9 mois après le “cessez-le-feu” : Israël cible des enfants, des soignants et des humanitaires

Notre point hebdomadaire sur la situation à Gaza, où l’armée israélienne a assassiné plus de 1 100 Palestinien·nes depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu”.

Par l’Agence Média Palestine, le 13 juillet 2026



Tôt ce matin, lundi 13 juillet, une frappe israélienne a ciblé une maison du camp de réfugié·es d’Al-Maghazi, tuant une personne. Une personne a été assassinée ce jour, dans une frappe israélienne ciblant le quartier de Tel Al-Hawa dans la ville de Gaza.

Ces meurtres portent le bilan du “cessez-le-feu”, neuf mois après son entrée en vigueur, à 1 101 Palestinien·nes assassiné·es par Israël.

Des meurtres quasi-quotidiens

Dans la seule journée d’hier, dimanche 12 juillet, l’armée israélienne a assassiné au moins huit Palestinien·nes, dans plusieurs frappes à travers l’enclave assiégée. 

Parmi les victimes figure Tala Abu Matar, une enfant de neuf ans. Les secouristes qui ont acheminé son corps à l’hôpital indiquent qu’elle a été touchée par des tirs israéliens dans le camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza.

Ce dimanche encore, une frappe aérienne contre un atelier de fonderie dans le quartier de Sabra, à Gaza, a fait quatre morts. Des témoins ont indiqué que le site avait été touché par trois missiles israéliens.

L’armée israélienne a reconnu avoir frappé cette zone, affirmant avoir pris pour cible des “infrastructures terroristes”, sans donner de détails ni de preuve pour légitimer cette violation flagrante des termes du cessez-le-feu.

À la suite de cette frappe, les habitant·es de la zone ont reçu des appels téléphoniques de l’armée israélienne leur ordonnant d’évacuer la zone, avant de mener d’autres frappes aériennes sur la zone. La Société du Croissant-Rouge palestinien affirme que ces attaques ont blessé deux Palestinien·nes et provoqué un incendie.

Samedi 11 juillet, un drone israélien a tiré quatre missiles sur un véhicule civil qui circulait sur le pont de Wadi Gaza, tuant une personne et en blessant quatre autres. 

Jeudi 9 juillet, un drone israélien a tiré sur un groupe de civils palestiniens à proximité de Khan Younis, tuant au moins deux personnes et en blessant d’autres. Une troisième personne a été tuée ce jour, également suite à un tir de drone israélien, dans la ville de Gaza. Deux personnes encore ont été assassinées dans une frappe israélienne ciblant le camp de Nuseirat.

Des travailleurs humanitaires assassinés

Mercredi 8 juillet, l’armée israélienne a ciblé un véhicule humanitaire transportant des marchandises depuis le poste-frontière de Karem Abu Salem (appelé Kerem Shalom par les Israéliens) vers un entrepôt à Gaza. La World Central Kitchen (WCK), l’une des principales (et dernières) organisations fournissant de la nourriture aux Palestinien·nes dans le besoin, a déclaré que le conducteur du camion, identifié comme étant Ahmad Nasser Saleem, avait été tué. 

Les livraisons d’aide humanitaire ne devraient jamais être prises pour cible”, a déclaré la WCK dans un communiqué présentant ses condoléances à la famille du conducteur. Elle a indiqué qu’elle attendait d’Israël une enquête approfondie sur cette attaque.

Ce meurtre a e lieu alors que les Gazaoui·es pleuraient la mort, quelques jours plus tôt, du travailleur humanitaire Mohammed al-Wahidi, lui-même palestinien, qui travaillait en tant que responsable des relations publiques du Comité égyptien de secours (ERC) à Gaza.

Il a été tué, en même temps que trois autres personnes parmi lesquelles son frère et sa sœur de 10 et 8 ans, alors qu’ils et elles circulaient dans un véhicule civil dans le quartier de Sabra, à Gaza City.

Dans un communiqué, le ERC présente son ex-collaborateur comme très respecté de la communauté, “qui s’efforçait de résoudre les conflits, de nourrir les plus démuni·es”. Ces dernières semaines, Mohammed al-Wahli organisait des soirées de projection des matchs de la Coupe du monde, proposant de brefs moments de joie à des milliers de supporter·ices de football dans cette l’enclave, ravagée par plus de deux ans de guerre génocidaire menée par Israël.

Mon père a travaillé dur pour offrir un peu de divertissement à la population, aux déplacés, à nous et à tous ceux qui souffrent à Gaza”, déclare son fils, Fawaz, à l’agence de presse Reuters par téléphone. “Il a essayé de leur faire vivre les matchs près de leurs tentes et de leurs abris détruits.

Le système de la santé gazaoui dans le viseur d’Israël

Samedi 10 juillet, une frappe israélienne a ciblé la cour de l’hôpital Kamal Adwan, blessant 3 civils et 3 agents d’entretien. Les témoins rapportent qu’un drone quadricoptère israélien aurait largué un engin explosif à l’intérieur de l’enceinte de l’établissement médical.

Le ministère palestinien de la Santé a condamné cette frappe, la considérant comme “partie intégrante du ciblage systématique des établissements de santé” par Israël, avant d’appeler la communauté internationale à assurer “la protection des établissements de santé et du personnel médical à mettre un terme à ces attaques, et à faire cesser les violations persistantes d’Israël à l’encontre du secteur de la santé.

L’hôpital Kamal Adwan, dernier grand hôpital encore en activité dans le nord de Gaza, est situé dans la soi-disant « zone verte », une zone sous contrôle israélien. Il a été pris pour cible à plusieurs reprises depuis le 7 octobre 2023. Son ancien directeur, Hossam Abou Safiya, est incarcéré par Israël depuis le 27 décembre 2024, où il subit actes de tortures et est privé de soins médicaux.

Le système de santé de Gaza est pratiquement effondré par les bientôt 3 années de génocide perpétré par Israël. Des milliers de Palestinien·nes nécessitent urgemment un traitement médical à l’étranger, mais les restrictions de circulation imposées par Israël ont empêché la grande majorité d’entre eux de quitter la bande de Gaza, aggravant ainsi la crise humanitaire. 

Le blocus illégal imposé par Israël a engendré des pénuries catastrophiques de médicaments, mais aussi de fournitures essentielles et de carburant, empêchant les soignant·es de faire leur travail dans des conditions décentes.

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