Israël peint un avion de chasse en rose pour mieux sensibiliser sur le cancer du sein, mais empêche les malades de cancer de Gaza de recevoir un traitement

Adam Horowitz – 28 octobre 2016 – Mondoweiss

Les forces aériennes états-uniennes et israéliennes ont eu les honneurs de la presse, ce mois d’octobre, pour avoir peint des avions de guerre en rose afin d’élever la prise de conscience durant le Mois de sensibilisation contre le cancer du sein.

Mais ce n’est pas tout le monde qui gobe cet exemple strict de lutte contre le cancer du sein.

Christina Cauterucci, dans Slate :

« Imaginez toute la sensibilisation qui montera dans les traînées blanches de ces deux chasseurs à réaction roses qui vous sont envoyés, en l’honneur du Mois de sensibilisation contre le cancer du sein, par la marine des États-Unis et l’armée de l’air israélienne.

« Tout comme le cancer du sein, ces avions de combat tuent des femmes, ce qui fait de ces instruments de guerre de parfaits supports de propagande gouvernementale pour des armes guerrières de sensibilisation. Ils fendront l’air dans le ciel bleu, descendant en flamme les tumeurs et le manque de conscience avec leurs missiles, semant une mort rose et une destruction rose, et des victimes civiles roses, et des crises de réfugiés, roses, et une destruction rose elle aussi du patrimoine culturel, partout où leurs nobles pilotes de sensibilisation du cancer les dirigeront. L’avion US va-t-il se faire Cougar ?! Des Femmes. »

Et bien sûr, il y a le contexte de la façon dont Israël traite réellement les malades du cancer lorsque ceux-ci vivent dans la bande de Gaza qu’il assiège. En voici quelques rappels :

IRIN (mars 2011), « Crise dans les soins contre les cancers à Gaza » :

« Gaza souffre d’un manque chronique d’analgésiques, d’équipement chirurgical et de médicaments essentiels, notamment en chimiothérapie, en raison des retards dans l’agrément des médicaments à destination de Gaza par l’Autorité palestinienne de Ramallah, et des restrictions imposées par le blocus israélien.

« La radiothérapie n’est aucunement disponible, selon des sources médicales. Avec, comme conséquences, que la plupart des malades du cancer à Gaza doivent être envoyés à l’étranger pour un traitement, mais un tel processus peut être coûteux, long et bureaucratique. »

The New Arab (février 2015), « Les victimes du cancer se voient exclus des soins vitaux » :

« Salem Abdul Aziz est encore un autre parent palestinien qui assiste à la mort lente de sa fille touchée par un cancer. Après avoir été dirigé par le ministère de la Santé palestinien vers Jérusalem pour y soigner sa fille, Salem n’a pu l’y emmener à cause des procédures interminables des autorités israéliennes, ce qui revient à dire qu’il n’a pas pu traverser le passage frontalier d’Erez pour aller à Jérusalem. »

NPR (décembre 2015), « À Gaza, les gosses atteints de cancer ne reçoivent ‘pratiquement aucun soin’. Une organisation espère pouvoir les aider » :

« La plupart de ces gosses sont dirigés vers l’extérieur, à condition qu’ils puissent sortir. Il n’y a aucun passage libre pour entrer ou sortir de la bande de Gaza. Il vous faut une autorisation de l’armée israélienne si vous voulez sortir de la bande de Gaza.

« Aujourd’hui, Israël délivre des autorisations de sortie pour des cas humanitaires et pour se rendre dans des hôpitaux israéliens afin d’y recevoir des soins spécialisés en cancérologie. C’est un processus extrêmement long et bureaucratique, et c’est aussi un véritable défi pour les malades et leurs familles, car maintenant, une nouvelle ordonnance vient de décréter que les enfants ne peuvent voyager avec une personne de moins de 55 ans. De sorte que c’est une grosse responsabilité pour les familles. Vous pouvez imaginer ce que cela signifie pour une grand-mère de partir ainsi. »

The Electronic Intifada (février 2016), « Les malades à Gaza se battent contre le cancer, et contre le siège israélien » :

« Umaimah Zamalat pensait que ses papiers étaient en règle.

« Cette femme de 52 ans, de Beit Lahia dans le nord de la bande de Gaza, avait déjà suivi une séance d’irradiation à l’hôpital Makassed de Jérusalem-Est, pour un cancer agressif du sein.

« Mais quand elle est arrivée au check-point d’Erez, à la frontière entre Gaza et Israël, prête pour aller à son deuxième traitement, elle n’a pas pu passer.

