69 Palestinien-nes ont été assassiné-es à Gaza par Israël depuis notre dernier point hebdomadaire, marquant une intensification de la brutalité qui s’abat sur la population gazaouie terrassée par le siège illégal imposé par Israël.
Par l’Agence Média Palestine, le 21 juillet 2026

Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, mardi 21 juillet, une frappe israélienne a assassiné une famille de 6 personnes. Firas et Salsabeel al-Masri, mari et femme, ainsi que leur 4 enfants Naeem, Faryal, Salma et Ameera dormaient dans leur domicile de la rue d’al-Thalathini, dans le sud de la ville de Gaza, lorsque la frappe israélienne a mis le feu à l’appartement.
Une vidéo, vérifiée par l’agence de presse Reuters, montre des secouristes s’efforçant d’éteindre l’incendie dans la maison, avant d’en sortir des corps enveloppés dans des linceuls blancs.
« Nous n’avons pas pu sauver nos petits-enfants et nos enfants des flammes et de la dévastation. Environ cinq ou six d’entre eux ont été tués, pour la plupart des enfants et des femmes, sans pitié et sans aucun avertissement préalable », raconte le père de Firas al-Masri, debout devant la maison familiale, au micro d’Al Jazeera. « Il n’y a pas de calme relatif, et il n’y a absolument aucun endroit sûr. »
🚨BREAKING: Entire Palestinian family wiped out in an Israeli strike on Gaza.
— Gaza Notifications (@gazanotice) July 21, 2026
An Israeli airstrike killed an entire family in Gaza today : father Firas Ahmad Al-Masri, his wife Salsabeel, and their four children:
Naeem Firas Al-Masri
Faryal Firas Al-Masri
Salma Firas Al-Masri… pic.twitter.com/vmQ4RtSetR
Depuis ce matin, 6 autres Palestinien-nes ont été assassiné-es dans la bande de Gaza, rapporte l’agence Wafa. Quatre ont été tué-es, et plusieurs autres blessé-es, dans une frappe israélienne ciblant un immeuble résidentiel dans le quartier d’al-Samer, au centre de la ville. Deux ont été tué-es, et d’autres blessé-es encore, lors d’une frappe de drone israélien visant un véhicule dans le quartier d’al-Zahraa.
69 meurtres en une semaine
Ces 12 nouvelles victimes palestiniennes s’ajoutent au lourd bilan des attaques israéliennes, qui n’ont pas cessé depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu” en octobre dernier, et se sont au contraire intensifiées cette semaine, dans un silence médiatique quasi-total.
Entre le 13 et le 20 juillet, au moins 57 Palestinien-nes dont 6 enfants ont été assassiné-es par Israël, dénonçait ce matin lors d’une conférence de presse le porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, Thameen Al-Kheetan, qui affirme que « neuf mois après l’annonce d’un cessez-le-feu, il n’y a toujours aucun endroit sûr pour les Palestiniens à Gaza. »
Thameen Al-Kheetan a détaillé des frappes recensées à proximité mais aussi loin de de “ligne jaune”, et dans des zones densément peuplées. « Le meurtre de civils lors de ces attaques soulève des inquiétudes quant à la persistance de violations du droit international humanitaire, de crimes de guerre et d’autres crimes atroces potentiels à Gaza », affirme-t-il.
Hier, lundi 20 juillet, trois frappes israéliennes distinctes ont causé la mort de 5 Palestinien-nes. Des sources médicales de l’hôpital des Martyrs d’Al-Aqsa, à Deir al-Balah, ont indiqué avoir réceptionné le corp d’un Palestinien tué dans une frappe de drone alors qu’il circulait à vélo sur la route Salah al-Din, au centre de la bande de Gaza.
Au moins deux autres Palestinien-nes ont été tué-es et seize autres blessés ce même 20 juillet, lors d’une frappe israélienne visant l’hôpital Al-Yaman Al-Saeed, transformé en abri pour personnes déplacées à Jabalia, au nord de Gaza. Une autre frappe israélienne, menée par des avions de chasse, a frappé un véhicule à proximité de l’hôpital de campagne UK-Med, dans le camp de réfugié-es d’Al-Mwasi, causant la mort de trois personnes et en blessant plusieurs autres.
