Présentés comme la preuve du libéralisme israélien et vilipendés par la droite, les médecins palestiniens sont en réalité discrètement écartés de la profession.
Par Baker Zoubi, le 31 août 2026

Ces dernières semaines, des membres du personnel arabes de l’unité de soins intensifs de l’hôpital Rambam, situé à Haïfa, dans le nord d’Israël, se sont retrouvés au cœur d’une polémique publique. Des proches de soldats israéliens blessés au Liban et soignés dans cet hôpital ont accusé le personnel « arabophone » de négligence médicale, affirmant que celui-ci avait privé leurs proches d’eau et les avait traités avec brutalité. La chaîne de télévision la plus regardée d’Israël, Channel 12, a relayé ces allégations, ce qui a rapidement provoqué un tollé.
La direction de Rambam a enquêté sur cette plainte et l’a jugée sans fondement. Mais les faits importaient peu à la droite israélienne, qui s’est servie de cet incident pour intensifier une campagne contre la forte présence de professionnel·les de santé arabes au sein du système de santé israélien.
Osnat Mark, ancienne députée du Likoud, a asséné lors d’une interview sur la chaîne Channel 14, favorable à Nétanyahou, qu’Israël devait « judaïser » la profession médicale. « On entre dans les hôpitaux et on a l’impression d’être à Ramallah », s’est-elle exclamée.
Le député du Likoud Moshe Saada mène lui aussi campagne contre ce qu’il qualifie de « discrimination positive » en faveur des médecins arabes, affirmant que si sa fille souhaitait faire des études de médecine, on lui préfèrerait « Fatma d’Umm Al-Fahm » (une ville arabe près de Haïfa). Suite au flot de publications concernant l’hôpital Rambam, ce discours n’a fait que s’intensifier.
On a également assisté à une vive réaction contre l’incitation à la haine. Au lendemain de l’incident, des militant·es juif·ves de gauche et palestinien·nes ont distribué des fleurs au personnel de Rambam, tandis que plus de 32 000 personnes ont signé une pétition en leur soutien. Les syndicats médicaux et les organisations professionnelles ont condamné ces attaques.
Moshe Bar Siman-Tov, directeur général du ministère de la Santé, s’est rendu à l’hôpital et a assuré le personnel de son soutien total. Le « discours raciste » à l’encontre des employés arabes était « inacceptable », a-t-il soutenu, ajoutant que « travailler ensemble au sein du système de santé n’est pas une nécessité qui nous est imposée, mais une valeur et une source de résilience et de professionnalisme ».
De telles manifestations de solidarité sont importantes. Mais elles ne traitent que la partie la plus visible du problème.
Alors que les responsables politiques s’en prennent aux professionnels de santé arabes, qu’ils accusent de prendre les places des diplômé·es juif·ves dans les hôpitaux israéliens, les données révèlent une réalité bien différente : des milliers de médecins arabes ayant obtenu leur diplôme de médecine, réussi leurs examens d’autorisation d’exercer et terminé leur internat ne parviennent pas à trouver de poste dans les hôpitaux et les centres de santé israéliens. En d’autres termes, les efforts visant à réduire la présence des médecins arabes pourraient bien porter leurs fruits — sans qu’aucune politique officielle n’ait été mise en place à cet effet.
Une étude publiée en 2025 dans l’Israel Journal of Health Policy Research a révélé que la proportion d’Arabes parmi l’ensemble des médecins en Israël était passée de 8 % en 2010 à 25 % en 2023. Les Arabes représentent également 27 % des infirmier·es et des dentistes, et 49 % des pharmacien·nes. Pourtant, leur proportion parmi les étudiant·es en médecine en Israël est en baisse, tombant à seulement 9 % au cours de l’année universitaire 2022-2023 (la dernière pour laquelle des données sont disponibles). Cela signifie que l’augmentation du nombre de médecins arabes dépend en grande partie de ceux qui ont été contraints d’étudier la médecine à l’étranger.
