Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 12 au 18 août 2026
Les frappes israéliennes, qui avaient brièvement cessé la semaine passée, ont repris et coûté la vie à 5 Palestinien·nes, dont le chef de la police civile de Gaza.
Par l’Agence Média Palestine, le 18 août 2026

Comme une illustration de la déclaration israélienne du rejet du plan Trump dimanche 9 août, une série de frappes meurtrières a brisé le relatif calme observé la semaine précédente, même si les meurtres israéliens sont restés globalement moins fréquents que ces derniers mois.
La fin de l’accalmie, qui aura donc duré une semaine, est survenue mercredi 12 août, lorsqu’Israël a mené une frappe aérienne ciblant un groupe de civil se déplaçant à bord d’un tuk-tuk à Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza. Cinq personnes ont été blessées et un homme a été tué.
Il s’appelait Mohanad Saada, faisait partie d’un groupe d’ouvriers qui réparaient un mur endommagé par des bombardements israéliens. Les témoins rapportent que son corps a été « déchiqueté » par la violence de l’explosion. Le même jour, un drone israélien a largué une grenade sur un rassemblement de civils, rapporte un secouriste de l’hôpital Nasser, blessant un homme âgé et un enfant.
« Il est vrai que les frappes aériennes et les assassinats israéliens avaient presque entièrement cessé depuis plus d’une semaine, mais aujourd’hui, les forces d’occupation ont repris leurs bombardements aériens », résumait à la fin de cette journée Mahmoud Bassal, porte-parole de la défense civile, dans une déclaration à l’AFP.
Israël assassine le chef de la police civile de Gaza
Le lendemain, jeudi 13 août, un drone israélien a assassiné le chef de la police civile de Gaza, le colonel Jamal Abu Kamil, âgé de 43 ans. Le ministère de l’intérieur de Gaza rapporte que le drone israléien a tiré trois missiles sur son véhicule dans la rue al-Rashid, au sud-ouest de la ville de Gaza, blessant également deux autres personnes.
L’armée israélienne a déclaré avoir pris pour cible Abu Kamil afin de « neutraliser une menace », affirmant, sans fournir de preuves, qu’il s’agissait d’un commandant du Hamas. La police de Gaza a démenti ces allégations, publiant un communiqué indiquant qu’Abu Kamil « s’acquittait de ses fonctions de policier et n’avait aucun lien avec d’autres activités ».
Depuis l’accord de cessez-le-feu d’octobre 2025, l’armée israélienne a multiplié les attaques meurtrières contre la police palestinienne chargée des postes de sécurité, mais aussi des points de contrôle, du maintien de l’ordre et de la protection des biens publics et privés, dans ce que des observateur·ices identifient comme une volonté d’intensifier le chaos qui règne dans l’enclave détruite par bientôt 3 années de guerre génocidaire.
Également dans la journée de jeudi, une frappe israélienne avait visé une moto transportant deux personnes à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, tuant l’une d’entre elles et en blessant gravement l’autre. Des sources palestiniennes affirment qu’il s’agissait bien d’un homme membre du Hamas, argument utilisé par Israël pour justifier l’attaque : pourtant selon les termes du cessez-le-feu en vigueur, les parties doivent s’abstenir de toute attaque, si celle-ci n’est pas motivée par la légitime défense.
Des frappes presque quotidiennes
« Le mot “cessez-le-feu” ne veut pas dire grand-chose tant que l’on entend encore des frappes et que des gens sont tués », résume Mohammed Ayoub, un habitant de Gaza, interrogé par le journal The New Arab. « Nous pensions que ce calme signifiait que la guerre touchait peut-être enfin à sa fin. À présent, nous craignons que les frappes ne reprennent de plus belle. »
Les frappes se sont poursuivies dans les jours suivant, bien qu’à un rythme plus faible qu’il y a deux semaines. Samedi 15 août, une frappe de drone a blessé 3 Palestinien·nes à Deir al-Balah, dont un grièvement, alors que les trois personnes circulaient à moto à proximité de l’hôpital Al Aqsa.
Le lendemain, dimanche 16 août, une frappe israélienne a ciblé un immeuble résidentiel du camp de Nuseirat, blessant plusieurs personnes. Une autre frappe aérienne a ciblé des tentes du camp de réfugié·es de Mawasi, blessant également plusieurs habitant·es.
Dimanche également, le Croissant-Rouge palestinien a annoncé avoir récupéré le corps de Suhail Masoud Shalouf, âgé de 14 ans. Les forces israéliennes lui vaiaent tiré dessus la veille dans la rue al-Tina, au sud de Khan Younis, près de la « ligne jaune », mais les secours n’avaient pas pu l’atteindre.
Lundi 17 août, des sources médicales ont annoncé le décès de Mohammad Adnan Bashir, qui a succombé à ses blessures subies lors d’une frappe israélienne qui avait visé la rue al-Barka à Deir al-Balah.
Enfin, les équipes du Croissant-rouge palestinien ont annoncé avoir retrouvé, dans leur travail de fouilles des décombres, les corps de 21 Palestinien·nes assassiné·es dans les bombardements au cours des mois précédents.



