Bilan hebdomadaire de la situation en Cisjordanie occupée du 30 juin au 7 juillet 2026
Par l’Agence Média Palestine, le 7 juillet 2026
La semaine du 30 juin au 7 juillet 2026 confirme une nouvelle étape dans l’accélération de l’annexion de fait de la Cisjordanie occupée. Construction d’une base militaire israélienne au cœur d’une zone théoriquement administrée par l’Autorité palestinienne, multiplication des attaques de colons contre les communautés palestiniennes, assassinats de mineurs, fermeture d’organisations civiles et poursuite de la colonisation : les événements de ces derniers jours illustrent la volonté israélienne de s’approprier durablement le territoire palestinien occupé.

Israël assassine Walid, 16 ans, près de Ramallah
Nous le notions déjà la semaine dernière : les enfants palestiniens sont une cible de l’appareil colonial israélien. Cette semaine a été marquée par la mort de Walid Nidal Walid Abu Sneineh, 16 ans, tué par les forces d’occupation israéliennes dans le camp de réfugiés de Qalandia, près de Ramallah. Deux adolescents de quatorze ans ont également été blessés par balles lors de la même intervention.
Quelques jours auparavant, un autre adolescent palestinien de quinze ans avait été tué à Al-Bireh.Depuis octobre 2023, plus d’un millier de Palestinien•nes ont été tué•es en Cisjordanie occupée, parmi lesquel•les de nombreux enfants et adolescents. Les organisations palestiniennes et internationales dénoncent l’usage répété de la force létale lors des opérations militaires israéliennes.
La diffusion, le 6 juillet, d’une vidéo montrant un policier israélien lançant une grenade assourdissante à l’intérieur d’une voiture transportant des Palestiniens dans le camp de Qalandia, tout en empêchant ses occupants de sortir du véhicule, démontre s’il le fallait encore l’extrême violence exercée contre les Palestinien.nes.
Une base militaire israélienne en zone A : enterrement des accords d’Oslo
L’un des événements les plus marquants de la semaine est sans doute la confirmation de la construction d’une base militaire israélienne dans la ville de Jénine, en pleine zone A, officiellement placée sous le contrôle administratif et sécuritaire de l’Autorité palestinienne depuis les accords d’Oslo.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des familles palestiniennes ont été expulsées de leurs logements afin de permettre les travaux. Certaines avaient déjà été déplacées lors des précédentes offensives israéliennes contre le camp de réfugiés de Jénine et se retrouvent aujourd’hui contraintes d’abandonner une nouvelle fois leur domicile.
Cette implantation constitue une première depuis les accords d’Oslo et illustre l’effacement progressif des frontières administratives qui encadraient jusqu’ici l’occupation militaire israélienne. Alors que l’armée affirme disposer des autorisations nécessaires, plusieurs responsables palestiniens dénoncent une nouvelle étape vers l’annexion directe du nord de la Cisjordanie.
Les groupes de colons élaborent un plan de prise de contrôle de la zone A
Cette évolution intervient alors que le quotidien israélien Israel Hayom a révélé l’existence d’un projet élaboré par plusieurs organisations de colons visant à prendre le contrôle d’une centaine de sites stratégiques situés en zone A.
Le document prévoit le déploiement coordonné de groupes de colons lors d’une « journée d’exécution » destinée à établir une présence permanente autour des principales villes palestiniennes. Présenté à plusieurs ministres israéliens et à des proches du Premier ministre Benjamin Netanyahu, ce projet est considéré par les autorités palestiniennes comme une nouvelle étape dans le processus d’annexion de la Cisjordanie occupée. Pour Muayyad Shaaban, président de la Commission palestinienne contre le mur et la colonisation, cette initiative ne relève plus d’actions isolées de groupes extrémistes mais s’inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large de redéfinition du territoire.
