Gaza, jour 773 : la résolution de l’ONU accueillie avec « un scepticisme écrasant » par les Gazaoui·es

Israël procède à des frappes aériennes quotidiennes à Gaza, où les Palestinien·nes continuent d’endurer les conséquences dramatiques du blocus de l’aide humanitaire, aggravées encore par l’arrivée de l’hiver.

Par l’Agence Média Palestine, le 18 novembre 2025



Si l’Autorité palestinienne (AP) a salué la résolution états-unienne votée par l’ONU cette nuit, les habitant·es de Gaza semblent peu convaincu·es, alors que leurs conditions de vie ne se sont guère améliorées depuis l’instauration du “ cessez-le-feu “ il y a un mois.

En effet, si la résolution pose clairement le droit des Palestinien·nes à l’autodétermination et à la création d’un État, Israël a déclaré à de nombreuses reprises qu’il s’y opposerait totalement, laissant craindre qu’il ne respectera pas cette résolution, pas plus que le « cessez-le-feu » au cours duquel au moins 266 Palestinien·nes ont été assassiné·es et 622 autres blessé·es par Israël.

« À Gaza, cette résolution de l’ONU suscite un scepticisme écrasant et, dans de nombreux cas, une réaction profondément négative », rapporte le journaliste Tareq Abu Azzoum, depuis la ville de Gaza pour Al Jazeera. « Pour les habitants, l’idée d’une force internationale de stabilisation n’est pas considérée comme une garantie de protection, mais plutôt comme un dispositif de sécurité étranger imposé sans leur consentement. »

De son côté, le Hamas déclare que le plan « ne répond pas aux exigences palestiniennes », et que le fait de désigner une force internationale pour désarmer les groupes de résistance à Gaza « la prive de sa neutralité et la transforme en partie au conflit en faveur de l’occupation ».

Des attaques israéliennes incessantes

Les habitant·es de la bande de Gaza rapportent une activité aérienne israélienne constante, dont témoigne le bourdonnement permanent des drones et avions qu’ils entendent. Des bombardements sont entendus dans l’est de la ville de Gaza et à l’est de Khan Younis.

Ce matin encore, des frappes aériennes et des démolitions sont rapportées dans l’ensemble de la bande de Gaza. La plupart semblent avoir eu lieu au-delà de la ‘ ligne jaune ’, dans des zones sous contrôle militaire israélien, amenuisant encore les perspectives de retour pour les Palestinien·nes originaires de ces zones, qui représentent plus de la moitié de l’enclave.

Outre ces destructions, Israël assassine des Palestinien·nes accusés de s’être approchés ou d’avoir franchi la ligne jaune, qui, selon les Palestinien·nes, n’est souvent ni marquée ni clairement visible. C’est le cas de deux meurtres perpétrés hier par les soldat·es israélien·nes, qui affirment sans fournir de preuves que les deux hommes concernés représentaient une menace.

Un Palestinien a été blessé ce matin par l’un de ces drones, au sud de l’enclave près de Khan Younis, dans une zone non contrôlée par Israël. De nombreuses attaques sont rapportées à l’intérieur même des zones palestiniennes, où des milliers de civils ont été déplacés.

Hier soir dans la ville de Gaza, ces mêmes drones israéliens ont largué des grenades sur les portes d’abris gérés par l’ONU dans le quartier de Tuffah, ainsi que sur une école abritant des familles déplacées dans le quartier de Daraj. Au moins 13 personnes ont été blessées et transférées à l’hôpital arabe al-Ahli.

Dimanche, ce sont trois Palestinien·nes qui ont été assassiné·es dans un bombardement israélien à l’est de Khna Younis. Le même jour, Israël a également frappé le quartier de Zeitoun à Gaza et des zones proches de la ville méridionale de Rafah.

Le blocus israélien laisse les Palestinien·nes démuni·es face à l’hiver

Depuis vendredi, l’enclave palestinienne est confrontée à une menace supplémentaire : celle de la pluie, qui s’est violemment abattue sur les campements de fortune et les bâtiments partiellement détruits, submergeant les uns et augmentant le risque d’effondrement des autres.

Le bureau des médias du gouvernement de Gaza a déclaré dans un communiqué publié sur Telegram que « des dizaines de milliers » de tentes ont été emportées par cette première grande tempête hivernale de la saison qui a frappé la région il y a quelques jours.

« 288 000 familles palestiniennes vivent une tragédie terrible dans des conditions climatiques difficiles », annonce le communiqué, qui reproche à Israël de ne pas avoir autorisé la mise en place d’abris temporaires suffisants pour loger les personnes rendues sans abri par sa campagne génocidaire de bombardements intensifs qui dure depuis deux ans.

Les organismes humanitaires avertissent depuis des semaines que les Palestinien·nes vivant dans des camps de tentes et autres abris de fortune ne disposent pas du nécessaire pour supporter les conditions hivernales rigoureuses dans l’enclave côtière. L’UNRWA a annoncé à plusieurs reprises disposer du matériel nécéssaire pour aider 1,3 millions de Palestinien·nes démunies, mais ce matériel n’est pas autorisé par Israël à pénétrer l’enclave.

« Je pleure depuis ce matin », a déclaré à Al Jazeera une mère palestinienne depuis la ville de Gaza, en montrant la tente de sa famille inondée. « Je demande de l’aide pour obtenir une tente convenable, un matelas et une couverture. Je veux que mes enfants aient des vêtements adaptés. Je n’ai personne vers qui me tourner… Il n’y a personne pour m’aider. »

La vulnérabilité au froid et l’exposition à des eaux stagnantes, couplées à la malnutrition généralisée et à un système de soin largement affaibli par le blocus israélien et ses destructions systématiques des bâtiments hospitaliers, laisse à craindre la propagation d’épidémies qui pourraient être fatales.

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