L’armée israélienne poursuit depuis mercredi dernier sa violente offensive dans le nord de la Cisjordanie, paralysant la vie des habitant-es.
Par l’Agence Média Palestine, le 1er décembre 2025

L’offensive israélienne lancée mercredi dans le gouvernorat de Tubas, dans le nord de la Cisjordanie occupée, continue de causer des destructions massives. Après s’être retiré-es vendredi des camps de réfugié-es de Tammun et Far’a, les soldat-es israélien-nes ont déplacé leurs raids vers la ville de Tubas, ainsi que vers les villages voisins d’Aqqaba et Tayaseer.
Samedi 29 novembre, le Croissant Rouge palestinien alertait sur le fait que les forces israéliennes avaient blessé plus de 200 Palestinien-nes, dont 78 ont dû être hospitalisé-es. La brutalité des raids n’a pas cessé depuis.
Si la province de Tubas avait déjà subi des dizaines de raids au cours des deux dernières années, le maire de Tammun estimait ce week-end sur Al Jazeera que l’agression en cours était la pire en termes d’ampleur, de destruction et de violence.
Ces attaques ont placé les villes et villages du gouvernorat sous état de siège, ce que dénonce Ameer, coordinateur de projet pour une organisation partenaire de Save the Children : « Ce qui se passe actuellement dans la région de Tubas est une attaque systématique des forces israéliennes et la poursuite de la politique de punition collective du gouvernement israélien. Cette opération prive les enfants des services et des fournitures essentiels dont ils dépendent et dont ils ont besoin, notamment l’éducation et les services de santé. Tous les enfants de ces régions sont privés de leur droit à l’éducation. »
« Parallèlement, dans ces régions, les infrastructures publiques telles que les routes et les services publics sont détruites, ce qui retardera et empêchera la communauté de se remettre facilement une fois que les forces israéliennes se seront retirées de la région dans les semaines et les mois à venir, brisant ainsi leur sentiment de normalité. »
Plus de 1,5 km de routes ont été détruites, les réseaux d’approvisionnement en eau détruits, des propriétés privées vandalisées et des personnes sévèrement battues, reproduisant le schéma de précédentes attaques militaires israéliennes majeures menées à travers la Cisjordanie occupée.
Au moins 200 Palestinien-es ont également été arrêté-es au cours des quatre premiers jours de l’offensive. Parmi elles et eux figurent des enfants. La plupart ont été interrogé-es sur place puis relâché-es, mais au moins huit personnes ont été arrêtées et emmenées dans des prisons militaires israéliennes.
Colons et militaires israéliens redoublent de violence
Si la majorité des violences israéliennes s’est concentrée dans cette opération sur le gouvernorat de Tubas, des raids brutaux sont rapportés dans l’ensemble de la Cisjordanie occupée. Hier, les militaires israélien-nes ont pris d’assaut les villes d’Aqraba, au sud de Naplouse, et de Sebastia, au nord-ouest de la Cisjordanie occupée, selon les médias locaux qui rapportent des raids brutaux et des arrestations arbitraires.
Les soldats israéliens ont établi un poste de contrôle au nord de Naplouse, arrêtant les voitures, fouillant les véhicules et interrogeant les passagers, ce qui a aggravé les restrictions déjà sévères imposées aux déplacements des Palestinien-nes entre les villes et villages voisins.
À Qalqilya, l’agence de presse Wafa rapporte qu’un nouveau poste de contrôle a été installé à l’entrée est de la ville dimanche soir. Les soldats ont arrêté les automobilistes, vérifié leurs cartes d’identité et procédé à des fouilles approfondies, provoquant de longs retards et un important embouteillage qui a duré plusieurs heures.
En parallèle de ces raids militaires et barrages routiers qui étouffent les Palestinien-nes, les colons israéliens mènent chaque jour des attaques contre les communautés palestiniennes et leurs soutiens.
Dimanche 30 novembre, des colons israéliens ont mené une attaque contre un puits d’eau à l’est de Ramallah, coupant totalement l’approvisionnement en eau de plusieurs communautés palestiniennes, comme le rapporte l’Autorité de l’eau de Jérusalem.
Cet incident renforce les craintes de voir s’intensifier les attaques visant les infrastructures essentielles pour les communautés palestiniennes, alors que l’accès à l’eau en Cisjordanie occupée continue de se réduire sous l’effet de la violence croissante des colons israéliens et de la protection militaire.
L’AFP rapporte que quatre militant-es internationales-aux ont été agressé-es en pleine nuit par des colons, alors qu’ils et elles séjournaient dans la région de Duyuk près de Jéricho. L’une d’elles raconte : « Nous dormions la nuit […], dix colons masqués sont arrivés, deux avaient des armes à feu, certains des bâtons ». « Ils m’ont donné plusieurs coups au visage, aux côtes, à la hanche. » « Cela a duré environ 10 à 15 minutes. Ensuite, ils ont pris toutes nos affaires. Ils ont volé mon passeport, mon téléphone, mon portefeuille, mes cartes bancaires, puis ils sont partis. »
Depuis le début de l’année 2025, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a recensé plus de 1 600 attaques perpétrées par des colons contre des Palestinien-nes, touchant plus de 270 communautés à travers la Cisjordanie, principalement dans les gouvernorats de Ramallah, de Naplouse et d’Hébron (Al Khalil).Ces attaques ont fait plus de 1 000 blessé-es parmi les Palestinien-nes. 70 % ont été directement blessés par les colons, quand les autres ont été victimes des forces armées israéliennes ou d’une autre cause.
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