Israël continue de museler la presse palestinienne et internationale pour les empêcher de témoigner sur la guerre génocidaire menée contre les Palestinien-nes de Gaza.
Par l’Agence Média Palestine, le 27 janvier 2026

Alors que le corps du dernier otage israélien détenu à Gaza a été rapatrié par l’armée israélienne et que le poste-frontière de Rafah devrait être partiellement réouvert, le gouvernement israélien a déclaré qu’il n’autoriserait pas les journalistes étrangers à entrer à Gaza.
Cette décision a été prise lors d’une audience concernant une requête déposée 16 mois plus tôt par l’Association de la presse étrangère en Israël (FPA), exigeant que les journalistes soient autorisés à entrer dans la bande de Gaza.
Après neuf reports de procédure, la Cour suprême israélienne a invoqué des éléments “secret défense” qui n’ont pas été communiqués aux parties, avant de reporter à nouveau son jugement, accordant dans les faits deux mois supplémentaires à l’armée israélienne pour maintenir son blocus de la bande de Gaza à la presse internationale.
Reporter Sans Frontières (RSF) dénonce un “déni de justice pour tous ceux qui, dans cette procédure et au-delà, demandent la relève des journalistes palestiniens et craignent pour la détérioration des standards démocratiques en Israël.”
L’interdiction contre Al Jazeera prolongée de 90 jours
La veille, Israël a prolongé de 90 jours supplémentaires la fermeture des bureaux et l’interdiction d’exercer ses activités dans le pays à la chaîne d’information Al Jazeera Media Network.
L’arrêté, signé dimanche par le ministre israélien des Communications Shlomo Karahi et annoncé, interdit également aux sociétés de radiodiffusion et d’Internet, ainsi qu’à YouTube, de fournir leurs services à la chaîne en Israël.
Cet arrêté est pris en vertu d’une loi d’urgence adoptée en 2024 par le Parlement israélien, autorisant la fermeture temporaire des chaînes étrangères considérées comme une “menace pour la sécurité nationale”.
Cette loi accorde au ministre des Communications et au Premier ministre le pouvoir de fermer les chaînes étrangères et de confisquer leur matériel sans décision judiciaire, que l’état d’urgence ait été déclaré ou non.
En décembre, la Knesset a approuvé la conversion de cette loi en législation permanente, prolongeant les restrictions pour deux années supplémentaires.
Dans une déclaration à la presse hier, la directrice du Comité international pour la protection des journalistes (CPJ), Jodie Ginsberg, accuse Israël de museler les voix afin de dissimuler le génocide qu’il commet à Gaza, en interdisant l’accès à la presse et en tuant des journalistes.
Gaza, l’endroit “le plus dangereux au monde” pour les journalistes
Dimanche, le commissaire général de l’UNRWA Philippe Lazzarini a qualifié Gaza d’endroit le plus dangereux au monde pour les journalistes et les travailleurs humanitaires.
Dans un communiqué publié sur le site officiel de l’agence, Lazzarini ajoute que le fait d’empêcher les journalistes d’entrer à Gaza renforçait les campagnes de désinformation et les discours extrémistes. “Les journalistes palestinien-nes sont nos yeux et nos oreilles pour couvrir les horreurs de la guerre à Gaza. Ils et elles nous transmettent une image humaine forte et travaillent avec bravoure et courage malgré toutes les difficultés.”
L’UNRWA souligne que les journalistes travaillent aux côtés des travailleur-euses humanitaires, ajoutant que le fait d’empêcher les journalistes d’entrer à Gaza visait à discréditer les témoignages de première main et ceux des organisations humanitaires internationales, ainsi qu’à déshumaniser les Palestinien-nes.
Depuis le début de sa guerre génocidaire à Gaza, Israël a assassiné au moins 259 journalistes, selon le décompte du Syndicat des journalistes palestiniens. Outre les travailleur-euses de la presse, l’armée israélienne cible également les familles des journalistes ainsi que leurs bureaux.



