Israël organise les pénuries à Gaza et assassine 37 Palestiniens en une semaine

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 21 au 27 octobre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 27 octobre 2026



Israël a assassiné au moins 37 Palestinien-nes à Gaza la semaine passée, tout en accentuant ses restrictions et son siège illégal de l’enclave palestinienne, dans la continuité de ce qui a été qualifié par une commission indépendante de l’ONU de « génocide ».

Des pénuries orchestrées par Israël

Alors que les autorités israéliennes ont annoncé avoir suspendu les entrées de marchandises commerciales dans la bande de Gaza le 13 octobre dernier, et suite à l’annonce par le Programme alimentaire mondial (PAM) de la suspension faute de financement de plus d’un tiers de son aide apportée aux Gazaoui-es, la crainte de revoir apparaître la famine à Gaza s’est fait sentir.

Vendredi, une grande partie des boulangeries commerciales de Gaza a dû fermer ses portes, faute de farine, provoquant des files d’attentes monstre et une nouvelle flambée des prix. La pression a commencé à s’atténuer dans la soirée du 23 octobre, lorsque Israël a informé les commerçant-es que l’approvisionnement en marchandises reprendrait et qu’une commission égyptienne a livré de la farine, selon Al Jazeera qui cite Mohammad Abu Warda, membre du comité d’urgence du secteur privé.

L’insécurité alimentaire reste une préoccupation importante, la majorité de la population étant dépendante des entrées humanitaires après qu’Israël ait détruit, au cours des trois dernières années de génocide, la majorité des infrastructures et terrains agricoles nécessaire à une forme d’autosiffisance alimentaire.

De nouvelles alertes concernant l’accès à l’eau ont été lancées cette semaine, après la coupure par des bombardements israéliens de l’approvisionnement en eau d’une grande partie de la ville de Gaza, selon la municipalité de Gaza qui affirme qu’une conduite principale a été endommagée dans le quartier de Shujaiya. Les expert-es estiment qu’Israël a endommagé, en 3 ans de bombardements, 80% du réseau hydraulique de l’enclave, conduisant à une grave pénurie d’eau potable et à un accès très limité à l’eau courante nécessaire à la cuisine et à l’hygiène.

Israël avance (encore) la Ligne jaune

The New Arab rapport l’avancée hier matin de plusieurs chars et véhicules militaires israéliensdans la ville de Gaza, poursuivant l’avancée à l’ouest de la « ligne jaune », aliementant la crainte qu’Israël ne cherche à étendre son occupation du territoire palestinien assiégé.

Les Palestinien-nes de Gaza, qui vivent déjà dans des situations précaires et ont pour 90% d’entre elles et eux déjà été déplacé-es au moins une fois au cours des 3 dernières années, sont sans cesse repoussé-es par les attaques israéliennes à proximité de cette ligne, qui devait pourtant être temporaire et précéder au retrait total des troupes israéliennes. Au lieu de cela, Israël la considère comme une « nouvelle frontière » et s’empare progressivement de davantage de territoire.

Dimanche soir, les drones israéliens ont incendié un campement de la ville, situé dans le quartier de Shujaiya, provoquant le déplacement de plus de 800 Palestinien-nes, dont des femmes, des enfants, des personnes âgées et des malades, selon l’agence d epresse palestinienne Wafa. Ses sources indiquent que le feu a presque entièrement détruit le camp, brûlant les tentes des familles déplacées ainsi que leurs biens, et touchant plus de 200 familles.

Outre la panique et la peur provoquées par cet incendie, les familles se retrouvent désormais encore plus démunies, alors qu’Israël continue de s’opposer à la livraison de tentes et d’abris temporaires, prétextant un possible « double-usage » de ces matériaux essentiels à la survie des familles à l’approche de l’hiver.

Les défenseurs des droits de l’homme ont qualifié l’incendie du camp de politique de « déplacement forcé et de déracinement continu », affirmant que cet incident pourrait constituer un « véritable crime de guerre et un crime contre l’humanité », et soulignant qu’il représentait une violation du droit international humanitaire et des Conventions de Genève.

Nouvelle escalade meurtrière

Le porte-parole de la Défense civile, Mahmoud Basal, a annoncé hier matin, lundi 26 octobre, qu’au moins 13 personnes avaient été tuées et 60 autres blessées par des tirs et des frappes aériennes israéliennes dans toute la bande de Gaza au cours des 24 heures précédentes.

Malgré le cessez-le-feu officiellement en vigueur, Israël poursuit son génocide à Gaza, menant presque quotidiennement des frappes qui tuent, blessent et détruisent encore plus gravement les conditions de vie des habitant-es de l’enclave.

Parmi les personnes assassinées par Israël cette semaine, le média Al Jazeera a identifié :

  • Akram Yassin et son épouse, Dina Abu Bakr, lors d’une frappe sur leur appartement situé derrière l’hôpital al-Shifa mardi 21.
  • Majdi Mohammad Fakhri Hassan, un enfant, abattu près du complexe touristique Happy City, au sud de Khan Younis ; Rafif Raed Lubad, 17 ans, touchée à la tête à Jabalia ; et Fatima Abu Laban, tuée samedi à Tal al-Dhahab, au nord-ouest de Beit Lahiya, selon l’agence Wafa.
  • Trois agents de sécurité, Sami Baroud, Ashraf Dahlan et Shadi Abu Ataya, à l’Université islamique de la ville de Gaza dimanche, après qu’une frappe antérieure eut blessé sept étudiants. Israël a déclaré qu’il visait un membre du Hamas.

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