Gaza, jour 1004 : 300 patients sont morts dans l’attente d’une évacuation médicale depuis le début du “cessez-le-feu”

Alors que le Hamas a annoncé hier la dissolution de ses instances dirigeantes à Gaza, Israël poursuit sa guerre génocidaire contre l’enclave palestinienne.

Par l’Agence Média Palestine, le 7 juillet 2026



À Gaza, cette semaine a marqué le 1 000ème jour depuis le début de la guerre génocidaire israélienne, et les meurtres se poursuivent avec plus de 73 098 Palestiniens et Palestiniennes assassiné·es par Israël depuis le 7 octobre 2023.

1 072 Palestinien·nes assassiné·es pendant le « cessez-le-feu »

Mercredi 1er juillet, une frappe israélienne de drone à proximité de la station-service d’Al-Hilu, dans la ville de Gaza, a tué trois personnes. 

Samedi 4 juillet, le ministère de la Santé de Gaza a déclaré que les hôpitaux de l’enclave assiégée avaient reçu les corps de 16 Palestinien·nes au cours des 48 heures précédentes, dont sept avaient été tué·es lors de récentes attaques menées par les forces israéliennes, tandis que neuf autres avaient été retrouvé·es sous les décombres de bâtiments détruits.

Al Jazeera rapporte les meurtres de 6 personnes au cours de 3 attaques distinctes entre le dimanche 5 et le lundi 6 juillet. Au moins deux personnes ont été tuées lors d’une frappe israélienne par drone contre un véhicule circulant dans la rue al-Rashid à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Deux autres Palestinien·nes ont été tué·es lors d’une attaque contre une tente abritant des personnes déplacées à al-Mawasi, près de Khan Younis. Enfin, un couple d’époux a également été tué lors d’une frappe israélienne par drone contre un appartement à Gaza.

Outre les attaques aériennes et de drone, les Palestinien·nes rapportent une nouvelle stratégie meurtrière israélienne : des tours de surveillance israéliennes, qui seraient utilisées pour surélever les armes et les équipements de surveillance au-dessus du sol, offrant aux soldat·es une couverture visuelle étendue de vastes zones et la capacité d’ouvrir le feu sur de larges zones civiles.

« Il y avait un quadricoptère dans la zone, mais il y avait également une tour de surveillance militaire dans la même direction, dans la zone jaune [à environ 1,7 km de là] », rapporte sur Middle East Eye Mahmoud Al-Masri, dont le frère a été assassiné par un tir non-identifié dans un salon de thé de la ville de Gaza. « Les tirs provenaient de l’est. Nous supposons qu’ils provenaient soit d’un quadricoptère israélien, soit d’une tour de surveillance militaire », explique Mahmoud.

Ces tours de surveillance militaires ressemblent à des tours de guet équipées de mitrailleuses ; elles ont été déployées par l’armée israélienne dans les zones d’occupation situées près de la « ligne jaune », une zone qu’Israël était censé occuper temporairement lors de la première phase du cessez-le-feu, mais qu’il a refusé de céder. Au contraire, l’armée israélienne a repoussé sa ligne jusqu’à contrôler près de 70% de l’enclave, en violation flagrante des termes de l’accord.

300 patient·es mort·es dans l’attente de leur évacuation médicale

À ces meurtres directs s’ajoutent les victimes indirectes du génocide, qui succombent aux conséquences des 1 000 jours écoulés de destruction et de privations imposées par Israël.

Dimanche 5 juillet, des patient·es de l’hôpital Al-Shifa se sont rassemblé·es devant le complexe médical pour manifester et exiger des évacuations médicales pour les  patient·es atteint·es de cancer.

« En quoi un enfant est-il responsable ? En quoi sommes-nous responsables, nous les malades du cancer, de mourir ? Simplement parce que nous sommes Palestiniens ? », clame une manifestante. Selon le ministère de la santé, au moins 20 000 Palestinien·nes malades ou blessé·es nécessitent une évacuation urgente, or ces évacuations, déjà trop rares depuis le début du génocide, sont quasiment à l’arrêt depuis le début de l’agression israélo-étasunienne contre l’Iran.

Jeudi 2 juillet, des médecins et des professionnel·les de santé de Gaza ont marqué les 1 000 jours de génocide en lançant un appel à la communauté internationale pour qu’elle fasse pression afin de lever le blocus illégal imposé par Israël depuis près de deux décennies. 

Le ministère de la santé de Gaza estime qu’au moins 300 Palestinien·nes sont mort·es alors qu’ils et elles attendaient une évacuation médicale, depuis l’entrée en vigueur, en octobre dernier, du « cessez-le-feu ».

Les soignant·es exigent aussi la levée des interdictions israéliennes sur les fournitures médicales essentielles pour les Palestinien·nes, alertant sur des pénuries de plus en plus dangereuses pour les patient·es.

Israël affirme qu’entre 600 et 800 camions sont autorisés à entrer chaque jour à Gaza avec des marchandises, mais l’organisation à but non lucratif Refugees International dénonce que la plupart de ces camions transportent des marchandises commerciales importées par des commerçants privés, et non des fournitures humanitaires essentielles.

Le Hamas annonce la dissolution de ses instances dirigeantes

Hier, lundi 6 juillet, le gouvernement de Gaza dirigé par le Hamas a annoncé sa démission et le transfert de ses pouvoirs à un comité technocratique (NCAG) nommé par le Conseil de la paix, conformément au plan du président étasunien Donald Trump visant à mettre fin à la guerre et à superviser la reconstruction, bien que le transfert effectif du pouvoir n’ait pas encore eu lieu.

« Cette décision est considérée comme une concession du Hamas visant à faire avancer les négociations et à ouvrir la voie à l’arrivée du comité technocratique dans la bande de Gaza, afin qu’il prenne les rênes après des mois d’un vide politique croissant dans cette région », commente le journaliste Hani Mahmoud sur Al Jazeera, avant de souligner que le Hamas ne renonce pas pour autant à son rôle politique ou militaire à Gaza, mais qu’il « se retire de la gestion directe des affaires civiles à Gaza. »

Le président du NCAG, Ali Shaath, s’est déclaré « prêt à assumer ses responsabilités nationales dès que les ressources et les capacités nécessaires seront disponibles », mais on ignore quand il sera autorisé à pénétrer dans l’enclave palestinienne, Israël ayant jusqu’ici bloqué ce processus. 

On ignore à ce jour si cette décision représentera ou non un tournant politique majeur pour le Hamas, mais elle souligne toutefois la volonté du Hamas à faire avancer le plan de paix, et met en exergue les violations israéliennes continues.

« Le Hamas fait savoir à Trump qu’il ne constitue pas un obstacle à son accord de paix, contrairement à Israël, qui bombarde et tue chaque jour », considère le chercheur Khaled Elgindy, sur Middle East Eye.

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