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Par The Electronic Intifada, le 1er juillet 2020

Des Palestiniens tiennent une veillée devant l’Église de la Nativité à Bethléhem, en Cisjordanie, pour manifester leur solidarité avec Iyad Hallaq, ce Palestinien ayant des traits autistiques qui a été tué par la police israélienne, et George Floyd, un Noir états-unien tué par la police, le 2 juin. Abedalrahman Hassan/APA Images
 

Durant le mois de juin, les forces d’occupation israéliennes ont tiré, pour le tuer, sur un automobiliste palestinien à un check-point dans le secteur de Jérusalem, en Cisjordanie, dans ce qui apparaît comme une exécution extrajudiciaire.

Ahmad Mustafa Erakat, 26 ans, conduisait une voiture de location et il allait chercher sa mère et ses sœurs dans un salon de beauté avant un mariage familial, lorsqu’il a été abattu par la police des frontières israélienne au check-point Container près du village d’Abu Dis, le 23 juin.

Israël a prétendu qu’Erakat avait heurté intentionnellement des soldats avec sa voiture.

Une vidéo de l’incident montre le véhicule faisant une embardée vers le check-point, jetant un soldat au sol lui causant, dit-on, des blessures légères. Le conducteur sort du véhicule et en quelques secondes, il est abattu alors qu’il courait à reculons pour s’éloigner des soldats.

Les images montrent qu’Erakat ne représentait aucune menace immédiate et que les forces israéliennes n’ont pas tenté de recourir à des moyens non-meurtriers pour le retenir avant de tirer pour le tuer.

La famille d’Erakat a déclaré qu’il avait été « tué de sang-froid ».

Des corps détenus

Israël détient le corps d’Erakat, ainsi que les restes de plus 60 autres Palestiniens tués récemment par ses forces d’occupation.

L’an dernier, la Haute Cour d’Israël a approuvé la rétention des corps des Palestiniens tués afin qu’ils exercent une influence dans les négociations politiques.

Erakat est le quatrième Palestinien tué jusqu’à présent cette année dans ce qu’Israël a prétendu être des attaques à la voiture-bélier.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont longtemps accusé Israël de pratiquer la politique du tirer pour tuer. Les enquêtes conduites par ces organisations ont fréquemment révélé que les allégations d’Israël sur ces attaques n’étaient que mensonges.

Toujours en juin, Rami Saad al-Ghalban, 43 ans, est mort des blessures subies lors d’une manifestation de la Grande Marche du Retour le long de la frontière de Gaza avec Israël, en août 2018.

Une commission d’enquête indépendante des Nations Unies a conclu que l’usage par Israël de la force meurtrière contre des manifestants justifie une enquête et des poursuites pénales et qu’elle peut constituer un crime de guerre et un crime contre l’humanité.

Deux douzaines de Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens jusqu’à présent cette année. Un Israélien, un soldat, a été tué dans le contexte de l’occupation, durant la même période.

De jeunes enfants palestiniens morts

Toujours en juin, deux jeunes enfants de Gaza sont morts après qu’il leur a été refusé l’accès à un traitement médical, alors que le siège d’Israël sur le territoire entrait dans sa treizième année.

« Le système d’autorisation d’Israël, qui fait partie intégrante du bouclage illégal de la bande de Gaza, constitue une mesure arbitraire et inutile qui conditionne illégalement les besoins urgents et vitaux de milliers de Palestiniens » ont déclaré les groupes de défense des droits de l’homme.

Les bébés sont morts après que l’Autorité palestinienne a réduit ses relations avec Israël, incluant la coordination des autorisations, en protestation contre les projets d’Israël d’officialiser son annexion des terres qu’il occupe en Cisjordanie.

Les groupes de défense des droits de l’homme ont demandé au ministère de la Défense israélien que les déplacements depuis Gaza soient autorisés « indépendamment de la coordination avec l’Autorité palestinienne ».

Une brusque montée du coronavirus

Le nombre de cas confirmés de coronavirus en Cisjordanie et dans la bande de Gaza a fait une brusque montée lors de la deuxième moitié de juin.

Le nombre total des cas de COVID-19 a quadruplé, passant de 700 le 16 juin à plus de 2 700 au 30 juin, « l’un des taux les plus élevés signalés dans le monde durant cette période », selon le groupe de surveillance des Nations Unies OCHA.

« Six personnes sont mortes, ce qui porte à 11 le nombre cumulé des victimes » dans les territoires palestiniens, ajoute l’OCHA.

Tous ces nouveaux cas ont été enregistrés en Cisjordanie, avec Hébron, sa ville la plus peuplée, comme épicentre de la récente épidémie.

L’OCHA a attribué cette résurgence « au relâchement des restrictions et au manque de respect des règles de santé publique de la part de la population durant les semaines qui ont précédé ».

L’Autorité palestinienne a annoncé une fermeture totale de cinq jours de la Cisjordanie à partir du 2 juillet pour réduire la propagation du virus.

Les cas de coronavirus ont également monté en Israël, où le ministre de la Santé a déclaré que le pays se trouvait « au début d’une deuxième vague ».

Il y a eu plus de 26 000 cas confirmés de coronavirus en Israël, plus de 300 d’entre eux étant mortels.

Le nombre global de morts dus au coronavirus a dépassé le seuil des 500 000 à la fin du mois de juin, un quart de ces victimes se sont produites aux États-Unis.

Un agriculteur palestinien récolte des pêches à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 1er juin. (Ashraf Amra APA Images)
Des salariés du ministère de la Santé de Gaza en prière lors des funérailles de Rami al-Ghalban, qui a succombé aux blessures reçues lors d’une manifestation le long de la frontière avec Israël, en 2018, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 2 juin. (Ashraf Amra APA Images)
Une enseignante palestinienne d’école maternelle joue avec un enfant dans un jardin d’enfants nouvellement ouvert après un bouclage de près de trois mois dans le cadre des mesures visant à empêcher la propagation de la COVID-19, à Gaza ville, le 2 juin. (Mahmoud Ajjour APA Images)
Les forces israéliennes démolissent des abris montés par les Palestiniens au sud du village de Yatta, près d’Hébron, en Cisjordanie, le 3 juin. La démolition de ces structures a été commandée sous le prétexte qu’elles avaient été construites sans autorisation, alors qu’il est pratiquement impossible pour les Palestiniens d’en obtenir dans les quelque 60 % de la Cisjordanie qui sont sous une totale domination militaire. (Mosab Shawer APA Images)
Des enfants palestiniens font voler des cerfs-volants pour marquer le jour de la Naksa à Gaza ville, le 4 juin. La commémoration annuelle marque l’anniversaire de l’occupation par Israël de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, en 1967. (Mohammed Zaanoun ActiveStills)
Un manifestant tient une pancarte représentant George Floyd, ce Noir états-unien tué par un policier, et Iyad Hallaq, un jeune Palestinien ayant des traits autistiques tué par la police israélienne, lors d’une manifestation contre le projet de Netanyahu d’annexer des parties de la Cisjordanie et qui se tenait place Rabin, à Tel Aviv, le 6 juin. (Keren Manor ActiveStills)
Des combattants palestiniens de la branche armée du Jihad islamique participent à des funérailles symboliques pour Ramadan Shallah, l’ancien chef du parti de la résistance, à Gaza ville, le 7 juin. Shallah est mort la veille à Beyrouth, des suites d’une longue maladie. (Ashraf Amra APA Images)
Une peinture murale sur le mur d’annexion d’Israël à Bethléhem, en Cisjordanie, représente George Floyd, ce Noir états-unien tué par un policier, le 9 juin. (Abedalrahman Hassan APA Images)
Khaled Hamdan, agriculteur palestinien, récolte des abricots dans le village de Sebastia, près de Naplouse en Cisjordanie, le 10 juin. (Shadi Jarar-ah APA Images)
L’artiste palestinien Ramadan Bashir réalise des sculptures avec du fer et du bois de récupération dans un atelier de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le juin. (Ashraf Amra APA Images)
De jeunes Palestiniennes participent à un évènement baptisé « Campagnes des jeunes femmes pour boycotter les produits israéliens », à Gaza ville, le 16 juin. (Mahmoud Ajjour APA Images)
Un rassemblement de sympathisants du Hamas contre les projets israéliens d’annexion, dans le camp de réfugiés de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 19 juin. (Ramadan El-Agha APA Images)
Des colons israéliens observent, depuis le sommet d’une colline, des Palestiniens qui se disputent avec les forces d’occupation lors d’une manifestation contre l’annexion, dans le village de Susiya, au sud d’Hébron en Cisjordanie, le 19 juin. (Mosab Shawer APA Images)
La sculptrice palestinienne Rana Ramlawi, qui sculpte le sable, achève une nouvelle œuvre à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, à Gaza ville, le 20 juin. Quelque cinq millions de Palestiniens sont des réfugiés, enregistrés auprès de l’Agence des Nations Unies, UNRWA, et les deux tiers des deux millions de Palestiniens de la bande de Gaza sont des réfugiés. (Mohammed Zaanoun ActiveStills)
Des salariés palestiniens produisent de friandises glacées dans une fabrique de Gaza ville, le 22 juin. (Ashraf Amra)
Des Palestiniens manifestent contre les projets d’Israël pour annexer des parties de la Cisjordanie occupée, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 23 juin. (Ashraf Amra APA Images)
La grand-mère d’Omar Yaghi exhibe, le 23 juin,  une photo du bébé, plusieurs jours après la mort de ce bébé de 9 mois d’un arrêt du cœur alors que sa famille attendait l’autorisation des Israéliens pour pouvoir sortir de Gaza afin de lui prodiguer le traitement médical qui lui aurait sauvé la vie. (Ashraf Amra APA Images)
Des Palestiniens affrontent les forces d’occupation israélienne lors d’une manifestation contre l’annexion, dans la vallée du Jourdain, le 24 juin. (Shadi Jarar-ah APA Images)
Des Palestiniens à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, regardent Abu Obeida, porte-parole de la branche armée du Hamas, prononcer un discours dans lequel il prévient que l’extension de la souveraineté d’Israël sur des parties de la Cisjordanie sera considérée comme une « déclaration de guerre », le 25 juin. (Ashraf Amra – non défini)
Les forces d’occupation israéliennes prêtes à intervenir pendant que des Palestiniens accomplissent la prière du Vendredi durant une manifestation contre l’annexion du village de Haris, près de Naplouse en Cisjordanie, le 26 juin. (Shadi Jarar’ah APA Images)
Un Palestinien portant un masque de protection sort de la mosquée Ibrahimi à Hébron, en Cisjordanie, le 26 juin. (Mosab Shawer APA Images)
Des Palestiniens inspectent les dégâts causés à un bâtiment par une frappe aérienne israélienne, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 27 juin. (Ashraf Amra APA Images)
À Paris, en France, des manifestants protestent contre l’occupation israélienne et les projets d’annexion de la Cisjordanie, le 27 juin. (Anne Paq ActiveStills)
Des travailleurs palestiniens font la queue pour entrer en Israël par le check-point Mitar, à Hébron, en Cisjordanie, le 28 juin. Les Palestiniens qui travaillent en Israël sont considérés comme le principal vecteur de propagation de la COVID-19 en Cisjordanie. (Mosab Shawer APA Images)

Traduction : BP pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada