Par l’Agence Média Palestine, le 8 septembre 2026

« À Gaza, le cinéma n’est pas seulement une forme d’art ; c’est un moyen de préserver la mémoire, de revendiquer notre droit à façonner notre propre image et de donner à une nouvelle génération les outils nécessaires pour raconter sa propre histoire », affirme Ezzaldeen Shalh.
Aux côtés de sa collègue Mai Masri, le cinéaste annonce la création de l’Académie du cinéma de Gaza, qui vise à créer un espace durable consacré à l’enseignement, à la formation et à la production cinématographiques dans la bande de Gaza.
« Soutenir une nouvelle génération de cinéastes à Gaza, c’est leur offrir un espace pour exprimer leur réalité, leur mémoire et leurs rêves. Nous croyons que la créativité et le cinéma peuvent autonomiser, préserver la mémoire humaine et jeter des ponts qui transcendent les frontières », ajoute Mai Masri.
Le lancement officiel de l’académie constitue la nouvelle étape d’un processus qui a débuté en 2024 avec la mise en place du « Gaza Filmmaking Diploma », une formation théorique et pratique de neuf mois en réalisation cinématographique qui a accueilli sa première promotion de 25 jeunes Palestiniennes en mars 2026.
Ce diplôme est destiné à être accrédité par l’Université ouverte d’Al-Quds, créant ainsi un parcours universitaire à long terme pour la formation cinématographique à Gaza. Outre l’éducation et la formation, l’initiative vise à développer et à produire de nouveaux films palestiniens, ainsi qu’à renforcer les liens professionnels entre les cinéastes de Gaza et l’industrie cinématographique au sens large.
Dans un court-métrage accompagnant le lancement, on peut voir Ezzaldeen Shalh en conversation dans une salle de classe avec de jeunes Gazaouies, qui décrivent leurs aspirations à porter leurs récits sur le grand écran.
Les fondateur-ices du projet ont lancé un appel ouvert à destination des festivals de cinéma, des institutions culturelles, des universités, des fonds de soutien au cinéma et des sociétés de production afin de créer un réseau international de partenaires capables de soutenir les talents émergents, d’élargir les possibilités d’apprentissage et de production, et d’aider les films réalisés par des cinéastes palestiniens à être présentés dans des festivals, sur des plateformes et auprès du public du monde entier.
L’initiative est soutenue par des figures de proue du cinéma et de la télévision palestiniens, dont Annemarie Jacir, Hiam Abbass et Saleh Bakri, aux côtés de l’humoriste et cinéaste égyptien Ramy Youssef, de la réalisatrice tunisienne de The Voice of Hind Rajab, Kaouther Ben Hania, présente cette année à Venise en tant que membre du jury.

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