84 % de la population de Gaza vit dans des sites d’accueil surpeuplés ou dans des abris endommagés

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 23 au 29 septembre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 29 septembre 2026



La semaine passée, le service officiel de cartographie publique d’Israël a brièvement, et accidentellement, publié des images satellites haute résolution révélant des installations militaires et des destructions massives dans le nord de Gaza, un rare dérapage dans le contrôle strict exercé par l’État sur les images en temps de guerre.

Divulguées par un compte anonyme dédié à la circulation en Opensource du renseignement, ces images datent de 2025 et ne reflètent pas nécessairement l’état actuel des bases militaires, mais elles montrent des destructions massives et au moins 11 sites de l’armée israélienne situés à l’intérieur de la zone tampon militaire.

D’autres images satellites récentes de Gaza ont été publiées, cette fois par Google, qui a mis à jour ses cartes satellites de la région, révélant l’ampleur des destructions dans la bande de Gaza assiégée, près de trois ans après le début de la guerre génocidaire menée par Israël.

Mises en comparaison avec des images prises avant le 7 octobre 2023, on peut constater l’effacement total de quartiers entiers, réduits à l’état de ruines et dont les contours sont à peine distincts des routes principales. À l’inverse, certaines zones auparavant agricoles et peu peuplées, comme la bande côtière d’Al-Mawasi, sont désormais recouvertes de tentes et bondée de familles qui n’ont nulle part ailleurs où aller.

84 % de la population de Gaza mal-logée

Une récente évaluation du Centre des Nations unies pour les satellites (UNOSAT) a révélé que le nombre de structures détruites à Gaza a augmenté de 9 % depuis l’entrée en vigueur du soi-disant « cessez-le-feu » il y a près d’un an. Au total, environ 82 % des structures de Gaza, soit quelque 200 000 bâtiments, ont été endommagées, et environ les deux tiers d’entre elles ont été détruites, selon l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNRWA.

Alors que l’effondrement d’un bâtiment la semaine passée a fait 21 mort-es dans la ville de Gaza, la Défense civile de Gaza et le Croissant rouge palestinien ont exhorté les Gazaoui-es qui vivent dans les structures abimées par les bombardements israéliens d’en partir, mais les habitant-es répondent ne pas avoir d’autre solution.

« Nous n’avons pas le choix », explique au micro d’AL Jazeera une habitante de Gaza, Masada Abu Jarad. « Je veux partir, mais qui peut me proposer une alternative ? » Plus de 60 % du territoire est sous contrôle de l’armée israélienne, et les Palestinien-nes n’ont pas le droit d’y retourner. 

Dans l’espace restant, les camps sont surpeuplés et les rares bâtiments aussi. En outre, avec un chômage qui a atteint les 90%, rares sont les familles qui peuvent assurer de payer un loyer, tandis qu’une récente étude de l’organisme des Nations unies chargé du commerce alerte sur une « la pire crise économique jamais enregistrée » à Gaza.

L’UNICEF estime que près de 84 % de la population de Gaza, soit plus de 1,76 million de personnes, vit dans des sites d’accueil surpeuplés ou dans des abris endommagés et inadaptés, offrant peu de protection contre le froid, les fortes pluies et les inondations. Les restrictions israéliennes concernant l’entrée de tentes, de bâches et d’autres matériaux essentiels à la construction d’abris continuent d’aggraver la situation, laissant Gaza dans une impasse, tout en poursuivant ses bombardements meurtriers et presque quotidiens.

Jour après jour

Mercredi 23 septembre, les frappes israéliennes ont assassiné au moins 7 personnes, et blessé 35 autres. Une première attaque de drone israélien contre un véhicule dans la région d’al-Mawasi, près de la ville de Khan Younis, au sud de l’enclave côtière, a fait deux morts. Les secouristes ont identifié les victimes comme étant Oussama Abu Khater et Mohammad Abu Elwan. Une autre frappe aérienne contre un autre véhicule à Deir el-Balah, dans le centre de Gaza, a tué au moins deux Palestinien-nes, et une autre frappe encore à Gaza a fait au moins un mort supplémentaire. Un homme et une femme ont également succombé à leurs blessures causées par des tirs israéliens au cours des jours précédents. À Khan Younis, un nourrisson et une femme âgée ont tous deux été blessés par des tirs israéliens lors d’incidents distincts.

L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte les meurtres par Israël d’au moins 5 Palestinien-nes le lendemain, jeudi 24 septembre, et de nombreux-ses blessé-es encore. Deux personnes ont été tuées par des tirs israéliens dans le centre de la bande de Gaza, et une autre dans le bombardement israélien d’un véhicule civil dans la zone d’Al-Baydar, au sud-ouest de la ville de Gaza. Dans une attaque distincte, des soldat-es israélien-nes ont ouvert le feu sur des tentes abritant des personnes déplacées dans la zone d’al-Mawasi, causant la mort d’une fillette et blessant d’autres personnes, dont certaines gravement.

Vendredi 25 septembre, un Palestinien a été tué et d’autres personnes ont été blessées ce soir lors d’une frappe israélienne par drone près du cimetière d’al-Sawarha, dans la ville d’al-Zawaida, au centre de la bande de Gaza. L’armée israélienne a assassiné une autre personne lors d’une frappe sur un véhicule civil près de l’entrée du camp de déplacés de Wijdan, dans la région d’Al-Mawasi, faisant un mort et plusieurs blessés.

Samedi 26 septembre, un-e Palestinien-ne a été assassiné-e et plusieurs autres blessé-es par une frappe israélienne dans le camp de réfugié-es de Nuseirat, et trois autres personnes ont été blessées lors qu’un drone a tiré sur une tente abritant des réfugié-es dans le centre de l’enclave palestinienne.

Trois personnes ont été assassiné-es par l’armée israélienne le lendemain, dimanche 27 septembre. Un homme palestinien a été tué par un drone israélien qui a tiré sur un véhicule civil dans une zone industrielle au sud-ouest de la ville de Gaza. Le complexe médical Nasser a indiqué qu’un Palestinien avait succombé à ses blessures, causées par des tirs des forces israéliennes dans une zone hors de leur contrôle située au centre de Khan Yunis, au sud de la bande de Gaza. Par ailleurs, une source au sein des services d’ambulance et d’urgence a déclaré qu’un autre Palestinien avait été tué après avoir été touché par des tirs des forces israéliennes dans la région d’al-Tawam, au nord de la ville de Gaza.

Hier, lundi 28 septembre, une frappe israélienne a touché le toit d’un immeuble résidentiel qui abritait des réfugié-es au nord de la ville de Gaza, tuant une femme et blessant plusieurs personnes. Selon le décompte du ministère de la santé de Gaza, ce meurtre portait à 74 022 Palestinien-nes assassiné-es par Israël depuis le 7 octobre 2023.

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