Les données du Centre de recherche et d’information de la Knesset contredisent également les affirmations selon lesquelles les candidat·es arabes bénéficieraient de mesures de discrimination positive. Les étudiant·es arabes en médecine obtiennent en moyenne un score légèrement supérieur à celui des étudiant·es juif·ves au test psychométrique d’admission — 725 contre 723 —, mais le taux d’admission des candidat·es juif·ves en faculté de médecine est près de deux fois supérieur à celui des candidat·es arabes : 31 % contre 16 %.
La présence de médecins arabes dans les hôpitaux israéliens ne se traduit pas non plus par un accès égal au pouvoir. Selon une requête déposée par le Centre Mossawa auprès de la Haute Cour, les citoyens palestiniens représentaient 22 % des employés du ministère de la Santé en avril 2025 — la proportion la plus élevée de tous les ministères, bien qu’elle soit à peu près égale à leur proportion dans la population totale — mais n’occupaient qu’environ 3 % des postes à responsabilité.
La question ne se résume donc pas à savoir qui a le droit d’accéder au système de santé. Il s’agit également de savoir qui le dirige, qui définit ses politiques et qui prend les décisions.
Fermer la porte
Dans certains domaines, l’incitation à la haine et la rhétorique raciste ont déjà commencé à influencer les politiques.
En janvier, la Knesset a approuvé une interdiction d’employer des diplômé·es d’établissements universitaires palestiniens de Cisjordanie en tant qu’enseignant·es dans le système éducatif israélien, excluant de fait des milliers de citoyen·nes palestiniens·ne d’Israël. À peu près à la même période, Limor Son Har-Melech, députée d’Otzma Yehudit et présidente de la commission de la santé de la Knesset, a demandé que cette même politique s’applique à la formation clinique dans les hôpitaux israéliens des étudiant·es en médecine issus d’universités palestiniennes. Selon elle, ces étudiant·es prenaient les places des médecins israéliens, et elle a qualifié les établissements universitaires palestiniens de « foyers du terrorisme ».
Les diplômé·es en soins infirmiers des universités palestiniennes ont également déclaré avoir dû faire face à des examens approfondis et à des obstacles bureaucratiques pour accéder à la profession. Aujourd’hui, cette même logique s’applique de plus en plus aux médecins : plutôt que d’évaluer les diplômé·es en fonction de leur formation, de leurs résultats et de leurs compétences professionnelles, le fait d’avoir étudié dans un établissement palestinien est en soi considéré comme une preuve d’incompétence ou de déloyauté.
Après avoir effectué un stage, les médecins souhaitant se spécialiser doivent trouver un poste d’interne dans un établissement reconnu. Contrairement aux stages, que le ministère de la Santé est tenu d’offrir à ceux qui remplissent les critères, la recherche d’un poste d’interne relève de la responsabilité de chaque médecin. C’est là que commence le goulot d’étranglement.
Le professeur Bishara Bisharat, président de la Société pour la promotion de la santé au sein de la communauté arabe en Israël, un groupe de défense des droits opérant au sein de l’Association médicale israélienne, a indiqué au magazine +972 que, selon ses estimations, environ 4 000 médecins arabes ont terminé leurs études, réussi l’examen d’autorisation d’exercer et achevé leur internat, mais n’exercent pas actuellement la médecine car ils n’ont pas pu intégrer un programme de formation en résidence. Cette situation survient alors que le système de santé israélien est confronté à une pénurie d’environ 3 000 médecins.
Bisharat, spécialiste en médecine familiale et en santé publique, a déclaré que les médecins arabes se voyaient parfois expliquer que leur intégration était retardée par un manque de financement, alors même que les médecins immigrés juifs sont rapidement intégrés au système. Il craint que si les postes vacants finissent par être pourvus par des médecins arabes, les incitations à la haine à leur encontre ne fassent que s’intensifier davantage.
Selon lui, le cœur du problème réside dans l’absence d’un système transparent de recrutement des nouveaux médecins. Les postes d’internat sont souvent pourvus grâce à des relations personnelles, a expliqué Bisharat. Il a ajouté que les prestataires de soins privés (qui gèrent également des cliniques) ont, dans certains cas, subordonné l’acceptation d’un médecin en internat à l’adhésion de membres de sa famille ou de ses connaissances à leur régime d’assurance maladie.
