« Les médecins palestinien.nes sont encore en train de créer, de résister, de sauver des vies – on imprime une pièce à la fois. »
Publié le 18 décembre 2025
Les médecins de Gaza, qui se battent contre de nombreux obstacles après que l’infrastructure médicale ait été anéantie par la guerre génocidaire d’Israël contre l’enclave assiégée, ont trouvé un moyen ingénieux de sauver les membres fracturés des Palestinien.nes.
Alors que les hôpitaux ont du mal à fonctionner à cause de fréquentes pannes d’électricité, des médecins ingénieux.ses du territoire exploitent l’énergie solaire pour alimenter les imprimantes 3D, créant ainsi des dispositifs médicaux nécessaires aux types de fractures complexes qui sont devenues monnaie courante sous les incessants bombardements israéliens.
Le Dr Fadel Naim, chirurgien orthopédiste consultant et directeur général par intérim de l’hôpital arabe al-Ahli dans la ville de Gaza, explique à Al Jazeera que les médecins fabriquent, à partir de composants imprimés en 3D à faible coût puisque fabriqués à partir de matériaux recyclés, des fixateurs externes permettant de maintenir les membres fracturés.
« Les types de fracture que nous recevons, en particulier dans cette guerre, sont si compliqués, si complexes que le fixateur externe est le [traitement] le plus approprié », explique-t-il, nous montrant comment les appareils sont assemblés à un coût minimal en utilisant des composants 3D, des tiges métalliques, des écrous et des boulons.

Dr Naim assemble un fixateur externe à l’aide de composants imprimés en 3D et des tiges métalliques [Al Jazeera]
Naim a travaillé avec l’organisation de solidarité médicale Glia pour montrer la voie en matière d’innovation dans l’enclave, créant des fixateurs qui coûteraient normalement plus de 500 $ chacun provenant d’un design open-source, sans limite de fabrication grâce à l’utilisation de l’énergie solaire.
Al Jazeera a rencontré Zakaria, l’un des trois patients dont les membres ont été sauvés de l’amputation après avoir été équipés de fixateurs produits localement. Déplacé vers le sud, du camp de réfugiés de Jabalia, vers le nord de Gaza, à Deir el-Balah, il a été le premier patient à recevoir un traitement grâce à cet équipement, après que les éclats d’obus d’une frappe israélienne lui ont fait voler en éclats la jambe.

Zakaria, rencontré dans sa tente à Deir el-Balah, peut marcher grâce à son fixateur externe fabriqué localement [capture d’écran/Al Jazeera]
« J’ai été blessé en août et j’ai été emmené à l’hôpital sans aucun soin médical, mais après deux semaines, ils m’ont amené à la salle d’opération et ont utilisé un nouvel appareil pour réparer ma jambe. À ma grande surprise, c’était un appareil de fabrication palestinienne », nous raconte Zakaria, assis dans sa tente.
« Il n’a aucune douleur, aucune limitation d’amplitude de mouvement, il peut marcher », a déclaré le Dr Naim, évaluant son patient.
Dans un de ses reportages, Hind Khoudary journaliste d’Al Jazeera à Gaza, explique que la technologie avant-gardiste est « une bouée de sauvetage à Gaza car elle a complètement perdu l’accès à l’électricité et le système de santé s’effondre ».
« Dans un endroit où tout est détruit, les médecins palestinien.nes créent toujours, résistent toujours, sauvant encore des vies – on imprime une pièce à la fois », déclare-t-elle.

La technologie s’est avérée être une «bouée de sauvetage» à Gaza, où les infrastructures médicales se sont effondrées pendant la guerre [Al Jazeera]
Glia a déclaré dans un communiqué de presse que 12 patient.es supplémentaires sont actuellement en attente de traitement, « démontrant à la fois le besoin urgent de ces appareils et l’impact vital de la production locale en état de siège ».
L’organisation a déclaré que le projet géré depuis Gaza avait une «importance mondiale», démontrant comment la technologie pourrait être utilisée dans des «conditions extrêmes» et «offrant un modèle pour d’autres zones de conflit, les régions touchées par les catastrophes naturelles et les communautés les plus vulnérables face au changement climatique dans le monde entier».
Les opérations militaires israéliennes ont dévasté Gaza tout au long de la guerre avec, au 9 décembre dernier, 63% de ses hôpitaux restant hors service.
L’Agence des Nations Unies pour les Réfugié.es Palestinien.nes (UNRWA) a rapporté le mois dernier que 282 000 logements ont été détruits dans l’enclave, où environ 1,5 million de Palestinien.nes demeurent déplacé.es.
Plus de 70 000 Palestinien.nes ont été tué.es à Gaza depuis qu’Israël a déclenché son assaut de grande échelle sur l’enclave à la suite de l’attaque menée par le Hamas contre le sud d’Israël, le 7 octobre 2023.
Traduction: LG pour l’Agence Média Palestine
Source: Al Jazeera



