Vingt-huit pays signent une déclaration appelant à la fin de la guerre menée par Israël contre Gaza, mais ne prennent aucune mesure pour mettre fin au commerce bilatéral.
Par la rédaction d’Al Jazeera, le 27 juillet 2025

Alors que les massacres de Palestiniens par Israël se poursuivent sans relâche, par le biais de frappes aériennes et de la famine, les ministres des Affaires étrangères de 28 pays ont signé une déclaration appelant à la fin de la guerre menée par Israël contre Gaza.
Alors que ces pays s’expriment plusieurs mois après que les Nations unies et d’autres organisations aient mis en garde contre une famine imminente, peu de mesures ont été prises sur d’autres fronts.
Certains de ces pays ont reconnu l’État palestinien, tandis que la France a provoqué la colère des responsables israéliens la semaine dernière en annonçant qu’elle ferait de même en septembre.
Pourtant, de nombreux observateurs soulignent que, malgré ces déclarations, bon nombre de ces pays continuent de tirer profit du commerce avec Israël et n’ont imposé aucune sanction ni pris aucune autre mesure susceptible de pousser Israël à mettre fin à sa guerre génocidaire contre Gaza. La guerre a fait au moins 59 821 morts et 144 477 blessés à Gaza.
Voici tout ce que vous devez savoir sur les pays qui profitent d’Israël tout en condamnant son action militaire :
Quel est le volume des échanges commerciaux des signataires de la déclaration avec Israël ?
Selon les chiffres de 2023 de l’Observatoire de la complexité économique, la Belgique, la France, l’Irlande, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, la Pologne, l’Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni ont tous plus d’un milliard de dollars d’importations, d’exportations ou les deux avec Israël.
Quels sont les produits échangés par ces pays avec Israël ?
Parmi les principaux produits échangés figurent les voitures et autres véhicules à moteur, les circuits intégrés, les vaccins et les parfums.
Les circuits intégrés, qui représentent environ 3,58 milliards de dollars, constituent le produit le plus important exporté vers l’Irlande, représentant la grande majorité des importations irlandaises en provenance d’Israël.
Dans le même temps, l’Italie exporte vers Israël plus que tout autre pays signataire de la déclaration. Ses exportations, d’un montant de 3,49 milliards de dollars, comprenaient 116 millions de dollars de voitures en 2023.
Ces pays reconnaissent-ils la Palestine ?
Parmi les pays qui ont publié la déclaration, l’Irlande et l’Espagne ont reconnu la Palestine en 2024 et se sont fermement prononcés contre les actions d’Israël à Gaza. Cela ne les a toutefois pas empêchés de poursuivre leurs échanges commerciaux avec Israël.
Sept autres pays signataires de la déclaration reconnaissent également l’État de Palestine, notamment Chypre, Malte et la Pologne, qui ont tous reconnu la Palestine en 1988, peu après la déclaration d’indépendance palestinienne.
L’Islande (2011), la Suède (2014), la Norvège (2024) et la Slovénie (2024) reconnaissent également l’État de Palestine, tandis que la France a déclaré qu’elle le ferait en septembre lors de l’Assemblée générale des Nations unies.
Qui a signé la déclaration ?
L’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, Chypre, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, le Japon, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, la Pologne, le Portugal, la Slovénie, l’Espagne, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.
Tous ces pays continuent de commercer avec Israël.
Quelle a été la réaction d’Israël à cette déclaration ?
Prévisible.
Oren Marmorstein, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a écrit sur X qu’Israël rejetait cette déclaration, affirmant qu’elle « était déconnectée de la réalité et envoyait un mauvais message au Hamas ».
Que font les autres pays qui commercent avec Israël ?
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat » à Gaza et à la « libération inconditionnelle de tous les otages » après avoir tenu une réunion d’urgence pour discuter de la guerre et de la crise alimentaire provoquée par le siège et le blocus de l’enclave par Israël.
Tout cela a-t-il incité Israël à changer son comportement ?
L’attention s’est fortement tournée vers la famine qui touche les Palestiniens à Gaza, amenant même des partisans de longue date d’Israël, comme l’ancienne candidate à la présidence américaine Hillary Clinton, à se prononcer sur la question.
Cette pression a conduit Israël à annoncer des « pauses tactiques » à des « fins humanitaires » de 10 h à 20 h (7 h à 17 h GMT) à al-Mawasi, Deir el-Balah et dans la ville de Gaza. Elles ont débuté dimanche.
Malgré ces pauses, les forces israéliennes ont tué au moins 43 Palestiniens tôt dimanche matin.
Le ministère palestinien de la Santé à Gaza a déclaré dimanche avoir enregistré six nouveaux décès en 24 heures dus à la famine et à la malnutrition, dont deux enfants.
Cela porte à 133 le nombre total de morts de faim, dont 87 enfants.
Traduction : JB pour l’Agence Média Palestine
Source : Al Jazeera