En avril, le ministère de la Santé a lui-même reconnu ne pas disposer de données précises sur le nombre de postes d’internat disponibles. Selon le ministère, les chiffres de 2024 montrent que 9 558 médecins en Israël ne sont ni spécialistes ni internes, dont environ la moitié sont arabes. Tous ne sont pas nécessairement au chômage, mais la proportion disproportionnée d’Arabes dans cette catégorie met en évidence les obstacles auxquels ils sont confrontés pour mener une carrière professionnelle à part entière. Le ministère a affirmé qu’une maîtrise insuffisante de l’« hébreu médical » et une connaissance limitée du système de santé israélien constituaient des obstacles à l’emploi.
Le magazine +972 a demandé au ministère de la Santé des chiffres actualisés sur le nombre de citoyens palestiniens d’Israël titulaires d’un diplôme de médecine mais n’exerçant pas la profession, mais aucune réponse n’a été reçue.
Retrait de licence
En raison du nombre limité de places dans les facultés de médecine des universités israéliennes, les futurs médecins israéliens ont longtemps suivi leurs études dans des établissements à l’étranger. Ce parcours a été particulièrement courant chez les étudiant·es arabes, qui se heurtent à des obstacles supplémentaires à l’admission, notamment des exigences strictes en matière de langue et d’entretien. Par le passé, les critères d’âge minimum ont également touché de manière disproportionnée les candidat·es arabes, qui ne font généralement pas leur service militaire ni leur service national et ont donc tendance à commencer leurs études plus jeunes. Bien que ces restrictions aient finalement été levées, étudier la médecine à l’étranger était déjà devenu une voie bien établie pour les étudiant·es arabes.
En 2019, le ministère de la Santé a introduit de nouvelles réglementations dans le cadre de ce que l’on appelle la « réforme Yatziv », réduisant le nombre de facultés de médecine étrangères dont les diplômé·es sont autorisé·es à passer l’examen d’État israélien de médecine.
Cette réforme visait à empêcher les diplômé·es de formations insuffisamment réglementées d’intégrer le système de santé israélien ; la plupart des établissements qui restent éligibles sont situés dans des pays membres de l’OCDE, aux côtés de plusieurs établissements agréés en Europe de l’Est et en Jordanie. Certaines universités de Cisjordanie restent également éligibles — pour l’instant.
Toute personne ayant commencé ses études en 2019 ou après dans un établissement ne répondant pas aux exigences de la réforme se voit interdire de passer l’examen d’autorisation d’exercer. Les étudiant·es inscrit·es avant 2019 restent toutefois éligibles, et leurs diplômes peuvent encore être reconnus s’ils satisfont aux conditions d’autorisation d’exercer.
La réforme touche de manière disproportionnée les médecins arabes, car ceux-ci sont bien plus susceptibles que les Israéliens juifs d’étudier la médecine à l’étranger.
Selon une étude publiée par l’Israel Journal of Health Policy Research, environ 68 % des médecins arabes diplômés âgés de moins de 67 ans ont étudié hors d’Israël, contre 54 % des médecins juifs. L’étude a également révélé que les diplômé·es d’établissements étrangers rencontrent davantage de difficultés à trouver un emploi, à intégrer des hôpitaux prestigieux et des spécialités très convoitées, ainsi qu’à accéder à des postes de direction.
Parmi les Arabes ayant obtenu un diplôme de médecine israélien entre 2020 et 2022, environ 60 % ont étudié dans des établissements étrangers qui ne sont plus reconnus dans le cadre de la réforme Yatziv ; environ 30 % ont fréquenté des établissements étrangers reconnus ; et seulement environ 10 % ont étudié en Israël.
Bisharat a fait valoir que la réforme a créé une stigmatisation qui s’étend même aux médecins qui se sont inscrits avant 2019 dans des établissements retirés par la suite de la liste approuvée, bien que leurs diplômes restent légalement reconnus. Quel que soit son objectif déclaré de garantir la qualité de la formation médicale, a-t-il constaté, la législation a restreint une voie essentielle par laquelle les médecins arabes accédaient à la profession, sans que l’État ne leur propose d’alternative adéquate en Israël, ce qui contribue encore davantage à leur exclusion.
