Des manifestations historiques ont eu lieu en Israël, rassemblant des centaines de milliers d’individu·es, pour exiger la fin des opérations militaires israéliennes à Gaza, malgré des positions ambigües et divergentes.
JB pour l’Agence Média Palestine, le 19 août 2025

Des centaines de milliers de manifestant·es sont descendu·es dans les rues en Israël pour réclamer la fin de la guerre à Gaza et la libération des prisonniers détenus dans l’enclave assiégée, alors que l’armée intensifie ses attaques sur la ville de Gaza pour forcer des dizaines de milliers de Palestinien·nes affamé·es à fuir à nouveau.
De nombreux commerces, entreprises et transports publics ont été fermés en réponse à un appel à la grève, et des manifestations ont eu lieu dans les grandes villes dans le cadre d’une journée nationale d’action organisée par deux groupes représentant un certain nombre de familles de prisonniers et de familles endeuillées.
De nombreux artistes et personnalités ont appelé publiquement à participer à la grève et se sont jointes aux manifestations. Les principaux syndicats, notamment ceux des avocats, des médecins et du forum des entreprises, ainsi que l’Université hébraïque de Jérusalem, ont également confirmé leur participation à la grève.
Selon les organisateurs, près d’un demi-million de personnes étaient présentes à Tel-Aviv à la tombée de la nuit, ce qui en fait l’une des manifestations les plus importantes et les plus violentes depuis le début de la guerre il y a près de deux ans.
La police israélienne a procédé à des dizaines d’arrestations et a utilisé des canons à eau contre les manifestants qui s’étaient rassemblés dimanche pour une manifestation nationale. Selon les organisateurs, près d’un demi-million de personnes étaient présentes à Tel-Aviv à la tombée de la nuit, ce qui en fait l’une des manifestations les plus importantes et les plus violentes depuis le début de la guerre il y a près de deux ans.
La fin de la guerre, mais pas de la souffrance des Palestinien·nes
Si ces manifestations sont historiques, et ont rassemblé le plus grand nombre de contestataires depuis le 7 octobre 2023, les motivations de celles et ceux-ci ne sont pas toujours homogènes.
À l’appel de cette journée d’action se trouvent deux groupes organisés autour de familles d’otages israéliens, et c’est bien entendu le retour de ces dernier·es qui constitue la revendication centrale. La fin de la guerre à Gaza est un second mot d’ordre, ce qui constitue une nouveauté et témoigne peut-être d’un glissement de l’opinion publique israélienne, jusqu’ici très favorable à la guerre.
Ces derniers mois, des groupes d’activistes exprimant leur soutien au peuple palestinien se sont fait entendre, notamment autour de la mobilisation « Black Flag » au sein des universités israéliennes. Ces manifestations, bien que modestes, exigeaient la fin de la souffrance infligée par Israël au peuple palestinien, la fin du génocide et de l’occupation.
Une étude a démontré cependant que dans le cas présent, si la majorité des israélien·nes sont désormais en faveur de la fin de la « guerre » à Gaza, leur motivation principale est la survie des soldat·es israélien·nes et non des 2 millions de Palestinien·nes qui tentent de survivre sous les bombes et la famine depuis bientôt deux ans. 79% des interrogé·es, en effet, ont déclaré ne pas être troublé·es par la souffrance Palestinienne.
« Ils ont transformé la guerre la plus juste en une guerre futile », a déclaré Einav Zangauker, la mère d’un otage israélien encore captif à Gaza, face à la foule rassemblée à Tel-Aviv, pour expliquer pourquoi elle souhaite un cessez-le-feu. « Si Netanyahou veut un accord, qu’il mette une proposition globale sur la table et qu’il l’accepte ; sinon, il ne fait que mentir. »
Ce qui semble principalement émerger de la colère israélienne en effet, c’est une critique du gouvernement Netanyahou, accusé de poursuivre ses opération militaires dans le seul but de conserver le pouvoir. Le gouvernement Netanyahou a d’ailleurs vivement critiqué cette mobilisation, la qualifiant de « campagne nuisible qui fait le jeu du Hamas ».
Le Premier ministre a en effet déclaré lors d’une réunion du cabinet : «Ceux qui appellent aujourd’hui à mettre fin à la guerre sans vaincre le Hamas ne font pas seulement durcir la position du Hamas et retarder la libération de nos otages, ils garantissent également que les horreurs du 7 octobre se reproduiront encore et encore. »
Ces manifestations n’en sont pas moins historiques, et l’objectif à court terme de mettre fin au génocide est loin d’être anecdotique. Il appartiendra au noyau anticolonialiste, déterminé bien que minoritaire, de réussir à pousser les masses à exiger une paix réelle.



