Gaza, jour 857 : 40 Palestiniens assassinés par Israël cette semaine, des meurtres quotidiens

Point sur la situation cette semaine à Gaza, où Israël poursuit ses attaques meurtrières et pose aux Palestinien-nes candidat-es au passage de Rafah des conditions inacceptables.

Par l’Agence Média Palestine, le 10 février 2026



Le sinistre bilan du génocide perpétré par Israël à Gaza s’élève désormais à 72 032 mort-es et 171 661 blessé-es.

Cette semaine encore, l’armée israélienne a mené des attaques aériennes et terrestres presque quotidiennes et empêché le transport d’aide humanitaire, bafouant continuellement ses engagements dans le cadre de l’accord Trump.

Seulement 379 passages du poste-frontière de Rafah en une semaine

Depuis l’ouverture partielle du point de passage de Rafah le 2 février, seules 397 personnes sur les 1 600 prévues ont franchi le poste-frontière. Ce chiffre comprend 225 personnes qui ont quitté Gaza et 172 qui sont entrées dans l’enclave.

Les Palestinien-nes de retour dans l’enclave décrivent un voyage épuisant marqué par des mesures de sécurité israéliennes humiliantes, signalant des interrogatoires, des fouilles répétées et des traitements dégradants.

Dans un communiqué de presse, la Commission internationale de soutien aux droits du peuple palestinien (ICSPR) dénonce le traitement réservé aux Palestinien·nes au passage, rapportant des coups, des fouilles corporelles humiliantes, un menottage prolongé et la confiscation d’effets personnels et les menaces d’arrestation.

L’ICSPR accuse Israël de transformer “le voyage et le retour [à Gaza] en une procédure symbolique qui ne correspond pas à une ouverture véritable et complète”, qualifiant la lourde procédure administrative nécessaire pour voyager d’ “outil de contrôle et de domination plutôt qu’un passage humanitaire”.

Doutant de l’engagement d’Israël à respecter leur droit au retour, de nombreux-ses Palestinien-nes affirment ne pas vouloir quitter Gaza. “Je ne veux pas que l’histoire se répète, je veux mourir dans mon propre pays”, déclare sur Al Jazeera Kefaya al-Assar, 73 ans, dont les parents ont fui leur village de Junis en 1948 pour se réfugier à Gaza. “Même ici, à Nuseirat, je me sens comme une étrangère. J’aimerais pouvoir retourner à Jabalia.”

Malgré ces craintes, des milliers de Palestinien-nes espèrent une évacuation médicale rapide, alors que le système de santé gazaoui est toujours au bord de l’effondrement et qu’Israël vient de bloquer l’entrée dans Gaza à 37 ONGs, dont Médecins sans frontières dont l’action couvre depuis deux ans une part vitale du soin dans l’enclave.

Des meurtres quotidiens

Depuis l’entrée en vigueur du plan Trump dans l’enclave palestinienne, l’armée israélienne a violé le “cessez-le-feu” plus de 1 500 fois. Cette semaine, les meurtres israéliens de Palestinien-nes ont été quotidiens.

Mercredi dernier, le 4 février, une série de frappes israéliennes a assassiné au moins 24 personnes, dans l’une des journées les plus meurtrières depuis octobre dernier. Les frappes ont visé plusieurs lieux dans l’enclave, dont le campement de réfugié-es d’Al Mawasi.

“Nous dormions quand, soudain, une pluie d’obus et de tirs s’est abattue sur nous”, raconte un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué dans la ville de Gaza, dans le nord. “De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts.”

Au moins 7 enfants ont été assassiné-es dans cette seule journée. Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort d’un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, durant une intervention pour évacuer des blessé-es, laissant supposer que l’armée israélienne a repris sa pratique des “doubles frappes”, frappant sa cible une seconde fois pour viser les secouristes et journalistes en opération.

Le lendemain, jeudi 5 février, un Palestinien a été tué par les forces israéliennes dans la ville de Bani Suheila, à l’est de Khan Younis. Un autre homme est mort des suites de blessures infligées quelques mois plus tôt par un attaque israélienne dans la ville de Khan Younis.

Vendredi 6 février, deux Palestiniens ont été assassinés par l’armée israélienne à Beit Lahia et à Jabalia, dans le nord de Gaza, tandis qu’une femme a été blessée par des tirs à l’est de Deir al-Balah, dans le centre de Gaza.

L’agence Wafa rapporte le meurtre, samedi 7 février, de Faraj al-Hajj Salem, tué par balle par l’armée israélienne l’entrée du quartier de Shuja’iyya, dans la ville de Gaza. 

Dimanche matin, un Palestinien a été tué et un autre gravement blessé à la suite de tirs d’artillerie israéliens visant la ville de Beit Lahia, dans le nord de l’enclave. Par ailleurs, plusieurs zones de Khan Younis et Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, ont été la cible de frappes aériennes et des tirs d’artillerie israéliens, sans qu’aucun bilan des victimes n’ait été confirmé à ce jour.

“Quelle paix est-ce là ?”

Hier, lundi 9 février au matin, les forces israéliennes ont tué un homme de 54 ans dans la ville de Beit Lahiya et assassiné un pêcheur palestinien au large de la côte sud de la ville de Khan Younis. Les forces israéliennes ont également abattu un agriculteur palestinien près de la ville centrale de Deir el-Balah. 

Plus tard dans la journée, une frappe israélienne a visé un bâtiment résidentiel du quartier d’Al Nassr, dans la ville de Gaza. Au moins quatre personnes ont été assassinées dans cette attaque, et de nombreuses autres blessées. L’attaque a causé une grande panique parmi les Palestinien-nes qui s’étaient réfugié-es dans cet immeuble, fragilisé par de précédentes frappes au cours de la campagne génocidaire israélienne.

“Les gens ont été contraints de se réfugier dans cet immeuble résidentiel partiellement endommagé en raison du manque et de la rareté des abris, la plupart des immeubles résidentiels de Gaza ayant été détruits”, explique Ibrahim Al Khalili sur Al Jazeera.

Un témoin présent sur les lieux de la dernière attaque a déclaré à l’agence de presse Reuters que l’appartement visé abritait des enfants. “Quelle paix est-ce là ?”, a-t-il déclaré, fustigeant les accords de “paix” de Trump qui n’ont pas fait cesser les meurtres israéliens.

Ce matin, Al Jazeera rapporte qu’une Palestinienne a été assassinée par les forces israéliennes dans le village d’al-Musaddar, dans le centre de Gaza. Deux autres personnes ont été tuées par un bombardement israélien dans la rue Salah al-Din, dans le centre de Gaza.

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