Pourtant, tous les médecins arabes qui ne parviennent pas actuellement à trouver du travail n’ont pas nécessairement étudié dans des établissements concernés par la réforme. Un médecin du centre d’Israël, qui a souhaité garder l’anonymat, a étudié dans une université qui n’a jamais été disqualifiée. Diplômé il y a quatre ans, il a réussi l’examen d’autorisation d’exercer et effectué son internat. Il a ensuite postulé auprès d’hôpitaux et de cliniques privées, mais n’a été convoqué à aucun entretien. Il estime que de nombreux postes sont en réalité réservés à des candidat·es bénéficiant de relations personnelles ou familiales.
En attendant de pouvoir exercer la médecine, il a enchaîné les petits boulots : livreur, ouvrier du bâtiment et employé dans une station-service. Depuis, il a passé deux examens d’autorisation d’exercer aux États-Unis et commence à envisager l’émigration — une option qu’il avait auparavant écartée.
Bisharat conseille désormais aux étudiant·es arabes de « bien réfléchir » avant de partir étudier la médecine à l’étranger. Et il s’attend à ce que le problème ne fasse que s’aggraver.
Selon ses estimations, le système de santé israélien a besoin « de 1 500 à 2 000 nouveaux médecins chaque année, en fonction de la croissance démographique et du départ à la retraite des médecins plus âgés ». En 2020, a-t-il poursuivi, « les universités israéliennes formaient environ 800 médecins par an ; aujourd’hui, l’État s’efforce de porter ce chiffre à environ 1 700. Mais une fois que les diplômé·es des universités israéliennes auront comblé la majeure partie des besoins annuels du système de santé, les opportunités pour les médecins formés à l’étranger — la voie sur laquelle les citoyens arabes ont largement compté — pourraient se réduire encore davantage. »
Une offre alternative en plein essor
Alors que l’accès au système de santé public israélien se restreint, un marché alternatif absorbe un nombre croissant de jeunes médecins arabes en Israël : la médecine esthétique.
Il n’existe pas de chiffres officiels sur l’ampleur du phénomène. Toutefois, d’après les entretiens menés par +972 auprès de jeunes médecins arabes, il semblerait qu’un nombre croissant de médecins contractent des emprunts ou bénéficient de l’aide de leur famille pour suivre des formations spécialisées et ouvrir des cabinets proposant des injections de Botox et d’acide hyaluronique.
Pour les médecins qui ont suivi une formation de plusieurs années mais qui ne parviennent pas à trouver un poste dans un hôpital ou une clinique publique israélienne, la médecine esthétique offre un moyen immédiat de gagner sa vie.
Le Dr Maya Najib Haj, originaire de la ville d’I’billin, dans le nord du pays, fait partie de ces médecins. Elle a obtenu son diplôme de médecine en Moldavie en 2023, a réussi l’examen d’autorisation d’exercer en Israël et a terminé son internat à l’hôpital Beilinson, dans le centre du pays, fin 2025. Elle espère se spécialiser en pédiatrie, mais où qu’elle postule, elle dit recevoir toujours la même réponse : il n’y a pas de poste disponible
« Jusqu’à présent, je n’ai pas trouvé d’emploi, ni en tant que médecin généraliste ni en tant qu’interne », a-t-elle déploré à +972. « Si mon père était médecin, ce serait plus facile pour moi. »
À l’approche de son mariage, et ayant besoin d’un revenu, Maya Haj a commencé à suivre des formations sur les injections de Botox et de produits de comblement. Selon elle, environ la moitié des participants à l’une de ces formations étaient de jeunes médecins arabes confrontés à la même situation.
Si elle ne parvient toujours pas à intégrer un programme d’internat, Haj affirme qu’elle envisagera sérieusement de s’installer en Europe pour débuter la carrière médicale à laquelle elle s’est préparée pendant des années.
Les médecins ne sont pas les seuls à en payer le prix ; leurs communautés en font également les frais. Citant un rapport de l’organisation Physicians for Human Rights–Israel, Bisharat a souligné que 81 % des médecins exerçant dans des cliniques des communautés arabes n’ont pas suivi de formation d’internat en médecine générale.