« Mon autorisation me permet de me rendre à Jérusalem jusqu’à ce que je termine mes quatre séances (de radiothérapie). Mais quand j’ai essayé de traverser à Erez pour ma deuxième séance, ils m’ont dit que je n’étais plus autorisée », a déclaré Zamalat à The Electronic Intifada.

« Les autorités militaires israéliennes à Erez ne lui ont donné aucune explication quand elles l’ont renvoyée. Les malades de Gaza ne sont pas autorisés à rester à Jérusalem ou dans les hôpitaux israéliens pour la durée de leur traitement, donc il leur faut rentrer entre chaque séance. Cela les expose au risque d’une annulation soudaine, inexpliquée, et apparemment inexplicable, de leur autorisation.

« Annulation qui, à son tour, entraîne des conséquences inévitables pour la santé des malades.

« « Je suis extrêmement inquiète. Les médecins m’ont dit que mon cas est très exposé aux retards » » a dit Zamalat.

Al-Jazeera (mai 2016), « Le siège en rajoute à la souffrance des cancéreux » :

« Les enfants palestiniens atteints d’un cancer souffrent du siège de la bande de Gaza, la construction de ce qui devait être le premier département public de cancérologie pédiatrique a dû être interrompue en raison des restrictions à l’importation.

« Israël et l’embargo que maintient l’Égypte, avec la lutte politique qui s’amplifie entre le Hamas et le Fatah, rendent les choses si compliquées pour les médecins et les malades que même un diagnostic des types de cancers pour les enfants ne peut être établi à Gaza. »

Al-Monitor (octobre 2016), « Israël interdit-il son entrée aux cancéreux de Gaza ? »

« L’organisation Médecins pour les droits de l’homme (PHR) affirme qu’Israël a « radicalement renforcé » sa politique relative à l’octroi des autorisations pour les Palestiniens malades ayant besoin d’un traitement, vital pour eux, dans les hôpitaux israéliens, et parmi lesquels se trouvent de nombreux cancéreux. Cela, en dépit du fait que l’Autorité palestinienne (AP) paie intégralement pour chaque patient envoyé par son ministère de la Santé en Israël pour y être soigné.

« L’avocat Mahmoud Abu Arisha, qui suit le département Territoires occupés du PHR, a déclaré à Al-Monitor que depuis six mois, le PHR a reçu 158 appels de Palestiniens gravement malades de la bande de Gaza et de Cisjordanie, dont les demandes de sortie pour être soignés en Israël ont été rejetées par le service de sécurité Shin Bet. »

Middle East Monitor (octobre 2016), « Les malades de cancer à Gaza protestent contre les restrictions israéliennes imposées à leurs traitements » :

« Alors que le monde accentue ses efforts pour étendre la prise de conscience à propos du cancer et célébrer les nouvelles façons de le traiter, les malades du cancer à Gaza protestent contre les restrictions imposées par Israël à leur traitement. Dans une déclaration publiée dimanche, un groupe de malades affirme qu’ils se sont trouvés impliqués dans une « bataille humanitaire » avec les autorités de l’occupation pour obtenir les médicaments dont ils ont besoin pour que leur traitement soit efficace. « Cette lutte dure depuis dix ans », soulignent-ils. »

Palestinien Information Center (octobre 2016), « Les femmes atteintes du cancer du sein à Gaza demandent de l’aide pour qu’il soit mis fin à leurs souffrances » :

« Les femmes atteintes du cancer du sein dans la bande de Gaza ont lancé un appel au gouvernement palestinien et aux organisations internationales pour qu’ils apportent rapidement leur aide afin que leur soient fournis les besoins médicaux et que soient facilités leurs déplacements à l’étranger pour y être soignées.

« La porte-parole de ces malades, Nawal Salloum, a déclaré dans une conférence de presse, lundi, que les hôpitaux à Gaza n’étaient pas équipés pour le traitement des maladies cancéreuses et qu’ils manquaient de l’équipement médical, notamment de celui utilisé pour la radiothérapie et la détection du cancer du sein.

« Salloum a également insisté sur la pénurie de médicaments anticancéreux à Gaza, mettant en garde contre le fait que la santé de nombreuses femmes cancéreuses à Gaza était ainsi en danger.

« Elle a aussi évoqué l’incapacité des malades du cancer à se rendre à l’étranger pour y recevoir les soins médicaux, disant qu’elles étaient confrontées à de grosses difficultés pour sortir de Gaza à cause du blocus, notamment que leur demandes de voyage étaient, soient rejetées, soit acceptées dans des délais très longs. »

Adam Horowitz est co-rédacteur en chef à Mondoweiss.net.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Mondoweiss

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