« Non à la guerre et libérez la Palestine » : comment les Oscars 2026 ont pris une tournure politique

Des appels à « Non à la guerre » aux hommages rendus à l’Iran, les Oscars de cette année ont été le théâtre d’une solidarité mondiale, les célébrités s’étant exprimées contre les actions des États-Unis et d’Israël.

L’équipe de The New Arab, le 16 mars 2026

Javier Bardem lors de son discours, portant un pins  » non à la guerre » lors de la cérémonie des Oscars 2026 image : Rich Polk

Les Oscars de cette année ont été marqués par la politique et la contestation, plusieurs participant.es ayant utilisé le plus grand événement hollywoodien comme tribune pour dénoncer la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran et appeler à la solidarité avec la Palestine et l’Iran.

Lors de la remise du prix du meilleur film international, l’acteur espagnol Javier Bardem a crié « Non à la guerre, et liberté pour la Palestine » sur scène, recevant une salve d’applaudissements de la part du public.

Bardem, qui portait le même pin’s pour la paix qu’en 2003 pour protester contre la guerre en Irak, a déclaré que le monde assistait aux « mêmes mensonges » plus de deux décennies plus tard.

« À l’époque, c’étaient les armes de destruction massive. Aujourd’hui, c’est le régime qu’ils veulent renverser », a-t-il déclaré, condamnant ce qu’il a qualifié de « guerre illégale » en Iran.

L’acteur a également qualifié le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de « mêmes menteurs, mêmes manipulateurs ».

« On peut faire partie de la communauté cinématographique… [et] être un citoyen qui utilise cette immense tribune pour dénoncer l’injustice », a-t-il déclaré.

Bardem a évoqué le génocide en Palestine, critiquant le soi-disant cessez-le-feu qu’il juge insignifiant étant donné que « plus de 600 personnes, dont plus de la moitié sont des enfants », ont été tuées au cours des derniers mois.

Bardem, qui fait partie des plus de 100 artistes ayant signé une lettre ouverte condamnant le « silence » du Festival du film de Berlin sur Gaza, est une voix de premier plan qui exhorte les cinéastes à s’exprimer sur les questions relatives aux droits de l’homme.

L’animateur Conan O’Brien avait ouvert la soirée en reconnaissant que « cette soirée pourrait prendre une tournure politique », reflétant la pression croissante exercée sur les célébrités pour qu’elles s’expriment sur les horreurs grandissantes des conflits mondiaux.

L’actrice Hannah Einbinder, qui s’est également exprimée sans détours sur la question palestinienne, a déclaré plus tard aux journalistes qu’elle ressentait une « fierté absolue » en entendant les paroles de Bardem, mais a ajouté qu’elle n’était pas surprise que personne d’autre n’ait fait de même.

« The Voice of Hind Rajab » et l’appel au cessez-le-feu

« The Voice of Hind Rajab », un film sur Hind, une fillette de cinq ans tuée par les forces israéliennes à Gaza en 2024, était nominé pour le meilleur film international mais n’a pas remporté d’Oscar.

Les acteurs du film portaient des pin’s Artists4Ceasefire, créés en collaboration avec l’artiste Shepard Fairey, appelant à un cessez-le-feu permanent à Gaza.

L’actrice anglo-indienne Charithra Chandran portait également ce pin’s, déclarant qu’elle se sentait privilégiée d’avoir une tribune pour mettre en lumière la guerre qui se poursuit à Gaza.

« L’actualité évolue si vite, et les gens passent à autre chose, mais les habitants de Gaza et de la Cisjordanie continuent de souffrir », a-t-elle déclaré aux journalistes.

Les acteurs du film ont toutefois souligné que leur acteur principal, Motaz Malhees, s’était vu refuser un visa américain en raison de sa nationalité palestinienne.

« On peut bloquer un passeport », a déclaré Malhees en réponse à cette interdiction. « Mais on ne peut pas bloquer une voix. »

Solidarité avec l’Iran

Par ailleurs, lors de la cérémonie, le duo de documentaristes iraniens Sara Khaki et Mohammadreza Eyni, auteurs de « Cutting Through Rocks », qui retrace l’histoire d’une Iranienne élue conseillère municipale, a exprimé sa solidarité avec les manifestant·es de leur pays d’origine.

Sara Khaki a déclaré aux journalistes : « Le changement est possible de l’intérieur, et non l’inverse », dédiant le prix aux Iranien·nes ordinaires qui réclament des réformes.

Traduction pour l’Agence Média Palestine : L.D

Source : The New Arab 

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