Gaza : 37 202 Palestiniens tués par Israël, dont 14 100 enfants

Après 250 jours de bombardements israéliens sur la bande de Gaza, Israël a assassiné plus de 37 124 Palestiniens selon l’OCHA (O).
Par l’Agence Média Palestine, le 13 juin 2024, mis à jour le 17 juin 2024

Une école de l’UNRWA, transformée en abri à Nuseirat dans la zone intermédiaire, aprés avoir été bombardée. 2024 UNRWA Photo

Les massacres israéliens de civils palestiniens assiégés dans la bande de Gaza se poursuivent.

Les bombardements israéliens aériens, terrestres et maritimes continuent, faisant de nouvelles victimes, provoquant des déplacements et la destruction de maisons et d’autres infrastructures civiles. Selon un rapport de l’OCHA du 14 juin 2024, plus de 37 202 Palestiniens ont été tués dans la bande Gaza par l’armée israélienne entre le 7 octobre 2023 et le 14 juin 2024, et plus de 508 en Cisjordanie. Un rapport de l’Unicef du 11 juin dénombrait parmi ces victimes plus de 14 100 enfants. Un rapport de l’ONU, qui sera présenté cette semaine par António Guterres à l’assemblée générale, place Israël sur la liste noire des pays portant atteinte aux enfant, décision saluée par Agnes Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International. On compte également à cette date plus de 84 494 personnes blessées, 1,7 millions de personnes déplacées et 70 000 habitations détruites.

Dans ce même rapport de l’OCHA, des incursions terrestres et des combats intenses sont signalés dans la bande de Gaza, en particulier dans le camp de réfugiés d’Al Nuseirat et à Rafah. Des attaques contre des écoles abritant des personnes déplacées sont également rapportées. Au 5 juin, un communiqué de l’UNRWA annonçait qu’au moins 435 de ses installations abritant des familles déplacées avaient été touchées lors de bombardements. En conséquence, au moins 456 personnes déplacées se réfugiant dans les abris de l’UNRWA (y compris les écoles) ont été tuées, 1 478 blessées et 186 installations différentes de l’UNRWA ont été endommagées depuis le 7 octobre, a rapporté l’Office.

L’attaque du 8 juin 2024 sur sur le camp de réfugiés d’Al Nuseirat, suite à laquelle l’armée d’Israel s’est félicitée d’avoir libéré quatre otages, a tué 274 personnes et fait plus de 689 blessés. Les survivants de ce massacre décrivent des tirs et bombardements indiscriminés sur l’ensemble d’un quartier résidentiel, quand aucun ordre d’évacuation n’avait été donné en amont. La rapporteuse spéciale à l’ONU Francesca P. Albanese dénonce dans un tweet du 8 juin 2024 les intentions génocidaires de l’armée d’Israël à travers cette attaque, affirmant qu’« Israël a utilisé des otages pour légitimer le fait de tuer, blesser, mutiler, affamer et traumatiser les Palestiniens de Gaza. Tout en intensifiant la violence contre les Palestiniens dans le reste du territoire occupé et en Israël. »

Ce nouveau carnage a exacerbé encore l’affluence dans les hôpitaux déjà saturés, en particulier les hôpitaux Al Aqsa et Al Awda à Deir al Balah, et le complexe médical Nasser à Khan Younis. Une mission inter-agences de l’ONU à l’hôpital Al Aqsa le 8 juin a souligné que l’hôpital accueillait environ 700 patients, soit près de cinq fois sa capacité d’accueil avant la guerre, alors qu’il ne dispose plus que d’un seul générateur d’électricité.

Les pénuries de carburant continuent de perturber gravement l’accès des populations à l’eau et le fonctionnement des installations sanitaires vitales dans la bande de Gaza, aggravant l’impact des coupures d’électricité prolongées et des dommages causés aux infrastructures. Depuis le 10 juin, l’intensification des attaques et des opérations militaires à Rafah a forcé le déplacement d’environ un million de personnes, aggravant la crise humanitaire et déstabilisant considérablement les flux d’aide humanitaire. Le risque de famine s’aggrave encore dans la zone, comme l’alertait déjà cet article du 3 juin 2024.

Le 11 juin, le Programme alimentaire mondial (PAM) a alerté que ses opérations d’aide étaient encore gravement affectées par l’escalade des combats, et réitéré son besoin d’urgence « d’un accès régulier, de la capacité de transporter l’aide en toute sécurité et de l’arrêt des combats ». Les agences de lONU avertissent également quel seuls deux centres de stabilisation pour enfants souffrant de malnutrition sévère sont encore opérationnels dans la bande de Gaza, alors qu’une famine catastrophique frappe une grande partie de la population.

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