Par Agence Media Palestine, le 30 Juillet 2025
Le film « With Hassan in Gaza », réalisé par le cinéaste palestinien Kamal Aljafari, sera en compétition au Locarno Film Festival en Suisse. Il concourra dans la section Compétition Internationale.

Kamal Aljafari / Kamal Aljafari Productions
Synopsis : Trois cassettes MiniDV datant de 2001, témoignant de la vie à Gaza, viennent d’être redécouvertes. Ce qui avait commencé comme la recherche d’un ancien compagnon de cellule de 1989 se transforme en un périple inattendu sur les routes de Gaza avec Hasan, un guide local dont on ignore le sort. Une réflexion cinématographique sur la mémoire, le deuil et le temps qui passe, fixant l’image d’un Gaza du passé et de vies qui pourraient avoir à jamais disparu.
Ces images, oubliées pendant 24 ans, ont été réinvesties par le réalisateur, d’abord dans le but de retrouver ce camarade de prison rencontré en 1989. Elles témoignent déjà du quotidien des Palestiniens confrontés au système carcéral inhumain imposé par Israël. Aujourd’hui, ces archives deviennent une véritable source documentaire, révélant des fragments de vies passées que le cinéaste s’est retrouvé à explorer au fil de ce voyage.
Kamal Aljafari, qui mêle dans ses œuvres documentaire et cinéma expérimental, a fait de ces images un film sur la mémoire et la disparition. À travers ces moments de vie filmés, ces lieux et ces existences effacés, il construit une réflexion profonde sur la perte et le souvenir.
Né en 1972, Kamal Aljafari a grandi à Ramle et Jaffa, en « Israël de 1948 ». Il lutte contre le projet israélien d’effacement de la culture et du peuple palestiniens, cherchant à reconstituer leur mémoire pour préserver ce qui, au moins, a existé. Le cinéaste palestinien a étudié à l’Académie des arts médiatiques de Cologne, a été récompensé à plusieurs reprises, notamment au FIDMarseille, au DokuFest et à Visions du Réel, il a également bénéficié de nombreuses bourses prestigieuses, comme celles du Film Study Center du Radcliffe Institute à l’Université de Harvard ou de l’Institute for Ideas and Imagination de l’Université Columbia.
S’inspirant autant de la Nouvelle Vague que de films israéliens, il précise dans un entretien accordé à la revue Ballast, : « C’est pour moi un acte politique. Je n’ai pas à demander si j’ai le droit ou non de m’en servir. Eux n’ont jamais demandé. Je ne leur dois rien du tout. D’ailleurs, on devrait pouvoir tout utiliser et réutiliser pour s’exprimer comme on le souhaite. Ce qu’on veut montrer avec les images ne dépend que de nous. »
Il fait de ses œuvres, selon ses propres mots, « des actes de justice cinématographique contre l’occupation cinématographique israélienne ». Le cinéma de Kamal Aljafari vise à converger vers un territoire, la Palestine, en y capturant les courts moments de cet espace, d’autant plus précieux qu’ils sont voués à rester éternellement temporaires.