Attaques de colons : blessés, destruction d’un restaurant et de récoltes
La violence des colons israéliens continue de s’intensifier dans de nombreuses régions de Cisjordanie. Au sud de Naplouse, des colons ont pillé puis incendié un restaurant situé près de l’université Al-Zaytouna, provoquant sa destruction complète. Selon des témoins palestinien•nes, l’attaque s’est déroulée sous la protection de soldats israéliens.
À Sinjil, au nord de Ramallah, des groupes de colons accompagnés de troupeaux ont pénétré sur des terres palestiniennes quelques jours seulement après la confiscation de plusieurs centaines de dunams destinés à l’expansion des colonies.
Les attaques se sont également multipliées dans les communautés bédouines d’Anata, dans la vallée du Jourdain, ainsi qu’à Masafer Yatta où plusieurs habitations palestiniennes ont été encerclées, privées d’électricité ou soumises à des actes d’intimidation répétés.
Le 6 juillet, une trentaine de colons armés ont attaqué le village d’Umm al-Khair, à Masafer Yatta. Six Palestiniens ont été blessés tandis que plusieurs maisons et infrastructures agricoles ont été endommagées. Dans d’autres secteurs, notamment à Al-Mughayyir et près de Jéricho, des troupeaux ont été volontairement lâchés dans les cultures palestiniennes afin de détruire les récoltes et d’accroître la pression sur les habitant•es. Ces violences s’inscrivent dans une stratégie désormais bien documentée consistant à rendre impossible le maintien des communautés palestiniennes sur leurs terres.
L’armée israélienne ferme une association caritative palestinienne
Dans la nuit du 29 au 30 juin, l’armée israélienne a fermé les locaux de l’association caritative Tadamon à Naplouse. Active depuis plusieurs années, l’organisation gérait plusieurs écoles ainsi que des programmes d’aide destinés à des milliers d’orphelins et de familles défavorisées. Les autorités israéliennes l’accusent de soutenir des activités terroristes, accusation rejetée par les responsables palestinien•nes.
Le gouverneur de Naplouse a dénoncé une attaque contre l’ensemble des populations les plus vulnérables, tandis que les responsables de l’association affirment vouloir poursuivre leurs activités malgré la fermeture administrative. Cette décision s’inscrit dans une campagne plus large visant les organisations palestiniennes de la société civile, régulièrement accusées par Israël d’entretenir des liens avec des groupes armés sans que ces accusations ne soient étayées.
Hébron : patrimoine, colonisation et souveraineté
À Hébron, les travaux engagés par Israël sur le Caveau des Patriarches dans la mosquée Ibrahimi, continuent d’alimenter les tensions. Pour les responsables palestinien•nes, ces travaux participent au transfert progressif du contrôle du sanctuaire vers les autorités israéliennes et les organisations de colons.
Le site, situé dans la zone H2 sous contrôle militaire israélien, constitue depuis plusieurs décennies l’un des symboles les plus visibles de la fragmentation imposée à la ville. Les restrictions d’accès imposées aux Palestinien•nes contrastent avec la protection permanente accordée aux quelques centaines de colons installés au cœur d’Hébron.
Une colonisation qui ne connaît plus de limites
Pris isolément, chacun de ces événements pourrait apparaître comme un épisode supplémentaire isolé. Ensemble, ils dessinent une évolution beaucoup plus profonde. La construction d’une base militaire au cœur de la zone A, les projets assumés de prise de contrôle des principales villes palestiniennes, les violences quotidiennes des colons, la fermeture des institutions civiles, les assassinats de mineurs et la poursuite de la confiscation des terres témoignent d’une accélération de l’annexion de fait de la Cisjordanie occupée.
Ces violences contribuent à modifier rapidement la géographie, les équilibres démographiques et les structures sociales palestiniennes. Dans un contexte où les condamnations internationales restent largement sans effet, la population palestinienne continue de faire face à une pression militaire, coloniale et administrative qui s’exerce désormais sur l’ensemble du territoire. Israël jouit d’une impunité totale.
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