En Palestine, les enfants du choeur Amwaj s’essaient à devenir chef d’orchestre

En Palestine, la chorale Amwaj, un chœur d’enfants palestiniens venus de Bethléem et d’Hébron, en Cisjordanie occupée pratiquent la musique six heures par semaine avec des musiciens qui viennent du monde entier.

Lamar Elias et le Youth Palestine orchestra 6/07/2024 image : Marion Benet

Par Alice Froussard, le 4 février 2026.

Dans une vaste salle de béton, une chorale d’une soixantaine d’enfants venus d’Hébron et de Bethléem s’échauffe la voix en attendant l’arrivée du public. Devant eux, une rangée de musiciens : cinq violons, un violoncelle, une flûte traversière. Tous attendent une jeune violoniste et cheffe d’orchestre professionnelle, Lamar Elias, originaire de Bethléem.

Mathilde Vittu a créé et cofondé le chœur Amwaj de Palestine. C’est elle qui a pensé à cette co-création : « On connaît bien Lamar Elias. Mon mari lui a enseigné le violon quand elle était enfant. Elle a grandi, elle a voulu devenir cheffe d’orchestre. Elle est partie en France réaliser son rêve et, peu à peu, elle a fait carrière. Elle a été sélectionnée pour le concours de la Maestra qui va se passer bientôt à la Philharmonie de Paris. Quand est né le chœur Amwaj, il y a dix ans, elle a été à nos côtés pour nous soutenir dans ce projet. Récemment, j’ai proposé à Lamar d’enseigner la direction à mes jeunes ».

Car dans la chorale, plusieurs d’entre eux se forment pour devenir des chefs de chœur. « Avoir la transmission d’une jeune cheffe brillante qui fait déjà carrière comme Lamar Elias dans leur propre langue, en arabe, c’était une manière, pour moi, de montrer qu’on a plein de jeunes chefs en Palestine qui ne demandent qu’à être formés », explique-t-elle.

La masterclass aborde tous les registres : baroque, classique, ou chansons arabes. Tous les enfants et les adolescents de la chorale Amwaj défilent un à un au pupitre. Tous veulent s’essayer à la direction. « Aujourd’hui, on répétait avec la chorale. On apprenait à se placer pour faire un orchestre, comment chanter en groupe. Quand j’ai pris la place de la cheffe, franchement, j’ai senti que la chorale était dans ma main. Je veux apprendre à faire ça quand je serai plus grande, parce que c’est quelque chose de très beau », raconte Naïf Hijazi, 11 ans, qui vient d’Hébron.

En Palestine, les chefs d’orchestre sont rares. Par manque d’orchestre d’abord, alors qu’il y a un véritable besoin car des ensembles se créent et les musiciens ne manquent pas. Mais peu de chefs sont formés. Il n’y a pas de véritable cursus de direction. Lamar Elias le précise : cette masterclass était inimaginable à ses débuts dans la musique. « Je n’aurais jamais dit qu’on pouvait avoir un chœur qui chante à quatre voix à Bethléem. Ce n’est pas un manque de culture, c’est juste que ce n’est pas la même éducation. On n’a pas accès à ces moyens. On a des super musiciens mais qui ne peuvent pas vivre ici. Je suis très émue de voir cela et de former des chefs de chœur, quelle chance », se réjouit-elle avec émotion.

« Ce que l’on fait, c’est dire : « Oui, il y a un futur. Il y a des jeunes Palestiniens, des musiciens, des chœurs. Il y a des gens qui jouent, qui dirigent. C’est vers ce futur que nous avons envie d’aller ensemble», abonde Mathilde Vittu.

Source : RFI

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut