Alors que les troupes israéliennes ont pénétré la ville de Gaza et y perpétuent des massacres, la destruction des infrastructures de télécommunication réduit les habitant-es assailli-es au silence.
Par Jo Westphal pour l’Agence Média Palestine, le 19 septembre 2025

Pour la deuxième journée consécutive, jeudi, les habitant-es de Gaza ont été privé-es d’internet et de lignes fixes, alors que les troupes israéliennes lançaient leur assaut terrestre dans la ville. L’impossibilité de communiquer décuple la détresse des Palestinien-nes assailli-es, qui ne peuvent se prévenir des attaques, appeler les secours ou s’enquérir du sort de leurs proches, et encore moins documenter les éventuels crimes commis à leur encontre par les soldat-es israélien-nes.
La coupure des communications dans la ville a commencé mercredi, quand des véhicules de l’armée israélienne pénétraient les quartiers nord-ouest de la ville. Les bombardements israéliens ont détruit d’importantes infrastructures de communication, détruisant des câbles et des installations essentielles. L’observatoire des droits humains Euromed estime que cette coupure isole environ 800 000 Palestinien-nes, déclarant sur son compte X qu’elle « réduit au silence leurs voix alors que les attaques israéliennes s’intensifient ».
Si le réseau a été rétabli dans certaines parties de la ville, comme dans le quartier de l’hôpital baptiste, l’accès à Internet reste coupé dans la majeure partie de la ville de Gaza, laissant craindre que le nombre de victimes rapporté ces derniers jours pourrait être largement plus élevé, des nombreuses personnes n’ayant pas pu être secourues.
Le black-out imposé par Israël lui permet d’opérer dans un silence médiatique quasi-total. La plupart des journalistes ont recours à une carte e-SIM pour continuer à travailler, ce qui les oblige à se rendre en hauteur pour capter le signal, par exemple sur les toits des tours et des immeubles de grande hauteur.
Mais avec la dernière offensive israélienne, près de 1 700 tours et immeubles ont été détruits, avec ou sans menaces d’expulsion. Ces zones ne sont pas sûres et les journalistes craignent donc de les utiliser pour trouver du réseau, alors qu’Israël a assassiné plus de 200 de leurs collègues en moins de deux ans.
Cela explique en partie pourquoi la couverture médiatique des massacres perpétrés par Israël à Gaza depuis mardi dernier ne peut qu’être lacunaire, et largement en deçà de l’horreur qui s’y trame. Il ne faut malgré tout pas sous-estimer la censure appliquée cette fois par les médias occidentaux, qui imposent aux Palestinien-nes un second black-out en réduisant au silence leurs voix.
Le ciblage délibéré par Israël des infrastructures de télécommunications et d’Internet dans l’enclave assiégée n’est pas nouveau, avec au moins 12 cas de coupures totales signalés depuis octobre 2023. En juin dernier, Israël a lancé une attaque importante contre la dernière route principale de fibre optique reliant Gaza, laissant plus de deux millions d’habitants isolés du monde extérieur pendant plusieurs jours.



