans la zone du Bloc 9 du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza.

Ce matin, mardi 2 juin 2026, une frappe de drone israélien a touché un véhicule circulant dans les environs de l’école Mazra’a à Deir Al-Balah, assassinant Ahmad Khaled Abu Maghseib, jeune homme palestinien de 32 ans, et blessant 4 autres personnes. 

Une autre personne, qui n’a pas pu être encore identifiée, a été tuée aujourd’hui dans une frappe israélienne visant une tente de fortune dans le camp d’Al Mawasi, au sud de Gaza. Plusieurs autres personnes ont été blessées.

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