Israël veut entourer ses prisons de crocodiles pour qu’ils dévorent les Palestiniens qui tenteraient de fuir

Par l’Agence Média Palestine, le 20 juillet 2026

Israël a récemment modifié le statut légal du crocodile du Nil, ouvrant la voie à un projet porté par le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir : entourer certaines prisons, à commencer par celle de Ketziot, de ces reptiles pour dissuader les évasions. Une décision controversée, prise par la ministre de la Protection de l’environnement Idit Silman.

Des crocodiles pour dévorer les Palestinien•nes qui tenteraient de s’échapper des geôles israéliennes ? C’est ni plus ni moins l’idée avancée par le ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir que l’une de ses collègues est en train de transformer en réalité.

Mi-juillet 2026, la ministre israélienne de la Protection de l’environnement, Idit Silman, a ainsi modifié le statut légal du crocodile du Nil en Israël. Cet animal, jusque-là classé comme espèce sauvage, est désormais considéré comme une « faune élevée en captivité » (ou, selon les traductions, une espèce « soumise à une gestion spéciale »). Ce changement, en apparence technique, ouvre en réalité la porte à un usage bien particulier : le déploiement de crocodiles autour d’établissements pénitentiaires, à des fins de dissuasion contre les évasions.

Cette reclassification a été pensée sur mesure pour répondre à la demande du ministre Itamar Ben Gvir, figure de l’extrême droite messianique israélienne. Selon plusieurs médias israéliens, l’idée remonte à décembre 2025, lors d’une rencontre entre Ben Gvir et le chef de l’administration pénitentiaire, Kobi Yaakobi. Le projet, surnommé de façon informelle « prison aux crocodiles », viserait dans un premier temps la prison de Ketziot, dans le sud du pays, qui détient principalement des prisonnier•ères « de sécurité » palestinien•nes, dont des membres du Hamas.

Les crocodiles proviendraient de la ferme de Hamat Gader, dans le nord d’Israël, et seraient positionnés en périphérie des installations carcérales pour compliquer toute tentative de fuite. Le service pénitentiaire s’est d’ailleurs rendu sur place pour évaluer la faisabilité du projet.

Ben Gvir a salué la décision de Silman sur les réseaux sociaux, publiant une image générée par IA le montrant tenant un crocodile en laisse, accompagnée d’une légende jouant sur l’idée de dissuasion à destination d’éventuels candidats à l’évasion.

Une décision juridiquement contestée au nom de la protection des … crocodiles

Le processus a toutefois été marqué par une forte opposition interne. L’Autorité israélienne de la nature et des parcs s’est opposée au projet dès sa première mouture, rappelant que les animaux sauvages protégés ne peuvent légalement être détenus qu’à des fins éducatives, scientifiques ou d’information du public — pas pour assurer une mission de sécurité. Des responsables de l’Autorité auraient résumé leur position ainsi : il s’agirait de protéger les crocodiles, et non l’inverse, ce qui ne correspondrait pas à l’esprit de la loi.

La conseillère juridique du ministère de la Protection de l’environnement a également mis en garde la ministre Silman, l’informant qu’elle ne disposait pas de l’autorité nécessaire pour valider seule un tel dispositif, faute de fondement légal suffisant. Silman a néanmoins choisi de passer outre cet avis et a fait entrer sa décision en vigueur. Le sujet doit encore être examiné par l’assemblée plénière de l’Autorité de la nature et des parcs, ce qui laisse présager de nouveaux rebondissements.

L’initiative n’est pas sans rappeler le centre de détention pour migrants surnommé « Alligator Alcatraz », construit en Floride dans les Everglades, où la présence de prédateurs naturels dans les marais environnants avait été présentée par les autorités américaines comme un obstacle supplémentaire à toute évasion.

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