Alors que la communauté internationale reconnaît en grande majorité l’État Palestinien, Israël accélère exponentiellement sa colonisation, et la pression ne cesse d’augmenter sur la population palestinienne de Jerusalem-Est occupée.
Par l’Agence Média Palestine, le 23 septembre 2025

Ce matin, un Palestinien a été blessé par balle par les forces israéliennes à Wadi al-Hummus, une zone proche du quartier de Sur Baher à Jérusalem-Est occupée, selon l’agence de presse Wafa. Citant une source sécuritaire, l’agence a rapporté que l’homme avait été transféré à l’hôpital avec une blessure au pied après que les forces israéliennes aient tiré sur un groupe de Palestiniens.
Les Palestiniens considèrent Jérusalem-Est comme la capitale de leur État, conformément aux résolutions de l’ONU qui rejettent l’occupation de la ville par Israël en 1967 et son annexion en 1980. Les territoires environnant Jerusalem-est sont pourtant au cœur du projet israélien E1, réclamé depuis des années par les colons et désormais officiellement ratifié par le premier ministre Benjamin Netanyahu.
Jerusalem-Est encerclée
Ce projet de colonie aura pour effet principal d’isoler Jerusalem du reste de la Cisjordanie, et sa ratification constitue une réponse aussi claire que méprisante aux déclarations de reconnaissance de la Palestine et aux appels de la Cour de Justice Internationale à ce que cessent les crimes d’occupation.
En outre, la colonie E1 permettra à l’Etat hébreu de relier le district de Jérusalem à la colonie illégale de Maale Adumim, une des plus peuplées de Cisjordanie. « Ce plan, c’est une manière de montrer que dans la projection territoriale d’Israël, il y a l’idée d’une annexion d’une grande partie de la Cisjordanie à partir de cette extension », analyse David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Iris et spécialiste du Proche-Orient.
Si l’annonce du plan E1 n’a pas empêché les États membres de l’ONU de procéder hier à leur fameuse déclaration de reconnaissance, l’inverse est aussi valable, et les Palestinien-nes de Jerusalem continuent de subir la pression des forces israéliennes.
La semaine passée, quelques jours après l’annonce de Netanyahu de la mise en place du plan E1, Israël encercle Jérusalem-Est occupée avec des postes de contrôle militaires et des portes en fer, avec 88 barrières érigées à l’intérieur de la ville et ses environs, constituant une « violation flagrante du droit humain à la liberté de circulation », dénonce un communiqué du bureau du gouverneur de Jerusalem.
Le communiqué ajoute que les barrières israéliennes font partie d’une « politique systématique visant à isoler la ville de son environnement palestinien et à soumettre ses habitants à un système répressif de discrimination et de ségrégation », accusant Israël d’« intensifier ses crimes visant à judaïser Jérusalem occupée et à effacer son identité arabe et islamique ».
Un permis spécial pour circuler
« Ces portes en fer, désormais nombreuses, sont codées par couleur, des symboles que nous devons comprendre pour rester en vie », raconte Khalil Assali dans The Jerusalem Sotry. « Les portes jaunes sont généralement ouvertes, sauf si le commandant militaire de la zone en décide autrement. (…) Les portes orange sont fermées la plupart du temps et ne sont ouvertes qu’à des fins de sécurité. Des portes similaires peintes en vert permettent le passage, mais uniquement avec un permis spécial. Les portes en fer bleu ou noir signifient que la zone est une zone militaire fermée, interdite d’accès. Il vaut mieux s’en éloigner avant que votre âme ne soit contrainte de quitter votre corps. »
Les habitant-es de Jerusalem ne voient en ces barrières que le début d’un isolement qui sera de plus en plus ferme. Hier, l’agence de presse palestinienne Wafa a rapporté que les habitants du quartier d’al-Khalayleh et des villages de Beit Iksa et Nabi Samuel, au nord-ouest de Jérusalem-Est occupée, se verront interdire le passage du poste de contrôle militaire israélien s’ils ne sont pas en possession d’un permis.
La clause trois du nouveau permis autorise son titulaire à entrer en Israël, mais uniquement dans le lieu désigné et dans le but désigné, ce qui revient à une déclaration d’annexion en classant ces zones comme territoire israélien.
Ces trois communautés, qui comptent environ 3 000 habitants, souffrent déjà d’un isolement quasi total en raison du mur de séparation, des postes de contrôle militaires et des barrières qui les entourent. Les habitant-es ne peuvent ni agrandir leurs logements ni faire entrer des fournitures essentielles, tandis que les colonies israéliennes illégales voisines bloquent leur développement urbain.


