[En images] Procès de Rima Hassan : une séance « hors-norme », aussitôt reportée


Le procès de Rima Hassan, députée européenne franco-palestinienne qui subit en France, selon ses défenseurs, une campagne de dénigrement médiatique, politique et une forme d’acharnement judiciaire, s’est ouvert cet après-midi pour être finalement reporté, à la demande de son avocat.

Par l’Agence Média Palestine, le 7 juillet 2026

Le procès de Rima Hassan, députée européenne franco-palestinienne pour « apologie du terrorisme »  s’est ouvert cet après-midi avan d’être finalement reporté, le tribunal accédant à la demande de l’avocat de l’élue insoumise.

Présente dans la salle d’audience, la journaliste Meriem Laribi, qui a suivi l »audience pour l’Agence Média Palestine, décrit la scène : « Rima Hassan est à la barre avec son keffieh sur les épaules. Le président du tribunal lui rappelle les peines maximales qu’elle encourt lors de ce procès : sept ans de prison, 100 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. »

Rima Hassan n’est représentée que par un seul avocat, Vincent Brenghart. « Le contraste entre les deux bancs est frappant », relève Meriem Laribi, puisqu’en face, les parties civiles sont représentées par pas moins de neuf avocat·es. Le greffier énumère les parties civiles, parmis lesquelles figurent la Licra, L’Organisation juive europééenne (OJE), l’Association contre le racisme et l’antisémitisme, l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), Avocats sans frontières et l’Observatoire juif de France.

À la barre, l’avocat de Rima Hassan estime que les conditions ne sont pas réunies pour tenir ce procès car il a été destinataire tardivement d’un grand nombre de pièces qu’il n’a pas pu traiter dans le temps imparti : « Je ne vois pas, dans ces conditions, comment je peux prendre connaissance de la totalité des pièces. »

L’avocat dénonce aussi la multiplication de constitution de parties civiles à la dernière minute, soulignant que certaines d’entre elles se sont constituées il y a quatre jours et que l’une des pièces ne lui a été soumise qu’hier. Pour ces raisons, il a demandé le renvoi du procès.

En outre, Vincent Brengarth a dénoncé un procès hors-norme, notant la présence dans la salle d’audience de deux magistrats du ministère public, quand un procès habituel ne requiert qu’un seul procureur. L’avocat affirme n’avoir jamais vu cela si ce n’est pour des procès pour crimes contre l’humanité.

La séance suspendue pour délibération, Maître Brengarth affirme : « Nous sommes parfaitement confiants dans ce dossier, nous avons déjà préparé nos arguments. Mais la justice doit nous permettre de prendre connaissance de la totalité des pièces des parties civiles, sans quoi la procédure est inéquitable. »

Il ajoute que rien dans cette procédure n’est ordinaire, à commencer par le fait qu’elle ait lieu : Rima Hassan étant supposément couverte par l’immunité parlementaire. « Une eurodéputée jugée pour une publication, à un moment où la justice manque cruellement de moyens », affirme-t-il, estimant que cette procédure relève d’une intention de « neutraliser politiquement » sa cliente.

Une heure plus tard, le président du tribunal accède à la demande de l’avocat de Rima Hassan de renvoyer le procès. Il se tiendra les 19 et 20 octobre. « Le tribunal fixe deux jours de procès estimant sans doute que le cadre initialement prévu d’une seule journée était sous-dimensionné », explique Meriem Laribi.

Plusieurs centaines de militants en soutien et une poignée de perturbateur.rices

Devant le tribunal correctionnel de Paris, plusieurs centaines de militant·es s’étaient rassemblé·es dès midi pour soutenir Rima Hassan, accusée d’« apologie du terrorisme » pour avoir relayé une citation de Kōzō Okamoto, militant de l’armée rouge japonaise.

Rima Hassan a fait l’objet, depuis le 7 octobre 2023, de 16 plaintes dont 13 procédures classées sans suite, une accumulation qu’elle dénonce comme étant un « harcèlement politico-judiciaire ». En outre, cette dernière affaire a donné lieu à une procédure en tous points exceptionnelle, que l’intéressée qualifie d’« abusive », notamment suite aux révélations par le Canard enchaîné de l’ampleur des moyens policiers mis à disposition de l’enquête, dont le traçage de son téléphone bien au-delà des dates concernées. « Nous sommes dans un réel scandale d’état », affirmait-elle alors.

C’est également ce que dénoncent plus de 200 personnalités signataires d’une tribune parue ce week-end dans l’Humanité, qui estiment que le fait « qu’une élue de la République puisse faire l’objet d’une telle mise en cause pour avoir exprimé des positions politiques relatives à une question internationale majeure révèle l’état de nos libertés publiques. À travers son cas, c’est notre capacité collective à débattre librement, à contester l’ordre établi, à exprimer notre solidarité avec les peuples opprimés et à défendre les principes universels du droit qui se trouve aujourd’hui piétinée ».

Lors du rassemblement de soutien, Jean-Luc Mélenchon ainsi que plusieurs cadres de la France insoumise sont venus soutenir leur collègue, ainsi que des militant·es de la cause palestinienne tenant une banderole clamant que « défendre la Palestine n’est pas un crime ».

Une dizaine de membres du groupe sioniste Nous vivrons a tenté de perturber ce rassemblement. Pris à partie par les militant·es, ils et elles ont rapidement été encerclé.es par la police pour assurer leur protection.


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