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Par Nora Barrows-Friedman, 10 mars 2020

Plus de 130 cinéastes et artistes de cinéma homosexuels du monde entier s’engagent à boycotter le TLVFest, Festival International du Film LGBT de Tel Aviv.

Les militants LGBTQ palestiniens et arabes ont appelé les artistes à ne pas participer à ce festival annuel programmé pour début juin.

« En tant que cinéastes, artistes de cinéma et sociétés de production engagés pour la libération LGBTQIA+, nous comprenons que notre libération est intimement liée à la libération de tous les peuples et communautés opprimés », déclare cet engagement.

Les critiques disent que ce festival, qui a un partenariat avec le ministère israélien de la Culture, sert la campagne de pinkwashing (peinture en rose) d’Israël.

Le pinkwashing est la stratégie de relations publiques qui utilise une prétendue mise en exergue des questions LGBTQ par Israël pour faire dévier la critique de ses violations des droits de l’Homme et s’adresser particulièrement aux publics libéraux d’Occident.

Il comporte souvent de grossières exagérations de la politique progressiste d’Israël, assorties de véritables mensonges à propos des Palestiniens.

TLVFest a un partenariat avec la Communauté Créative pour la Paix, association meneuse à peine voilée du lobby israélien d’extrême droite StandWithUs (Debout avec nous).

Des cinéastes primés, dont Charlotte Prodger, Alain Guiraudie, Minji Ma et Harjant Gill ont signé l’engagement de boycotter.

Respecter les droits

Yair Hochner, fondateur et directeur artistique du TLVFest, a dit que les cinéastes qui ont signé l’engagement « croient qu’ils aident les Palestiniens. Et pourtant, ils se trompent. »

Il a ajouté que « Faire du tort à notre festival et aux cinéastes qui y participent aiderait au contraire à réduire au silence les voix dissidentes en Israël ».

Les militants qui font campagne pour les droits des Palestiniens ont depuis longtemps exhorté le TLVFest à abandonner son partenariat avec le ministère israélien de la Culture.

En 2018, plusieurs cinéastes LGBTQ se sont retirés du TLVFest.

L’année précédente, le TLVFest a subi une vague d’annulations de la part de cinéastes qui respectaient l’appel au boycott.

Le cinéaste canadien John Greyson, qui a signé l’engagement, a fait appel à ses collègues artistes avec un court visuel :

« A l’avenir, j’espère que je serai capable de présenter mes films au TLVFest, quand il cessera de le peindre en rose et qu’il soutiendra publiquement les droits des Palestiniens selon le droit international, comme une démarche nécessaire pour aboutir à une paix juste pour les Israéliens et les Palestiniens », dit Greyson.

« D’ici là, j’espère que vous aussi allez signer cet engagement. »

Nora Barrows-Friedman est une rédactrice, rédactrice adjointe à The Electronic Intifada, et elle est l’auteure de In Our Power : US Students Organize for Justice in Palestine (Just World Books, 2014).

Traduction : J.Ch pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada