Le siège israélien de Gaza : 100 jours, 5000 morts, 9500 blessés

5 000 personnes ont été tuées ou sont portées disparues, et 9 500 autres blessées, dans le nord de Gaza depuis le déclenchement du siège de cette zone par l’armée israélienne, le 6 octobre 2024.

Par l’Agence Média Palestine, le 14 janvier 2025

Il reste encore quelques personnes dans le nord de la bande de Gaza, que ce soit à Beit Hanoun, à Beit Lahiya ou encore à Jabalia. Depuis 100 jours, ces Palestinien·nes luttent pour survivre aux attaques aériennes israéliennes et au manque de nourriture, d’eau, d’aide et de médicaments.


Aucune équipe de défense civile ou de sauvetage n’est en mesure d’opérer, de sorte que si une personne est blessée ou tuée, elle ne peut même pas être transportée à l’hôpital. Depuis la fermeture de l’hôpital Kamal Adwan, il n’y a d’ailleurs plus d’hôpitaux ni d’interventions chirurgicales possibles. Si vous êtes blessé·e, il n’y a de toute façon pas de médicaments pour soigner vos blessures.


L’ONU et d’autres ONG ont tenté à maintes reprises de se rendre dans ces zones pour livrer de la nourriture, mais toutes ces demandes ont été rejetées par les autorités israéliennes. Et alors que les politiciens israéliens et les groupes de colons discutent ouvertement de la possibilité de construire des colonies dans le nord de la bande de Gaza, l’armée israélienne ne montre aucun signe d’arrêt de son siège.

100 jours, 5 000 morts, 9500 blessés

 » C’est comme si la mort vivait parmi nous, sans jamais nous quitter « , affirme Mohammed Suleiman, 29 ans, habitant de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza, pour décrire les souffrances que lui et sa famille ont endurées pendant les 100 jours d’attaques militaires israéliennes.

5 000 personnes ont été tuées —soit 50 par jour— ou sont portées disparues, et 9 500 autres blessées, dans le nord de Gaza depuis le déclenchement du siège de cette zone par l’armée israélienne, le 5 octobre 2024. Ce jour-là, l’armée israélienne a envahi le nord de la bande de Gaza, sous prétexte d’empêcher le Hamas de reconstituer ses forces dans la région, alors que les Palestiniens estiment qu’Israël cherche à occuper la région pour en faire une zone tampon entre Israël et Gaza. L’armée israélienne y mène depuis des assauts aériens et terrestres quotidiens, ciblant de nombreux bâtiment abritant des civil·es, dont des écoles, des hôpitaux.

« Ce n’est pas seulement un chiffre », répète Samar Shaheen, 35 ans, mère de cinq enfants dont l’un a été assassiné par Israël dans le nord de Gaza. « Ce sont 5 000 histoires, 5 000 familles qui ont perdu leurs proches, 5 000 mères comme moi qui vivent dans la douleur tous les jours. Chaque martyr est une vie qui s’est arrêtée et des espoirs qui ont été enterrés sous les décombres. »

Dimanche dernier marquait le 100ème jour de cette opération meurtrière, décrite par le bureau des médias du gouvernement de Gaza comme « la forme la plus horrible de nettoyage ethnique, de déplacement et de destruction », qui a affecté des centaines de milliers de personnes dans cette région déjà ravagée par un an de bombardements incessants.

Les journalistes encore présent·es sur place décrivent une « zone fantôme », mais ajoutent que certain·es Palestinien·nes refusent néanmoins de partir. « Les Palestiniens sont systématiquement pris pour cible dans tous les endroits de la bande de Gaza. Peu importe où vous vous trouvez, que ce soit dans une école, un abri, un camp de fortune ou même un hôpital », explique Hind Khoudari, journaliste pour Al-Jazeera.

Des bâtiments en ruine à Beit Hanoun dans la bande de Gaza, le 7 janvier 2025 [Kai Pfaffenbach/Reuters].

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