Par l’Agence Média Palestine, le 19 mai 2026.
Démolitions et confiscations des biens palestiniens.
Le 12 mai, Bilal Khalil Jaradat a reçu une notification de saisie de sa maison pour des « raisons militaires », de la part des forces d’occupations, à Silat al-Harithiya. Dans cette même localité, des bulldozers israéliens continuent de raser des terrains afin de construire des routes d’accès aux colonies.
Le lendemain, dans le camp de réfugié·es de Shuafat, au nord de Jérusalem-Est occupée, une famille palestinienne a été contrainte de démolir sa maison après avoir reçu un ordre de démolition émis par la municipalité israélienne, sous peine de se voir infliger de très lourdes amendes. La famille, qui avait déjà dû démolir sa précédente habitation, était encore en pleine construction d’une nouvelle maison avant de recevoir ce nouvel ordre.
Le 17 mai, à Bethléem, de nouveaux ordres d’arrêt de travaux et de construction ont été notifiés pour dix habitations dans la localité de Battir, dont certaines étaient déjà habitées. Le même jour, les autorités d’occupation ont également approuvé la création d’une équipe ministérielle chargée d’examiner la mise en œuvre d’ordonnances d’expropriation historiques dans la zone autour de la Porte de la Chaîne, Bab al-Silsilaen arabe, qui mène directement à la mosquée Al-Aqsa. Selon la municipalité de Jérusalem, entre 15 et 20 habitations et commerces seraient menacés. Pour les Palestinien·nes, cette volonté de confiscation s’inscrit dans une tentative de « judaïsation » de la ville, rapporte Middle East Eye.
En parallèle, les autorités d’occupation s’attaquent également au patrimoine palestinien. Le 14 mai à Hébron, elles ont mené des travaux de construction sur le toit de l’ancien bâtiment de la municipalité, un édifice historique fermé depuis des années sur ordre militaire. Inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, ce bâtiment est considéré comme l’un des principaux sites patrimoniaux de la vieille ville. Ces travaux constituent une violation flagrante des conventions internationales relatives à la protection du patrimoine culturel.
Quelques jours plus tôt, le 12 mai, la Knesset, (parlement israélien) avait adopté en première lecture un projet de loi visant à créer une Autorité israélienne des antiquités chargée de superviser les sites archéologiques en Cisjordanie occupée. Ce projet de loi constitue un outil supplémentaire dans les plans d’annexion de la Cisjordanie par Israël.
Le 17 mai, le gouvernorat de Jérusalem a examiné l’approbation d’un nouveau plan colonial visant à créer un musée pour l’armée d’occupation, un bureau de recrutement et un quartier général pour le « ministère israélien de la sécurité » sur les ruines du complexe de l’UNRWA dans le quartier de Sheikh Jarrah. L’enceinte de l’UNRWA avait été détruite en janvier par les autorités d’occupation israéliennes, sous la supervision d’Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale israélien. Pour le gouvernorat, cette décision constitue une violation du droit international et de l’immunité accordée aux organisations des Nations Unies.
Une famille palestinienne attaquée dans son sommeil par des colons.
La nuit du 18 mai a été une véritable nuit d’horreur pour la famille Shalalda. Alors qu’elle dormait, des colons israéliens ont fait irruption à son domicile et l’ont violemment agressée. Les faits se sont déroulés dans la région d’al-Daraja, près de la ville de Sa’ir, à l’est d’Hébron. Dans la maison se trouvaient Mohammed Shalalda, sa mère âgée, son frère et sa sœur.
Mohammed a été le premier attaqué, alors qu’il dormait sur le toit de l’habitation. Une quinzaine de colons ont surgi et l’ont roué de coups de pied et de bâton. Alors qu’il peinait à crier à l’aide, d’autres colons sont arrivés, sont entrés dans la maison et l’ont saccagée. Ils s’en sont ensuite pris à la sœur et à la mère de Mohammed, les aspergeant de gaz au visage tout en les empêchant d’appeler au secours. Les colons ont finalement pris la fuite après l’intervention d’habitants venus porter secours à la famille. Malgré cette attaque, les Shalalda refusent de quitter les lieux : ils n’ont nulle part où aller et vivent des terres qu’ils cultivent.
Ce scénario d’horreur s’inscrit dans une série de violences menées par des colins souvent sous la protection ou la passivité des forces d’occupations. Le 14 mai, c’est la famille Rajabi qui a fait les frais de cette violence, dans le quartier de Silwan à Jérusalem, au sud de l’esplanade des mosquées, ou ils ont été attaqués à coup de pierres. Le petit Muhammad Nidal Rajabi, un des enfants de la famille, a été blessé au visage. Cet épisode de lapidation s’est passé sous protection des forces d’occupation.
