La Cour suprême israélienne rejette l’appel du Dr Hossam Abou Safiya, détenu sans inculpation ni procès

Par l’Agence Média palestine, le 16 juin 2026

La Cour suprême israélienne a rejeté ce 16 juin l’appel visant à obtenir la libération du docteur Hossam Abou Safiya, directeur de l’Hôpital Kamal Adwan, enlevé devant son établissement en décembre 2024, dans le nord de Gaza. Le médecin palestinien est détenu par Israël depuis 18 mois sans qu’aucune inculpation formelle n’ait été rendue publique.

Selon son avocat et l’organisation israélienne de défense des droits humains Physicians for Human Rights Israel (PHRI), la décision de la Cour s’appuie sur des éléments de preuve classifiés qui n’ont pas été communiqués à la défense. Cette situation suscite de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent une détention prolongée sans procédure contradictoire ni présentation publique des preuves.

Le docteur Abou Safiya est une figure connue et très respectée durant le génocide à Gaza pour avoir continué à exercer ses fonctions médicales au sein de l’hôpital Kamal Adwan malgré les attaques incessantes israéliennes, l’assassinat par Israël de son propre fils Ibrahim, âgé de 15 ans, et les évacuations ordonnées par l’armée israélienne. 

Israël affirme, comme elle le fait toujours, que le pédiatre serait lié au mouvement Hamas, mais aucune preuve n’a été rendue publique à ce jour. Le Hamas ainsi que le ministère de la Santé de Gaza contestent ces accusations.

Lors d’une audience tenue la semaine dernière, le médecin est apparu par visioconférence devant la Cour suprême. Des observateurs et son équipe juridique ont noté qu’il était considérablement amaigri et que son apparence présentait des signes de mauvais traitement et de manque de sommeil. Son avocat a dénoncé des conditions de détention difficiles, évoquant récemment une mise en isolement cellulaire.

Des organisations humanitaires, des experts des Nations unies et plusieurs associations médicales internationales réclament depuis des mois sa libération. Le rejet de cet appel signifie que le Dr Hussam Abu Safiya restera détenu en Israël dans le cadre du régime appliqué aux personnes considérées comme « combattants illégaux », un dispositif qui permet des détentions prolongées à durée indéterminée fondées sur des informations confidentielles.

« Le rejet de l’appel du Dr Hussam Abu Safiya et sa détention prolongée sans accusation représentent un échec moral et juridique profond. Plutôt que de défendre les principes fondamentaux de l’État de droit et du procès équitable, la cour a entériné la détention indéfinie d’un directeur d’hôpital qui reste en isolement cellulaire tout en souffrant de problèmes médicaux qui ne reçoivent pas de traitement approprié », a dénoncé PHRI dans un communiqué sur X. « Le message envoyé par cette décision est limpide : un professionnel de la santé peut être privé indéfiniment de sa liberté sans être accusé et sans que les autorités présentent des preuves contre lui devant un tribunal ouvert », a ajouté l’organisation. 

PHRI rappelle que le cas du Dr Abou Safiya n’est pas isolé. Il illustre comment les procédures de réexamen judiciaire pour les détenus palestiniens de Gaza sont, en pratique, devenues « une simple formalité procédurale ». « Chaque mois, des centaines d’audiences de réexamen de détention ont lieu, mais, à notre connaissance, elles n’ont pas abouti à une réévaluation significative ou à une révocation des ordres de détention – même dans les cas impliquant des médecins et d’autres personnels médicaux », dénonce PHRI qui appelle à la libération immédiate du Dr Abou Safiya et de tous les autres médecins qui continuent d’être détenus sans accusation ni procès.

Lire aussi : Les réseaux pro-israéliens tentent de salir la réputation du docteur Abou Safiya

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