NIDAL : le combat juridique des Palestiniens qui dénoncent le génocide en France 

L’Agence Média Palestine s’est entretenue avec l’administrateur de l’association Nidal, qui accompagne de nombreuses procédures judiciaires, tant pour défendre les militant-es de la cause palestinienne que pour attaquer les coupables ou complices du génocide à Gaza.

Par l’Agence Média Palestine, le 15 septembre 2025



« L’association NIDAL (lutte, en arabe) a été créée par et pour la communauté palestinienne en France, pour replacer la voix palestinienne au centre de l’action juridique tournée vers la libération de la Palestine. », explique Thomas, administrateur de NIDAL et lui-même père d’enfant franco-palestinien. Le conseil d’administration de l’association est en effet composé de Palestinien-nes et d’organisations palestiennes, avec pour but de revendiquer une centralité palestinienne dans la lutte, y compris sur le plan juridique.

« Nous nous positionnons autant en défense qu’en attaque. Notre rôle sera autant de défendre les militants et les militantes qui sont la cible d’attaques, qu’elles émanent de la société civile ou de l’appareil d’État, mais aussi d’attaquer sur le plan juridique les responsables et les complices du génocide en cours à Gaza. »

L’une des premières actions de l’association NIDAL cet été a été d’entamer des procédures à l’encontre de sites récoltant des dons directement destinés à l’armée israélienne, des sites français qui délivraient en échange des documents CERFA d’exonération d’impôts.

NIDAL a identifié d’eux d’entre eux et a saisi Bercy pour fraude fiscale et le procureur de Nanterre pour complicité de crimes de guerre. Le premier, « appel-aux-dons-tshal.fr », a été fermé, constituant une première victoire pour NIDAL. « Mais le deuxième, LibiFrance, continue de lever des fonds pour l’armée israélienne, avec promesse de défiscalisation. Nous devons poursuivre le travail ! »

NIDAL propose à la société civile de se joindre et de seconder l’action de ses juristes, en signalant le site par mail auprès de Bercy et du procureur de Paris (démarche et modèle de mail disponibles ici). « Le droit est un outil dont chacun-e peut se saisir, il nous appartient », rappelle Thomas, qui s’insurge contre la justice à double-vitesse qui opère systématiquement en défaveur de la solidarité avec la Palestine.

L’association se joint également à des contentieux plus larges, comme la plainte de JURDI (Juristes pour le Respect du Droit International) auprès de la Cour de justice de l’Union européenne contre la Commission et le Conseil de l’UE, pour leur inaction face aux crimes commis par le gouvernement Netanyahou à Gaza : « il faut que des voix palestiniennes s’expriment et soient entendues dans cette affaire, car elles sont les plus légitimes, » rappelle Thomas.

« C’est pour cela que nous nous joignons aux actions en justice entamées par nos partenaires juridiques, comme Amnesty ou la FIDH. Nous voulons revendiquer une centralité palestinienne dans ces contentieux. NIDAL accompagne également les militants palestiniens contre les représentants du régime israélien, par exemple nous accompagnons et sommes très en soutien de la plainte contre X pour complicité de génocide initiée par une palestinienne en France avec des partenaires dont l’UFJP et la FIDH ; plainte qui vise déjà notamment Nikki Halley et ‘Israel for ever’. » 

Pallier la justice à double vitesse

« Nous dénonçons une justice à double vitesse, qui démontre une rapidité ahurissante à sanctionner les militant-es et leurs soutiens, et manque totalement de réactivité quand il s’agit de les protéger lorsqu’ils et elles se font agresser, ou quand il s’agit de condamner des propos qui font l’apologie du génocide et incitent à la haine raciale à l’encontre des Palestinien-nes. »

C’est pour pallier à ce manque de réactivité du procureur que NIDAL propose un soutien juridique aux militant-es de toutes les organisations dont la liberté d’association est menacée, comme c’est le cas d’Urgence Palestine mais aussi de beaucoup d’autres collectifs et individu-es, convoquées ou visée par des procédures pour leur participation au mouvement social de solidarité.

Mais c’est également de la société civile qu’émanent les attaques, de plus en plus de commerces et d’individu-es étant visé-es par des voisin-es, des syndicats de copropriété ou des dégradations anonymes en raison d’un drapeau palestinien ou d’un slogan affiché à leurs fenêtres.

« Là aussi, les procureurs ne se saisissent pas de ces affaires, qui se multiplient et dont les victimes sont isolées. Nous proposons de les accompagner dans leur plainte et de se constituer en partie civile auprès d’elles, pour renforcer leur plainte et pour les soulager dans la démarche, mais aussi pour visibiliser ces attaques et l’urgence de les faire cesser. »

« Enfin, nous préparons une série de plaintes contre des personnalités publiques racistes qui, depuis bientôt deux ans, font publiquement l’apologie du génocide à des heures de grande antenne, sans aucune crainte ni répercussion. La justice doit être saisie à chaque fois qu’elle est bafouée par ces propos qui incitent à la haine raciale et à la violence génocidaire. »

« Le droit est un instrument dont nous devons nous saisir, mais il n’est qu’un outil », conclut Thomas. « NIDAL s’inscrit dans une volonté populaire de mobilisation de masse, où l’action juridique n’est pas un aboutissement en soi mais un outil de plus, pour porter la voix des Palestiniens et des Palestiniennes, et exiger la libération de la Palestine. »

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

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