Samedi 18 juillet, les frappes israéliennes ont coûté la vie à 10 Palestinien-nes dont au moins 3 enfants. Une première frappe aérienne, ciblant un immeuble d’habitation dans la banlieue de Nasr, à Gaza, a tué cinq membres d’une même famille, dont trois enfants âgés de 8 à 18 ans, a indiqué l’agence de protection civile de Gaza. Six autres personnes ont été blessées lors de cette frappe, dont quatre enfants.
Trois autres personnes ont été tuées ce même jour par des tirs d’artillerie dans le quartier de Zeitoun, à Gaza. Elles ont été transportées au complexe médical Al Shifa, situé dans la partie ouest de la ville dévastée, ont indiqué des secouristes. Les autorités sanitaires ont précisé que deux autres personnes encore avaient été tuées lors d’attaques israéliennes à Gaza.
Un enterrement devient la cible de nouveaux meurtres
Au moins 14 Palestinien-nes ont été assassiné-es vendredi 17 juillet, dont plus de la moitié alors qu’ils participaient à une cérémonie funéraire dans le quartier du marché d’Al-Balata, au sein du camp de réfugiés de Nuseirat.
Des témoins rapporte qu’un drone a pris pour cible des Palestinien-nes en deuil rassemblés devant la mosquée Ahmad Yassin, alors qu’ils et elles attendaient le début du cortège funèbre d’un Palestinien tué plus tôt dans la journée lors d’une autre attaque dans le même quartier. 8 personnes ont été tuées, et 20 autres blessées.
« Ce crime odieux est commis alors que le régime agresseur, par ses violations systématiques et incessantes de l’accord de cessez-le-feu à Gaza, continue de tuer et de terroriser des citoyens innocents sous les yeux des médiateurs et de la communauté internationale », a réagit le Hamas dans un communiqué, tandis qu’Israël confirme avoir mené la frappe tout en affirmant, sans fournir de détail, ni de preuves qu’elle aurait ciblé “un terroriste”.
4 autres Palestinien-nes sont mort-es dans 4 frappes disctinctes ce même jour, près de l’école Abu Tammam à Beit Lahia, dans la ville d’Az-Zawayda au centre de la bande de Gaza, dans un bâtiment abritant des familles de réfugié-es à Nuseirat et dans un appartement de la ville de Gaza. Chacune de ces frappes a fait plusieurs blessé-es.
« Le ciel au-dessus de la bande de Gaza est envahi de drones », rapporte Hani Mahmoud, journaliste à Al Jazeera. « On entend partout le bourdonnement mécanique de ces drones… Sans compter la destruction [israélienne] continue des infrastructures encore debout. »
Jeudi 16 juillet, au moins 5 personnes ont été assassinées par les frappes israéliennes, au nord et à l’est de la ville de Gaza ainsi qu’à Khan Younis. La veille, mercredi 15 juillet, trois membres d’une même famille ont été assassiné-es au cours d’une même frappe, un couple et leur enfant de 6 ans.
« Une menace permanente pour la vie »
Dans son allocution, le porte-parole de l’ONU a également alerté sur le déplacement constant par Israël de sa « ligne jaune » autoproclamée vers l’ouest, laissant la population palestinienne de Gaza « piégée dans une zone qui ne cesse de rétrécir ».
Cette activité militaire israélienne, qui se poursuit malgré l’accord de cessez-le-feu officiellement en vigueur, constitue pour Thameen Al-Kheetan « une menace permanente pour la vie, car l’armée israélienne semble tirer systématiquement sur les Palestiniens pour le simple fait qu’ils se trouvent à proximité de cette ligne, en violation du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».
Dans un communiqué, l’observatoire des droits humains Euro-Med estime qu’Israël, par ses actes, transforme la bande de Gaza en un “camp de la mort plus surpeuplé que celui de Srebrenica” et dénonce l’intention israélienne de déplacement forcé de la population, sous couvert de “migration volontaire”.



