Gaza, jour 797 : 10 Palestiniens sont morts de froid en 24 heures

Point sur la situation dans l’enclave palestinienne, où 10 personnes sont mortes d’hypothermie depuis hier en raison des restrictions imposées par Israël, qui laissent les habitant-es vulnérables aux intempéries.

Par l’Agence Média Palestine, le 12 décembre 2025


La tempête Byron continue de faire des ravages à Gaza, où les habitant-es, épuisé-es après deux ans de génocide, de bombardements, de famine et de chaos, doivent à présent faire face à des pluies torrentielles, qui inondent leurs abris précaires et menacent les plus fragiles.

“Pour les 1,5 million de Palestiniens vivant sous des bâches en plastique et des toiles déchirées, la tempête représente bien plus qu’une simple intempérie. C’est un danger supplémentaire qui s’ajoute à leur lutte qotidienne pour la survie”, explique le journaliste Hani Mahmoud sur Al Jazeera.

Depuis des semaines, les humanitaires alertent sur le danger que représente l’hiver pour les Palestinien-nes de Gaza, où près de 850 000 personnes hébergées dans 761 sites de déplacement sont exposées au risque le plus élevé d’inondation.

Malgré ces alertes, Israël a continué d’interdire l’entrée dans l’enclave palestinienne du matériel nécessaire pour parer à l’urgence. Alors qu’au moins 300 000 tentes étaient nécessaires, moins de 40 000 ont été autorisées à être livrées. Les outils pour réparer les systèmes d’égouts et les réseaux d’eau, cruciaux pour éviter les inondations, sont également soumis à des restrictions.

Les tentes qui restent à la disposition des habitant-es sont fragiles et souvent déchirées, offrant une protection négligeable contre les fortes pluies, qui risquent d’endommager gravement les quelques biens qui restaient aux familles.

10 Palestiniens morts de froid tués par le blocus israélien

10 Palestinien-nes sont mort-es d’hypothermie, soit de froid, durant ces dernières 24h. Ces 10 victimes de la tempête Byron n’ont pas été tuées par la météo, mais bien par des décisions politiques. Les dégâts causés par ce déluge n’ont rien d’une catastrophe naturelle.

Parmi ces 10 personnes assassinées en 24h par le blocus israélien et l’impuissance internationale, trois étaient des enfants. Ils et elles s’appelaient Taim al-Khawaja, Hadeel al-Masri et Rahaf Abu Jazar.

Outre la menace directe sur les corps, la pluie a fait s’effondrer au moins 10 immeubles depuis hier, et de nombreux autres bâtiments risquent de s’effondrer, blessant les habitant-es qui s’y sont réfugié-es. 

Les inondations entraînent par ailleurs un risque sérieux de contamination de l’eau potable et des réserves alimentaires par les eaux usées, augmentant ainsi le risque de maladies dans la bande de Gaza densément peuplée, où 2,2 millions de personnes sont entassées sur seulement 43 % du territoire, tandis que les 57 % restants restent sous contrôle militaire israélien.

Au-delà du danger physique, l’impact psychologique est profond. Après des mois de déplacement, de pertes et de privations, une nouvelle crise – cette fois-ci, non pas une guerre, mais les forces de la nature – semble insurmontable.

« Nos tentes ont été détruites. Nous sommes épuisés », a déclaré Wissam Naser. « Nous n’avons plus aucune force. Chaque jour apporte son lot de nouvelles craintes : la faim, le froid, la maladie, et maintenant la tempête. »

Israël poursuit ses attaques

L’armée israélienne n’a pas interrompu ses opérations pendant la tempête, ne laissant aucun répit ni espace sûr aux Palestinien-nes de Gaza.

Hier, jeudi 11 décembre, une frappe israélienne a visé la rue des Écoles dans le camp de Jabalia, au nord de la ville de Gaza. Les médias locaux rapportent que l’explosion a tué une femme et fait plusieurs blessé-es. La rue visée par les tirs israéliens se situait en dehors de la zone contrôlée par l’armée israélienne en vertu de l’accord de “cessez-le-feu”.

Hier également, des bombardements israéliens ont visé une école située près du rond-point de Bani Suheila, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza.

Israël a violé l’accord de cessez-le-feu à Gaza au moins 738 fois depuis son entrée en vigueur il y a tout juste deux mois. Selon un décompte d’Al Jazeera, l’armée israélienne a violé le cessez-le-feu presque quotidiennement, soit 51 sur 62 jours depuis le 10 octobre.

Ces attaques ont tué au moins 383 Palestinien-nes et blessé 987 autres. En outre, 627 corps ont été retrouvés dans les décombres, victimes de bombardements antérieurs, portant le bilan total du génocide perpétré par Israël à Gaza à 171 069 meurtres.

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