Presque toute la population de Gaza dans le besoin urgent d’un abri à l’approche du phénomène El Niño

Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 7 au 13 octobre 2026

Par l’Agence Média Palestine, le 13 octobre 2026



La quasi-totalité de la population de Gaza, soit près de deux millions de personnes, a encore besoin d’une aide en matière d’abri un an après l’annonce d’un cessez-le-feu, a alerté vendredi dernier la Directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) Amy Pope.

Après des années de déplacement et de destructions massives, les Palestiniens affrontent un quatrième hiver sans protection suffisante contre les pluies, les inondations et le froid. Or cet hiver risque d’être d’autant plus rude en raison du phénomène climatique El Niño qui devrait entraîner des précipitations plus abondantes, ce qui pourrait fragiliser davantage les bâtiments restants, endommagés peu sûrs, et saturer encore davantage des réseaux d’évacuation des eaux endommagées, exposant les communautés au risque d’inondation et à des épidémies. 

L’ensemble des stocks et approvisionnements en cours les partenaires humanitaires intervenant dans le secteur des abris couvre à peine 17 pour cent des besoins hivernaux identifiés, avertit l’OIM, qui dénonce que quelque 8 600 kits d’abris d’urgence, comprenant du bois, une bâche et quelques matériaux de base, n’ont pas été autorisés par les autorités israéliennes à entrer à Gaza, jugés comme pouvant être à « double usage ».

« Les familles, qui ont déjà subi des déplacements répétés et des pertes dévastatrices, doivent pouvoir affronter l’hiver dans la sécurité et la dignité », a déclaré Amy Pope. « Les matériaux destinés aux abris doivent entrer rapidement, de manière prévisible et à l’échelle requise. » 

Près des deux tiers de l’enclave palestinienne sous occupation ou restriction israéliennes

Dimanche, les troupes israéliennes ont déplacé à nouveau une douzaine de blocs de béton peints en jaune, déplaçant de facto le « Ligne jaune » de plusieurs dizaines de mètres vers l’ouest à Shujayea, au sud-est de la ville de Gaza, forçant des familles palestiniennes à fuir et plaçant une partie supplémentaire du quartier sous contrôle militaire israélien. Cette ligne, établie il y a un an par le plan de « paix », devait être provisoire et précéder le retrait total de l’armée israélienne. Cette dernière l’a au contraire déclarée « nouvelle frontière » et empiète chaque semaine un peu plus sur le territoire palestinien, contraignant les près 2,1 millions d’habitant-es de l’enclave dans un territoire toujours plus restreint. Des images satellites ont par ailleurs montré qu’Israël mène des démolitions massives dans les zones qu’elle occupe.

Le groupe de recherche Forensic Architecture a estimé qu’en décembre 2025, Israël contrôlait 58 % de la bande de Gaza. En mars 2026, l’armée israélienne a transmis aux organisations humanitaires des cartes d’une nouvelle « ligne orange », une zone réglementée située au-delà de la « ligne jaune » où les déplacements humanitaires doivent désormais être coordonnés avec l’armée. Selon l’OCHA, les restrictions couvrent désormais 65 % de la bande de Gaza. Israël a lui-même déclaré contrôler environ 70 % du territoire, a indiqué un responsable de l’ONU au Conseil de sécurité en juin. S’approcher de la « ligne jaune » peut être mortel, car Israël considère (en dehors de tout cadre légal) les zones situées au-delà de cette ligne comme une zone de tir libre, et des Palestinien-nes qui s’en sont approché ont été assassiné-es.

Dans un communiqué, l’observatoire des droits humains EuroMed accuse Israël d’avoir fait de Gaza « le plus grand “ghetto” de l’histoire », laissant les habitant-es « piégé-es dans une zone appauvrie, dépourvue du minimum nécessaire à leur survie, au milieu d’un génocide en cours. » 

« Qualifier Gaza de “plus grand ghetto de l’histoire” reflète une réalité démographique et spatiale sans précédent. Israël concentre délibérément plus de deux millions de personnes dans une zone appauvrie couvrant moins de 30 % de la bande de Gaza, créant ainsi une densité de population étouffante, la plus élevée au monde », explique le communiqué, qui ajoute qu’« Israël utilise la famine comme une arme meurtrière pour anéantir la population, ce qui constitue une violation persistante du droit international et un crime de guerre à part entière. En entravant délibérément l’approvisionnement alimentaire et en empêchant l’entrée de carburant, il a mis hors service les usines de dessalement et les pompes à eau, forçant ainsi des centaines de milliers de personnes à boire de l’eau contaminée. » 

Des attaques israéliennes quotidiennes

Au-delà de ces conditions de vie impossibles, les habitant-es de Gaza continuent de subir presque chaque jour des attaques de l’armée israélienne. Dans la seule journée du mercredi 7 octobre, ces attaques israéliennes ont tué au moins quatre Palestinien-ne, dont un secouriste, et en ont blessé plusieurs autres à travers la bande de Gaza.