Le 15 mai, les colons ont incendié une mosquée et deux véhicules dans le village de de Jibiya, au nord-ouest de Ramallah, avant d’inscrire des slogans racistes sur les murs de plusieurs habitations. Le même jour, à Hébron, un Palestinien a été blessé par balle par un colon. Le lendemain, des colons ont mis le feu à une exploitation agricole au nord de Ramallah, et y ont inscrit des slogans racistes. Le 17 mai, c’est cinq Palestinien·nes qui se sont retrouvé·es blessé·es lors d’une attaque de colons sur le village de Marah Rabah, au sud de Bethléem. Les habitant·es ont été agressé·es à coups de matraque et aspergé·es de gaz poivre Les assaillants ont également volé plusieurs téléphones portables, détruit d’autres appareils et saisi la clé d’un véhicule. Le même jour, à Naplouse, des colons ont agressé des bergers palestiniens et tué une brebis en l’écrasant avec leur véhicule.
Plusieurs Palestiniens tués cette semaine.
Cette semaine encore a été meurtrière . Le 12 mai, Zakaria Ali Muhammad Qadis, un Palestinien de 44 ans a été abattu par balles par les forces d’occupation israéliennes alors qu’il tentait de franchir le mur de séparation, au nord de Jérusalem-Est occupée.
Le lendemain, Youssef Kaabneh, un jeune Palestinien de 16 ans, a aussi été tué au nord de Ramallah, touché à la poitrine par les forces d’occupation. Sa mort est survenue alors que des dizaines de colons, sous protection militaire, menaient une attaque coordonnée contre les villages de Jilijliya, Sinjil et Abwein. Des véhicules militaires israéliens ont empêché les ambulances de lui porter rapidement secours, le laissant succomber à ses blessures.
Le 15 mai, à Naplouse, Fahd Zeidan Oweis, Palestinien âgé lui aussi de 16 ans, a été mortellement blessé par les forces israéliennes alors qu’il se trouvait dans la plaine de son village, au sud de Naplouse. Les forces d’occupation ont ensuite empêché les équipes du Croissant-Rouge palestinien d’accéder aux lieux, avant de retenir son corps.
Le 16 mai, dans le camps de Jénine, Nour al-Din Fayyad, Palestinien de 34 ans, a été tué par balles lors d’un assaut des forces d’occupation israéliennes sur le camp.
Provocations israéliennes autour d’Al-Aqsa et des lieux de culte.
Le 13 mai, sous la direction du ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, des milliers de colons ont pris d’assaut le tombeau de Joseph, à l’Est de Naplouse, à l’aube. Situé dans une zone sous contrôle palestinien, ce site est considéré par les juifs comme un site religieux depuis l’occupation de la Cisjordanie en 1967. Cette incursion s’est déroulée sous la protection des forces d’occupation israéliennes, déployées dans plusieurs quartiers de Naplouse. A noter que Bezalel Smotrich, figure de l’extrême droite israélienne, ferait actuellement l’objet d’une demande de mandat d’arrêt déposée par le bureau du procureur de la Cour Pénale Internationale, selon une information exclusive de Middle East Eye.
Le 14 mai, Israël célébrait la « Journée de Jérusalem », une célébration annuelle de la prise de Jérusalem-Est en 1967. A cette occasion, des dizaines de milliers d’Israélien·nes ultranationalistes ont défilé dans la Vieille Ville, scandant notamment « Mort aux arabes » et « Que vos villages brulent » rapporte Al Jazeera. Des colons auraient également attaqué des habitant·es du quartier chrétien de la Vieille Ville, en toute impunité.
Du côté de la mosquée Al Aqsa, des colons israéliens ont pris d’assaut l’esplanade des Mosquées, sous protection des forces d’occupation. Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, a hissé le drapeau israélien dans l’enceinte de la mosquée, affirmant que « le Mont du Temple est entre nos mains ». Un député issu de son parti, Yitzhak Kroizer, s’est quant à lui prosterné devant le Dôme du Rocher avant d’appeler, sur les réseaux sociaux a « se débarrasser de toutes les mosquées et de travailler à la construction du Temple ».
Le soir même, la « Marche des drapeaux » a rassemblé des milliers de colons israéliens dans le quartier de la porte de Damas, sous protection policière Les colons y ont brandi des drapeaux israéliens et des banderoles racistes appelant à la mort des arabes, tout en multipliant les provocations dans les rues de la Vieille Ville.
Extension de l’application de la peine de mort à la Cisjordanie.
Le 17 mai, Yisrael Katz, ministre israélien de la Défense, et Itamar Ben-Gvir, ministre d’extrême droite de la Sécurité nationale, ont annoncé le lancement des procédures visant à appliquer la peine de mort contre des Palestinien·nes accusé·es d’attaques mortelles en Cisjordanie occupée. Cette annonce intervient après la signature d’un amendement à un ordre militaire par le commandant du Commandement central de l’armée israélienne. En Cisjordanie, les Palestinien·nes ne sont pas jugé·es par le droit civil israélien, mais par un système de tribunaux militaires. Cette modification vise donc à permettre l’application de cette loi dans ce cadre. Cette mesure, portée par Ben-Gvir et son parti Otzma Yehudit, marque une nouvelle étape dans le durcissement de la répression juridique israélienne en Cisjordanie occupée.



