Il y a une semaine, Netanyahu annonçait l’invasion imminente de la ville de Gaza-city, zone la plus densément peuplée de l’enclave palestinienne. Une semaine plus tard, alors que les massacres continuent, Netanyahu poursuit sa longue litanie de déclarations guerrières. De l’autre côté de la Méditerranée, les diplomaties européennes font pâle figure.
Par l’Agence Média Palestine, le 14 août 2025.

Occuper la ville de Gaza, puis l’entièreté de l’enclave palestinienne. Voilà le nouveau plan militaire annoncé la semaine dernière par le gouvernement israélien. Une déclaration d’occupation d’un territoire entier en violation totale du droit international, qui a pourtant suscité peu de réactions concrètes derrière les indignations de façade, notamment dans les grandes forces diplomatiques de l’Union européenne.
Les réactions européennes suite aux annonces de Netanyahu
Plusieurs poids lourds de l’Union européenne ont réagi en fin de semaine dernière après l’annonce de Netanyahu de son plan d’occupation totale de la bande de Gaza. La France par exemple, à travers la voix de son ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, a condamné le plan d’occupation : “De telles actions constitueraient une série de violations du droit international et mèneraient à une impasse.” “ Elles compromettraient les aspirations légitimes des Palestiniens à vivre en paix dans un État viable, souverain et contigu, et constitueraient une menace pour la stabilité régionale.”
Même condamnation outre-Rhin, où le chancelier Friedrich Merz a annoncé la suspension des exportations d’armes vers Israël : “Dans ces circonstances, le gouvernement allemand n’autorisera aucune exportation d’équipements militaires susceptibles d’être utilisés dans la bande de Gaza jusqu’à nouvel ordre.”
Pourtant, derrière ces condamnations de principe, peu de leviers réels d’actions sont utilisés. Les sanctions restent superficielles. En Allemagne d’ailleurs, la livraison d’un sous-marin au régime israélien aurait été approuvé d’après le journal berlinois taz, malgré les annonces du chancelier quelques jours plus tôt. En France, aucune nouvelle mesure ou sanction n’a été prise depuis les annonces de Netanyahu
Du côté de la diplomatie européenne, Ursula Von der Leyen, s’est elle aussi contentée d’une simple mise en garde, comme elle en a déjà beaucoup fait sans actions concrètes ces derniers mois : “La décision du gouvernement israélien d’extension de ses opérations militaires à Gaza doit être reconsidéré”.
Des petits pays européens haussent le ton face à la tiédeur de l’Union européenne
Des pays européens au poids diplomatique plus restreint comme l’Irlande ou encore l’Espagne ont déjà à de multiples reprises condamner le génocide israélien, et ce bien avant des pays comme la France. C’est le cas aussi de la Slovénie, qui a décidé de prendre des mesures unilatérales à l’encontre d’Israël, au début du mois d’août.
Dans un communiqué diffusé par le gouvernement slovène, les termes sont posés : “Les habitants de Gaza meurent parce que l’aide humanitaire leur est systématiquement refusée. Ils meurent sous les décombres, sans accès à l’eau potable, à la nourriture et aux soins médicaux de base. Il est du devoir de tout Etat responsable d’agir”. La Slovénie a dès lors décidé d’interdire le commerce d’armes avec Israël et a sommé l’Union européenne de faire de même. Le gouvernement slovène avait déjà interdit il y a peu l’accès au territoire national à deux ministres israéliens d’extrême-droite, les accusant d’inciter “à une violence extrême” avec “leurs déclarations génocidaires”.
A la mi-juillet 2025, les représentants des affaires étrangères des pays membres de l’Union européenne s’étaient réunis pour trancher sur une dizaine de sanctions à mettre en place contre le régime israélien. Au terme de cette réunion, aucune mesure de rétorsion n’avait été votée.



