100 ONGs dénoncent l’impunité d’Israël, qui a assassiné plus de 1 400 Palestinien-nes depuis l’entrée en vigueur du « cessez-le-feu » il y a un an.
Par l’Agence Média Palestine, le 12 octobre 2026

Dans un communiqué commun, plus de 100 organisations humanitaires, de défense des droits humains et de la société civile dénoncent que « le cessez-le-feu n’existe que de nom, les forces israéliennes continuant de tuer et de blesser des Palestinien-nes quotidiennement, tandis que les restrictions imposées à l’aide, aux équipements et aux matériaux de reconstruction empêchent les familles de se remettre sur pied. »
Les organisations, parmi lesquelles figurent Amnesty International, le Conseil norvégien pour les réfugiés, Save the Children, Oxfam, ou encore Greenpeace affirment que « les meurtres et les privations dans l’enclave ne doivent pas être banalisés sous couvert d’un accord de cessez-le-feu », dénonçant l’impunité d’Israël.
« La responsabilité ne peut pas être ensevelie sous les décombres », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, dans cette déclaration commune. « L’incapacité persistante à demander des comptes à Israël et à faire pression sur ce pays pour qu’il se conforme aux ordonnances contraignantes de la Cour internationale de justice continue d’alimenter les crimes atroces commis à grande échelle contre les Palestiniens. »
Un « cessez-le-feu » mortel
Cela fait maintenant 1 an que Donald Trump a promis la « la paix éternelle au Moyen-Orient » grâce à un accord qui prévoyait un échange de prisonnier-es, le retrait total des troupes israéliennes, l’entrée massive d’aide humanitaire et une circulation possible des Palestinien-nes en provenance ou en direction de Gaza par le point de passage de Rafah, ainsi que le désarmement du Hamas et son retrait du gouvernement de Gaza.
L’échange de prisonnier-es a bien eu lieu, et l’armée israélienne s’est retirée derrière ce qu’elle avait désigné comme la « Ligne jaune », supposément provisoire, libérant moins de 50% du territoire palestinien.
Au lendemain du retour des prisonnier-es, Israël a repris ses attaques, les qualifiant d’assassinats « ciblés ». Et depuis, les attaques israéliennes ont tué ou blessé 1 Palestinien-ne à Gaza toutes les 90 minutes en moyenne, selon l’organisation humanitaire Islamic Relief. Au moins 1 454 Palestinien-nes ont été tué-es et plus de 5 000 blessé-es au cours de l’année. Parmi les victimes, au moins 320 étaient des enfants, soit près d’un-e par jour.
Israël justifie ces frappes en affirmant cibler des membres du Hamas, mais ces meurtres représentent une violation de l’accord, qui prévoit comme son nom l’indique de « cesser le feu », et donc la cessation de toute opération militaire offensive. En outre, les preuves manquent pour déterminer l’appartenance politique des défunt-es, et les frappes les ciblant ont lieu dans des zones fortement peuplées de civils.
En effet, la population de Gaza est encore confinée dans une zone restreinte de son territoire, l’armée israélienne ayant refusé de se retirer de la Ligne jaune, allant jusqu’à la désigner comme une « nouvelle frontière » qu’elle a continuellement déplacé au cours de l’année écoulée, jusqu’à occuper plus de 65 % de l’enclave actuellement, confinant les 2,1 millions de Palestinien-nes dans une zone de 128 km².
L’aide reste soumise à des restrictions. Environ 227 camions d’aide humanitaire entrent quotidiennement dans la bande de Gaza, selon l’observatoire de la faim de la Classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC), alors que 600 camions étaient censés y entrer en vertu de l’accord. Environ 1,4 million de Palestinien-nes souffriront de la faim au moins jusqu’en décembre, alerte le dernier rapport de l’IPC. Cela représente 200 000 personnes de plus que celles qui souffraient de la faim en mai, suggérant une détérioration significative de la situation.
Quels accomplissements pour le Conseil de la « paix » ?
Aucune reconstruction significative n’a eu lieu à Gaza, où les Palestinien-nes continuent de vivre dans des camps de tentes infestés de rongeurs et d’insectes, sans véritable protection contre la chaleur intense ou la pluie. Israël a classé des milliers d’articles de première nécessité, tels que des tentes et des équipements essentiels, comme des biens « à double usage », et restreint leur acheminement vers la bande de Gaza.
Bien qu’un Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), destiné à faire office d’autorité gouvernante à Gaza, ait été fondé conformément au plan du Conseil de la « paix », Israël ne lui a pas accordé l’accès à la bande de Gaza. Le NCAG rend compte directement au Conseil et est dirigé par le commissaire en chef Ali Shaath ainsi que par d’autres technocrates palestiniens. Il opère depuis Le Caire. Israël n’a pas expliqué pourquoi le comité n’était pas autorisé à entrer à Gaza.
Entre-temps, aucune force de stabilisation n’a été déployée. Six pays, l’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, l’Albanie, le Kosovo et l’Ouganda, se sont jusqu’à présent engagés à fournir du personnel pour former une force de sécurité de 20 000 soldats et 12 000 policiers placée sous le commandement du Commandement central de l’armée américaine (CENTCOM).
En raison des violations quotidiennes du « cessez-le-feu » par Israël, le Hamas refuse de procéder à son propre désarmement, annonçant néanmoins la dissolution de son gouvernement. Le Hamas a également accepté le désarmement selon les termes d’une feuille de route proposée par les négociateur-ices au cours de l’été et destinée à relancer l’application du plan de « paix ». Israël a rejeté cette feuille de route et poursuit son génocide à Gaza.
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