L’examen de fin de cycle d’éducation secondaire, le Tawjihi, a été remporté par plus de 30 000 élèves de Gaza, malgré des conditions impossibles après deux ans de génocide.
Par l’Agence Média Palestine, le 17 novembre 2025

L’examen de fin de cycle d’éducation secondaire, le Tawjihi, a été remporté par plus de 30 000 élèves de Gaza, malgré des conditions impossibles après deux ans de génocide.
Par l’Agence Média Palestine, le 17 novembre 2025
« Je n’ai jamais douté un seul instant que vous étiez capables d’efforts extraordinaires. Vous n’avez pas changé mes convictions, vous les avez confirmées. Vous êtes un exemple d’excellence et de créativité, un modèle inspirant, digne de la vie. Recevez vos résultats avec joie et bonheur. Vous avez persévéré et travaillé dur, vous avez affronté des difficultés, et vous êtes maintenant les champions de ce moment. »
C’est en ces mots que le ministre palestinien de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Amjad Barhoum, a annoncé jeudi dernier les résultats exceptionnels du Tawjihi, équivalent du baccalauréat, pour les élèves de Gaza.
Les examens se sont déroulés entièrement en ligne afin de surmonter les difficultés d’infrastructure. Environ 30 000 élèves de Gaza nés en 2007 ont passé l’examen avec succès, des résultats scolaires remarquables malgré deux années de génocide israélien marquées par une pression immense, des nuits blanches, des bombardements continus et un blocus étouffant de l’aide humanitaire.
Étudier sous le génocide
Selon l’UNICEF, les bombardements israéliens ont détruit plus de 97 % des écoles de Gaza, laissant des centaines de milliers d’enfants avec un accès limité à l’enseignement en présentiel.
Le ministre Amjad Barhoum a confirmé que le secteur de l’éducation avait subi des destructions sans précédent, soulignant que plus de 18 000 élèves et 780 enseignant·es ont été tués, victimes du génocide perpétré par Israël. En estimant une moyenne de 600 élèves par école, cela équivaut à 30 écoles entières qui ont été rayées de la carte, élèves et personnel compris.
Les données du ministère montrent que 82 % des écoles publiques ont subi des dommages directs, en plus de la destruction généralisée des fournitures scolaires, des cartables, des laboratoires et des équipements techniques.
Ce même génocide a laissé des milliers d’orphelin·nes et presque détruit le système d’éducation formel de l’enclave, et les enfants de Gaza sont confrontés quotidiennement depuis deux ans à des bombardements arbitraires, à des déplacements forcés et à la famine organisée de façon délibérée par Israël.
Malgré ces conditions impossibles, les jeunes gazaoui·es ont persévéré dans leurs efforts et obtenu des résultats exceptionnels. Une bourse a été attribuée aux dix élèves ayant obtenu les meilleurs scores.
En plus de ces 30 000 diplômé·es, 26 000 élèves de Gaza de la promotion 2006 avaient pu passer leurs examens en juillet dernier (voir notre article « Un plan d’urgence pour les élèves de Gaza ». Cela ouvre à 56 000 nouveaux et nouvelles étudiant·es les portes de l’enseignement supérieur, mais le chemin reste semé d’embûches, le système universitaire étant tout aussi affecté.
Et après ?
Selon le ministère de l’Éducation, 63 bâtiments universitaires ont été complètement détruits au cours des deux dernières années. Plus de 90 % des universités, collèges et établissements d’enseignement supérieur ont également été endommagés.
Le ministère a enregistré la mort de 3 858 membres du personnel universitaire et administratif, et des centaines d’autres ont été déplacés ou sont portés disparus, ne laissant que 2 656 membres du personnel capables de continuer à enseigner à Gaza.
Par ailleurs, il s’avère toujours impossible d’acheminer des ressources pédagogiques (fournitures scolaires, sacs à dos et autres articles) dans l’enclave, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre, car elles ne sont pas considérées comme de « l’aide humanitaire vitale ».
À l’annonce des résultats du Tawjihi, le ministère de l’Éducation rappelle la nécessité de rétablir d’urgence un enseignement efficace en tant que droit humain universel garanti par le droit international, de réduire les pertes cumulées en matière d’apprentissage et de concevoir des programmes de rattrapage pour compenser les lacunes éducatives causées par deux années de guerre.
Amjad Barhoum a appelé la communauté internationale et les donateurs à fournir des fonds d’urgence pour réactiver les établissements d’enseignement, à faire pression sur Israël pour qu’il autorise l’entrée de fournitures scolaires à Gaza, à soutenir le déblaiement des décombres et à fournir des espaces d’apprentissage sûrs.