Le secouriste assassiné était bénévole à la Défense civile palestinienne, et s’appelait Mohamed Tamous. Il a été tué lors d’une frappe aérienne alors qu’il se rendait au secours de blessé-es près de l’hôpital Kamal Adwan à Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza. Par ailleurs, une frappe de drone israélien dans la ville de Khan Younis, au sud, a tué Hisham Ibrahim Abu Mustafa, âgé de 60 ans, et blessé plusieurs autres personnes, a indiqué l’hôpital Nasser. Al Jazeera rapporte que le corps d’un autre Palestinien, âgé de 17 ans, a également été transporté à l’hôpital Nasser, tué lors d’une frappe de drone israélien dans la zone de Qizan Abu Rashwan, au sud de Khan Younis. Un autre adolescent est décédé ce jour des suites de blessures, subies le mois dernier lorsque les forces israéliennes ont ouvert le feu à l’est de Khan Younis.

La Défense civile de Gaza affirme que 7 Palestinien-nes ont été assassiné-es au cours de la journée du lendemain, jeudi 8 octobre, dont 6 dans la ville de Gaza. Deux personnes ont été tuées lors d’une frappe de drone visant une voiture près de l’hôpital de campagne jordanien, tandis qu’une autre a été tuée lors d’une attaque de drone contre une tente dans un camp de déplacés. Deux personnes encore, une femme et un enfant, ont été tuées et d’autres blessées lorsque des avions israéliens ont bombardé un immeuble résidentiel du quartier de Sabra, et une autre femme a été tuée par des tirs d’artillerie. Une dernière personne a été tuée par des tirs israéliens au sud-est de Deir al-Balah, dans le centre de Gaza.

Alors que la journée de samedi marquait les un an de l’entrée en vigueur officielle du “cessez-le-feu” à Gaza, au moins 8 Palestinien-nes sont mort-es sous le feu israélien, qui n’a en réalité jamais cessé. Shahd Abdul-Razzaq al-Najjar, une enfant de 8 ans, a été assassinée par un drone quadricoptère israélien dans le quartier d’al-Jawazat, à l’ouest de la ville de Gaza. Dans ce même quartier de la ville de Gaza, quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées lors d’un bombardement israélien près du rond-point Haider Abdel Shafi. Un autre Palestinien a été tué lors d’une attaque israélienne par drone dans le quartier de Tuffah, au nord-est de la ville de Gaza. Une autre personne a été tuée dans le nord de la bande de Gaza. Enfin, dans la ville de Khan Younis, au sud, une femme a succombé à ses blessures subies lors d’une attaque israélienne survenue plus tôt dans la journée de samedi.

Dimanche 11 octobre, Jihad al-Ghandour, âgé de sept ans, est décédé dimanche des suites de blessures subies lors d’une autre fusillade survenue près du camp de Jabalia, au nord de la ville de Gaza. Au moins 4 autres Palestinien-nes ont été tué-es ce jour-là par une frappe israélienne alors qu’ils ou elles se trouvaient sur un point de chargement dans le secteur d’Al-Buraq al-Janoubi, à l’ouest de la ville de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. 

Ce matin du mardi 13 octobre, Oussama Ahmad Abed, un enfant de quatre ans, a succombé à ses blessures, subies près de trois semaines plus tôt lors d’un bombardement israélien sur la localité d’al-Zawaïda, dans le centre de la bande de Gaza. L’agence Wafa rapporte également la mort d’un Palestinien ce matin lors d’une frappe menée par un drone israélien dans la rue Al-Mashahra, dans le quartier d’Al-Tuffah. La victime, dont l’identité n’a pas encore été établie, a été tuée sur le coup, et plusieurs autres personnes ont été blessées.




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