Par l’Agence Média Palestine, le 23 juin 2026
Israël a assassiné Ahmed Wishah, cameraman d’Al Jazeera à Gaza, deux mois seulement après avoir tué son frère Mohammed, également journaliste. Une nouvelle attaque contre les professionnels de l’information dans l’enclave palestinienne.

Le journaliste et cameraman d’Al Jazeera Ahmed Wishah a été assassiné samedi 20 juin par une frappe israélienne dans le camp de réfugiés de Bureij, au centre de la bande de Gaza. Sa mort intervient à peine deux mois après celle de son frère, Mohammed Wishah, également journaliste pour la chaîne qatarie, tué en avril dans des circonstances similaires.
Selon Al Jazeera, Ahmed Wishah a trouvé la mort lorsqu’une frappe aérienne israélienne a visé une maison du camp de Bureij. Deux autres personnes auraient également été tuées dans l’attaque. La chaîne a immédiatement dénoncé ce qu’elle qualifie d’« assassinat » et accusé Israël de poursuivre une campagne systématique contre les journalistes palestiniens couvrant la guerre à Gaza.
Comme à son habitude, quelques heures après l’annonce de sa mort, l’armée israélienne a affirmé qu’Ahmed Wishah n’était pas seulement journaliste, mais également « membre de la branche armée du Hamas ». Dans un communiqué, elle a déclaré que le cameraman avait été tué lors d’une « frappe précise » visant trois combattants du mouvement palestinien et qu’il aurait servi comme « tireur d’élite » au sein de l’organisation. Comme à chaque fois, aucune preuve n’a été rendue publique pour étayer ces accusations.
Al Jazeera a catégoriquement rejeté ces allégations, dénonçant des « accusations sans fondement » et une « campagne de diffamation » destinée, selon la chaîne, à justifier le ciblage de ses journalistes. Dans un communiqué publié le lendemain de la frappe, le média qatari a accusé Israël de diffuser de « fausses allégations » contre son personnel afin de légitimer des attaques contre la presse.
À l’hôpital Al-Aqsa de Deir el-Balah, des images tournées par l’AFP montrent des proches et des collègues réunis autour du corps du journaliste. Les scènes de deuil ont rappelé celles observées deux mois plus tôt lors des funérailles de son frère Mohammed.
La mort successive des deux frères marque profondément la profession à Gaza. Le journaliste indépendant Bilal Abu Samak s’est dit « choqué » par la disparition d’Ahmed Wishah. « Pour la première fois, je me suis retrouvé incapable de filmer. L’occupation tue délibérément les journalistes et toute personne couvrant les événements sur le terrain », a-t-il déclaré.
Avec l’assassinat des deux frères, la famille Wishah devient un symboles du coût humain payé par les journalistes palestinien.nes dans le génocide à Gaza qui dure depuis près de trois ans. Selon le site de recensement Stop murdering journalists, Israël a tué au moins 322 journalistes à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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