Israël poursuit ses attaques quotidiennes et repousse la Ligne jaune

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 14 au 20 octobre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 20 octobre 2026



Alors que la journée mondiale de l’alimentation se tenait vendredi 16 octobre, le ministère de la Santé de Gaza estimait dans un communiqué qu’au moins 466 Palestinien-nes sont mort-es de malnutrition et de famine depuis 2024 dans l’enclave palestinienne assiégée par Israël.

Cette malnutrition est directement due aux trois années écoulées de bombardements israéliens qui ont détruit les terres et infrastructures d’autosuffisance alimentaire, rendant la population dépendante d’importations elles-mêmes entièrement contrôlées et largement entravées par Israël.

La détérioration de cette situation risque d’être encore accélérée par la décision mercredi dernier par Israël de suspendre les livraisons commerciales, et l’annonce hier du Programme Alimentaire Mondial d’une coupe drastique dans l’aide alimentaire qu’il fournit dans l’enclave palestinienne. Consultez l’article de l’Agence Média Palestine consacré à ce sujet :

Funérailles de 75 Palestinien-nes

Dimanche 18 octobre se sont tenues à Gaza les funérailles de 75 Palestinien-nes, pour la majorité assassiné-es par Israël au cours des premiers mois du génocide, dont les corps ont enfin pu être extirpés des décombres. Des centaines de personnes étaient réunies pour rendre un dernier hommage aux disparu-es. Les dépouilles, composées de fragments de corps et d’effets personnels, ont été enveloppées dans des drapeaux palestiniens avant l’inhumation.

« Les décombres formaient une barrière entre nous et la possibilité de faire nos adieux aux morts comme il se doit, d’une manière digne et qui leur soit digne », explique Kamal Hijazi, proche de plusieurs des personnes enterrées, interrogé par The New Arab. Pour lui, ces funérailles sont un soulagement. « L’occupation israélienne ne reconnaît pas la dignité des Palestiniens, qu’ils soient morts ou vivants ; mais nous ne laisserons pas les décombres devenir la tombe de nos martyrs »

Une majeure partie des défunt-es a été assassiné-es dans le quartier de Daraj, au nord de l’enclave, bombardé au cours des premiers mois de la guerre alors que de nombreuses familles s’y trouvaient encore. Les victimes appartenaient à une vingtaine de familles palestiniennes, dont certaines s’étaient réfugiées là après avoir suivi des ordres d’évacuation. 

La défense civile, qui a mené les travaux de recherche de ces corps, a rappelé dans un communiqué que ses efforts se heurtent toujours à de graves difficultés en raison d’un manque d’équipement et de matériel lourd.

« Les équipes de la défense civile travaillent dans des conditions extrêmement difficiles », a déclaré Mahmoud Basal, porte-parole de la défense civile. « Des enfants, des femmes et des personnes âgées meurent, et personne n’est en mesure de récupérer leurs corps sous les décombres, tandis que le monde, les organisations de défense des droits de l’homme, ainsi que les pays arabes et occidentaux restent les bras croisés sans lever le petit doigt. »

La Ligne jaune déplace toujours plus de personnes

Dimanche soir, des incendies se sont déclarés dans plusieurs tentes abritant des Palestiniens déplacés près de la « Ligne jaune », dans la rue Salah al-Din, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, après que des drones quadricoptères israéliens ont largué des bombes incendiaires sur la zone.

L’agence de presse palestinienne Wafa rapporte que l’attaque, si elle n’a heureusement pas fait de blessé-es, a causé de graves dégâts matériels et semé la panique parmi les habitant-es. Des témoins rapportent que la menace de nouvelles attaques a contraint de nombreuses familles vivant près de la Ligne jaune à fuir dans la nuit, emportant avec elles les quelques effets personnels qu’elles avaient pu sauver.

Al Jazeera rapporte par ailleurs que les forces israéliennes ont poursuivi samedi leur avancée de la « ligne jaune » plus profondément dans le quartier de Shujayea, en installant des blocs de béton dans la rue al-Qa’qa. L’armée israélienne occupe désormais approximativement 65 % de l’enclave palestinienne, en dépit de l’accord de « paix » dans lequel elle s’engageait à retirer totalement ses troupes.

Les attaques israéliennes à proximité de la Ligne jaune repoussent continuellement les Palestinien-nes, confiné-es dans une zone toujours plus restreinte et démunie. Wafa s’inquiète que ces attaques ne préfigurent une nouvelle vague de déplacements vers al-Mawasi, qui ne ferait qu’aggraver la précarité des conditions de vie des Palestinien-nes déplacé-es.

Jour après jour

Au moins 4 personnes ont été assassinées depuis ce matin dans l’enclave palestinienne, et l’armée israélienne poursuit cette semaine encore ses attaques quotidiennes sur l’ensemble de la bande de Gaza. 

Une frappe aérienne israélienne a tué Akram Yassin et son épouse Dina Abu Baker dans un appartement de la ville de Gaza, ont indiqué ce matin des secouristes. À Khan Younis, dans le sud de Gaza, un adolescent de 17 ans a été tué par des tirs israéliens près du quartier de Qizan an-Najjar. Une autre personne a été tuée par des tirs israéliens dans la banlieue de Zeitoun, à l’est de la ville de Gaza. L’armée israélienne a également mené des frappes d’artillerie dans d’autres zones au sud de Khan Younis, rapporte l’agence de presse palestinienne Wafa.

Parmi les Palestinien-nes assassiné-es entre le 14 et le 19 octobre, Al Jazeera identifie les personnes suivantes :

  • Trois enfants, dont Muhammad Riyad Abu Hammad, 14 ans, à Deir el-Balah – le ministère de l’Éducation a indiqué que des éclats d’obus avaient transpercé son cartable alors qu’il rentrait de l’école samedi – ainsi que Misk Hazem al-Dalu et Tamer Shadi Subh, tués respectivement dimanche dans le camp de Maghazi et à Beit Lahiya. L’UNICEF a indiqué que plus de 340 enfants ont été tués depuis le cessez-le-feu.
  • Des frappes de drones au cours de la semaine dernière ont tué Ahmad Raja al-Shaer et Basel Nabil Qeshta à al-Qarara ; Reem Awad lors d’une frappe contre un appartement de la ville de Gaza ; Mahmoud al-Madhoun et Ubaida Murtaja dans la ville de Gaza ; Abdullah et Imad Jaber ainsi que le cheikh Majid al-Sabbagh, directeur d’une école coranique à Tuffah, le 17 octobre ; Amer al-Horani près d’une clinique de Jabalia le même jour ; et le policier Abd al-Jawad Joudeh à Rafah.
  • Des tirs ont tué Saddam al-Za’anin à Jabalia, Hatem Abu Hasanein, touché par des tirs provenant d’un quadricoptère, Huda Abu Adwan, 49 ans, à al-Mawasi, et Wijdan Shurrab, 28 ans, dans l’est de Khan Younis, selon l’agence Wafa et des militants locaux.

Depuis le soi-disant « cessez-le-feu » d’octobre 2025, 1 522 Palestinien-nes ont été tué-es et 5 421 blessé-es lors d’attaques israéliennes, et 839 corps ont été retrouvés sous les décombres.


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