« C’est la dernière fois que tu me vois » : le docteur Hossam Abou Safiya en « danger de mort imminent »

Par Meriem Laribi, pour l’Agence Média Palestine, le 6 juillet 2026

Le docteur Hossam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan, détenu sans inculpation par Israël depuis décembre 2024, risque de mourir d’une minute à l’autre. Son avocat et l’organisation Physicians for Human Rights Israel alertent sur un risque imminent pour sa vie et dénoncent des actes de torture et une privation de soins médicaux.

Le directeur de l’hôpital Kamal Adwan, le docteur Hossam Abu Safiya, est en « danger de mort imminent », selon une alerte lancée le 4 juillet par l’organisation Physicians for Human Rights Israel (PHRI) et son avocat, Nasser Odeh. Ils affirment que l’état du médecin palestinien, enlevé par Israël en décembre 2024 et détenu depuis dans des conditions inhumaines, s’est considérablement détérioré. Ils dénoncent des actes de torture ainsi que l’absence de soins médicaux.

Selon PHRI, la dernière visite effectuée par Me Odeh au centre d’interrogatoire souterrain de Rakefet, situé dans la prison de Nitzan, a révélé un homme présentant de graves blessures récentes à la tête, aux yeux, aux oreilles et au cou. L’avocat affirme avoir eu des difficultés à reconnaître son client tant son visage était marqué.

D’après le témoignage de Me Odeh, le docteur Abu Safiya est arrivé à l’entretien entravé aux mains et aux pieds, escorté par des gardiens masqués. Il avait des difficultés à respirer et à parler, ne parvenait pas à rester assis correctement et semblait à plusieurs reprises proche de perdre connaissance.

L’avocat rapporte également les déclarations de son client concernant les violences qu’il a subies en détention. Le médecin a raconté qu’après l’examen de son recours devant la Cour suprême israélienne, le 10 juin, quatre ou cinq gardiens seraient entrés dans sa cellule d’isolement à la prison de Ganot pour le frapper avec un marteau et des matraques. Il soutient également que depuis son transfert, le 24 juin, vers le centre de Rakefet, il subit des passages à tabac quotidiens, au cours desquels il a perdu connaissance à plusieurs reprises sans recevoir de prise en charge médicale. « C’est la dernière fois que tu me vois. Ils m’ont amené ici pour me tuer. Je ne pense pas survivre. C’est la fin », a dit le docteur Abou Safiya à son avocat.

Dans un communiqué, PHRI estime que cette aggravation des violences est intervenue après que le médecin a contesté sa détention devant la justice israélienne. L’organisation rappelle qu’il est détenu depuis le 27 décembre 2024 sans inculpation, en vertu de la loi israélienne sur les « combattants illégaux » (Unlawful Combatants Law), une loi qui fait partie de l’arsenal législatif d’apartheid israélien, employé exclusivement contre les Palestinien•es.

La Cour suprême israélienne a demandé un rapport sur son état de santé

Face à ce qu’elle qualifie de risque vital, PHRI indique avoir saisi la procureure générale israélienne ainsi que l’administration pénitentiaire. L’organisation demande le transfert immédiat du docteur Abu Safiya vers un établissement adapté, la réalisation d’un examen médical indépendant ainsi qu’une visite judiciaire d’urgence afin de vérifier ses conditions de détention. L’organisation demande en outre sa libération immédiate.

La Cour suprême d’Israël a ordonné le 5 juillet aux autorités israéliennes de fournir en urgence des informations sur l’état de santé du docteur. Selon le quotidien israélien Haaretz, la Cour suprême a demandé à l’État de répondre d’ici le 7 juillet au recours déposé par PHRI réclamant la libération de quatorze médecins palestiniens de Gaza détenus sans inculpation par Israël. Les juges ont spécifiquement exigé que les autorités communiquent un rapport sur la santé et la condition physique du docteur Abou Safiya, actuellement maintenu à l’isolement. Mais c’est cette même Cour suprême qui avait récemment confirmé la détention du docteur en rejetant son appel, malgré les précédentes alertes sur les mauvais traitements qui lui sont infligés. 

Par ailleurs, toujours selon Haaretz, plusieurs député•es du Parti travailliste britannique ont appelé le gouvernement du Royaume-Uni à intervenir auprès d’Israël afin d’exiger la libération du docteur Abu Safiya et qu’il bénéficie immédiatement de soins médicaux adaptés. Interrogée par l’Agence Média Palestine pour savoir si elle comptait réagir et demander la libération du docteur Abou Safiya, la diplomatie française n’avait pas encore répondu lors de la publication de cet article.

Lire aussi : La Cour suprême israélienne rejette l’appel du Dr Hossam Abou Safiya, détenu sans inculpation ni procès

Les seules publications de notre site qui engagent l'Agence Média Palestine sont notre appel et les articles produits par l'Agence. Les autres articles publiés sur ce site sans nécessairement refléter exactement nos positions, nous ont paru intéressants à verser aux débats ou à porter à votre connaissance.

Retour en haut