Selon lui, « La médecine de famille est la porte d’entrée vers le diagnostic initial. Pourquoi l’État n’ouvre-t-il pas une voie qui permettrait à ces médecins de se spécialiser — non seulement pour leur bien, mais aussi pour celui de la société ? C’est une forme de mépris. »
Les inquiétudes des privilégiés
Nihaya Daoud, présidente de la commission de la santé au sein du Haut Comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, établit un lien entre l’attaque contre le personnel médical de Rambam et la question plus large du pouvoir et de l’appartenance dans la société israélienne. La majorité juive, a-t-elle estimé, est habituée à être considérée comme le groupe qui détient l’espace et l’autorité, tandis que les Arabes sont censés rester en marge. « Mais ces marges ne sont plus des marges », a-t-elle ajouté.
Au fil des décennies, les médecins, infirmiers, pharmaciens et autres professionnels de santé arabes sont devenus indispensables au système de santé israélien. Malgré une discrimination systémique, nombre d’entre eux se sont orientés vers des domaines spécialisés, le monde universitaire, la gestion et les postes à responsabilité, et jouent un rôle central dans les soins, la recherche, l’enseignement et la formation de la prochaine génération de professionnels de santé.
Selon Daoud, cette évolution menace la hiérarchie existante. « Lorsqu’un médecin arabe devient cadre et qu’un chercheur arabe s’impose comme une autorité scientifique, les anciennes frontières commencent à s’estomper », explique-t-elle. « Pour quelqu’un qui s’est habitué aux privilèges, l’égalité peut être perçue comme une perte de statut. »
En période de tensions accrues comme celle que nous traversons actuellement, poursuit Daoud, l’inquiétude suscitée par cette évolution de la hiérarchie se traduit par du racisme, de l’exclusion et des attaques visant le professionnalisme et le sentiment d’appartenance des professionnels de santé arabes.
Elle voit un lien entre le discours politique sur la soi-disant « sécurité sanitaire » d’Israël, les efforts visant à disqualifier les diplômé·es des universités palestiniennes et la réduction des possibilités d’emploi et de résidence. Ces mesures, a-t-elle assuré, visent à réduire le nombre d’Arabes dans le système de santé et à affaiblir les liens entre les citoyen·nes palestinien·nes d’Israël et les Palestinien·nes de Cisjordanie.
Pour Daoud, condamner ce qui s’est passé à Rambam ou invoquer la « coexistence » ne suffit pas. Un changement significatif, a-t-elle affirmé, passe par un accès égal aux postes de direction et de prise de décision, des protections renforcées contre la discrimination et la mise en cause des responsables de comportements racistes. « La lutte contre le racisme ne commence pas par l’amélioration de l’apparence extérieure du système, mais par sa transformation de l’intérieur », a-t-elle insisté.
À la mi-août, un groupe d’organisations de premier plan œuvrant pour les droits civiques et une société inclusive s’est adressé au ministère de la Santé, à la direction de l’hôpital Rambam et aux associations médicales pour exiger un soutien public en faveur des employés palestiniens ainsi qu’un plan concret de lutte contre le racisme. Leur appel s’appuyait sur des études montrant que, depuis octobre 2023, le personnel médical arabe subissait une baisse de son sentiment de sécurité et d’appartenance, parallèlement à une hostilité croissante et à un épuisement professionnel.
Les fleurs distribuées à Rambam portaient un message important de solidarité. Mais le véritable test commence une fois qu’elles se seront fanées : le ministère de la Santé défendra-t-il les médecins et le personnel médical arabes contre les incitations au racisme ? Ouvrira-t-il les portes du système aux milliers de médecins qualifiés qui en sont encore exclus ?
Les médecins arabes ont déjà démontré qu’ils étaient capables non seulement de s’intégrer au système de santé israélien, mais aussi d’y exceller. Ces dernières années, de nombreux médecins arabes ont figuré sur les listes établies par Forbes Israël des meilleurs médecins du pays, sur la base des recommandations de leurs pairs. La question est de savoir si le système est prêt à les traiter comme des partenaires à part entière et sur un pied d’égalité.
Une version de cet article a d’abord été publiée en hébreu sur Local Call.
Source : +972
Traduction : JC pour l’Agence Média Palestine



