Itamar Ben-Gvir annule son déplacement à New-York sous fond de pression des militants

Le ministre israélien de la Sécurité, interdit d’entrée dans 10 pays occidentaux, a annulé sa visite à New-York cette semaine, alors qu’il se voit visé par une action en justice émise par la Fondation Hind Rajab. 

Par l’Agence Média Palestine, le 7 juillet 2026



Il s’agit là d’une victoire significative et concrète”, se félicite la Fondation Hind Rajab (HRF), alors que plusieurs médias affirment que le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a annulé une visite prévue à New York à la suite des appels à son inculpation lancés par la HRF et le Center for Constitutional Rights (CCR), ainsi que des pressions exercées par la mobilisation populaire organisée par le Mouvement de la jeunesse palestinienne et d’autres groupes.

Depuis des décennies, les dirigeants politiques et militaires israéliens parcourent le monde en s’attendant à bénéficier de l’impunité. Cette époque touche à sa fin”, se félicite la HRF. “La perspective croissante d’une responsabilité juridique a déjà un impact sur leur liberté de mouvement. Lorsqu’un ministre israélien annule un voyage international en raison du risque de faire l’objet d’une enquête pénale, cela démontre que les efforts visant à faire rendre des comptes produisent des résultats tangibles.

Cette affaire fait suite à une lune plainte de la HRF auprès du ministère américain de la Justice, ainsi qu’une lettre exhortant la procureure générale de New York, Letitia James, à ouvrir une enquête sur les violations de la législation de l’État de New York commises par Ben-Gvir et sur ses crimes contre les habitant·es de New York.

Le bureau de Ben-Gvir n’a pas confirmé si la visite avait été annulée en raison de poursuites judiciaires ou de pressions exercées par des militants.

Persona non grata

Le ministre israélien était attendu à New-York au cinquième Sommet des chefs de police des Nations unies (UNCOPS 2026) les 7 et 8 juillet 2026. Le ministre est visé par des interdictions d’entrées dans dix pays occidentaux parmi lesquels le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, la Norvège, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et la France.

Cet opprobre du ministre d’extrème-droite israélien fait notamment suite au traitement violent et largement assumé des membres de la Flottille, traitement exercé sous la fière autorité d’Itamar Ben-Gvir. 

Toutefois, de nombreux·ses observateur·ices estiment que ces condamnations arrivent trop tard, et ne considèrent pas le système dans lequel s’ancre le ministre, ni ses méthodes génocidaires, colonialistes et d’apartheid.

À travers tout le spectre politique israélien, Ben-Gvir est devenu le bouc émissaire idéal pour détourner l’attention de l’ensemble de la politique israélienne, qui diffère très peu de celle de Ben-Gvir en ce qui concerne le traitement des Palestinien·nes”, analyse le journaliste Qassam Muaddi, qui estime que “l’indignation en Israël ne portait pas sur le traitement lui-même, mais plutôt sur le fait que Ben-Gvir l’ait révélé au monde entier, provoquant un embarras international.

“Chaque action en justice ébranle le mur de l’impunité”

La Fondation Hind Rajab se félicite que les pressions qu’elle exerce aient participé à décourager le ministre israélien de se rendre à New-York, estimant avoir fait passer un message clair : “les personnes soupçonnées d’implication dans des atrocités et des crimes de guerre ne peuvent plus partir à l’étranger en pensant échapper à tout risque juridique.

Néanmoins, la décision de Ben-Gvir de ne pas se rendre à New York ne répond pas à l’exigence de justice, affirment les militant·es, qui estiment que la justice doit répondre à leurs demandes et non s’en remettre aux décisions arbitraires du ministre de se rendre ou non à New York.

Plus fondamentalement, cette affaire n’a jamais concerné uniquement Itamar Ben-Gvir”, ajoute le communiqué de la HRF. “Il supervise peut-être la politique de torture des services pénitentiaires israéliens, mais cette torture est perpétrée par des gardiens et des agents pénitentiaires à titre individuel. Ben-Gvir s’est peut-être filmé en train de maltraiter des militants des flottilles du Sumud, mais ces militants ont également été enlevés, détenus illégalement et torturés par des soldats et des policiers israéliens agissant à titre individuel. Ben-Gvir défend peut-être le mouvement des colons illégaux et lui fournit des armes, mais ce sont les colons et les soldats qui les protègent qui mettent en œuvre sur le terrain les politiques israéliennes d’apartheid et de dépossession violente.

La HRF appelle à multiplier les actions en justice afin que le caractère systémique des crimes israéliens puisse être révélé, et pour mettre fin au système d’impunité dont bénéficie Israël.

“Chaque action en justice ébranle le mur de l’impunité. Chaque enquête renforce l’État de droit et étend la portée de la responsabilité. Chaque voyage annulé démontre que la responsabilité n’est plus une notion théorique, mais qu’elle entraîne des conséquences concrètes bien avant le premier jour du procès.”

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