Gaza : un enfant palestinien tué par Israël chaque jour pendant le « cessez-le-feu »

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 4 au 11 août 2026

Malgré une relative désescalade dans les attaques israéliennes cette semaine, la situation reste très difficile pour les Palestinien·nes de Gaza, pour qui les vagues de chaleur agravent encore une situation sanitaire catastrophique.

Par l’Agence Média Palestine, le 11 août 2026



Cette semaine à Gaza a été suspendue à la possibilité d’un accord en 15 points sur le désarmement du Hamas en échange du retrait des troupes israéliennes de l’enclave palestinienne. Ce plan, élaboré par des négociateurs états-uniens et accepté par le Hamas le 31 juillet, était déjà célébré par Donald Trump mais attendait toujours une validation des autorités israéliennes.

La réponse est finalement tombée dimanche 9 août, dans une déclaration sans appel du Premier ministre iraélien Benjamin Netanyahou : « Israël rejette le document en 15 points. » Le ministre a ajouté que « l’armée israélienne ne procédera à aucun retrait tant que le Hamas n’aura pas été véritablement désarmé… et continuera à contrer les menaces qui pèsent sur nos forces et nos citoyens » et affirmé en outre qu’« aucun État palestinien ne verra le jour tant que je serai Premier ministre ».

Dans un communiqué publié dimanche soir, le Hamas a déclaré qu’il restait déterminé à mettre pleinement en œuvre ce plan et exhorté les pays médiateurs et garants à « assumer leurs responsabilités » et à empêcher toute « violation ou manquement » susceptible d’entraver le processus.

Un légère désescalade dans les attaques israéliennes

Le rejet par Israël du plan de désarmement s’est néanmoins accompagné de changements perceptibles sur le terrain, selon Al Jazeera qui note que le nombre de Palestinien·nes tué·es par Israël à Gaza a baissé, passant de 47 entre le 27 juillet et le 3 août (période qui inclut les jours qui ont suivi l’annonce initiale par Trump de l’accord de désarmement) à huit au cours de la semaine suivante, jusqu’au 10 août.

Malgré cette relative désescalade des attaques, les violences se sont poursuivies dans la bande de Gaza assiégée. Les forces israéliennes ont assassiné un Palestinien à Deir el-Balah samedi. Au moins cinq autres Palestinien·nes ont été blessé·es dans le territoire, notamment lors d’une frappe d’un char israélien sur des tentes à Khan Younis et lors d’échanges de tirs à al-Mawasi et dans la ville de Gaza.

Saba Naim Abdullah al-Hashash, une enfant de 13 ans blessée au lors de cette dernière attaque, est morte des suites de ses blessures lundi 10 août, alors que les bombardements d’artillerie et les attaques se poursuivaient dans plusieurs zones de l’enclave.

Depuis le « cessez-le-feu » d’octobre, au moins 1 258 Palestiniens ont été tués et 4 139 blessés, tandis que 807 corps avaient été retrouvés sous les décombres au 10 août. Depuis octobre 2023, date à laquelle Israël a lancé sa guerre génocidaire contre Gaza, 73 386 Palestiniens ont été tués et 174 250 blessés, selon le ministère de la Santé de Gaza.

Des conditions de vie infernales

Le siège illégal par Israël de la bande de Gaza continue d’imposer aux Palestinien·nes des conditions de vie très difficiles, alors que 81% des bâtiments ont été détruits par les bombardements israéliens. 

Les vagues de chaleur successives qui ont frappé le monde entier sont ressenties particulièrement douloureusement pour les près d’1,9 millions d’habitant·es (sur 2,1 millions) forcé·es de vivre dans des camps de fortune, sans possibilité de se rafraîchir et avec un accès très limité à l’eau.

« C’est exactement comme vivre dans une serre », explique Rajaa Jendiya, une habitante de Gaza, veuve et mère de trois enfants. « La façon dont la tente retient les rayons du soleil et concentre la chaleur crée les mêmes conditions qu’une serre », ajoute-t-elle, répondant aux questions de Middle East Eye. « La température et l’humidité deviennent si intenses que j’ai littéralement l’impression d’étouffer et que je suis obligé de sortir. »

Jendiya ajoute qu’elle doit régulièrement emmener ses enfants à l’hôpital en raison de maladies liées aux conditions d’hygiène déplorables qui règnent dans le camp. En plus des pénuries d’eau et de nécessaire d’hygiène, les infrastructure de traitements des déchets et des eaux usées sont presque entièrement détruites, favorisant la propagation de nuisibles et d’épidémies.

Les maladies de la peau sont de plus en plus répandues parmi les Palestiniens déplacés dans toute la bande de Gaza, où les professionnels de santé ont signalé des cas de gale, d’infections fongiques, d’éruptions cutanées, de poux et d’autres affections cutanées, en particulier chez les enfants.

Un enfant palestinien tué par Israël chaque jour pendant le “cessez-le-feu”

Dans un communiqué paru jeudi, Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) dénonce le meurtre par Israël d’au moins 300 enfants depuis l’entrée en vigueur, 300 jours plus tôt, du prétendu “cessez-le-feu”.

« Un cessez-le-feu qui entraîne la mort d’un enfant en moyenne chaque jour est un échec », a déclaré Édouard Beigbeder, directeur régional de l’UNICEF pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord. « Les enfants de Gaza attendent toujours la fin des violences qui leur avait été promise. »

Le rapport rappelle que les familles de Gaza sont désormais confinées sur environ un tiers du territoire de l’enclave, et que les enfants continuent de souffrir de malnutrition aiguë, de maladies, d’un approvisionnement en eau insalubre et d’installations sanitaires endommagées, tandis que la pénurie d’incubateurs oblige certains nouveau-nés prématurés à partager les mêmes appareils.

Au-delà des dangers physiques, les travailleurs humanitaires décrivent une génération privée de son enfance.Pour un troisième été, de nombreux·ses enfants passent leurs journées à aller chercher de l’eau, à faire la queue pour obtenir de la nourriture et à ramasser du bois de chauffage au lieu de jouer, tandis que les colonies de vacances, le matériel artistique et même le papier et les stylos restent rares dans les camps de déplacés, selon l’UNICEF et les organisations humanitaires.

L’UNICEF estime en outre que plus de 58 000 enfants ont perdu un ou leurs deux parents, tandis que plus d’un million d’enfants ont besoin de protection et d’un accompagnement psychosocial. 

L’agence avait précédemment estimé à environ 17 000 le nombre d’enfants non accompagnés ou séparés de leur famille, ce qui constitue l’une des plus graves crises en matière de protection de l’enfance au monde. De nombreuses familles sont confrontées à des déplacements répétés, à la perte de leurs revenus et à un accès limité aux soins de santé, à l’éducation et à la protection.

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