Le mois de ramadan qui débute coïncide avec une intensification des attaques des forces israéliennes et des colons à l’encontre des Palestinien-nes de Cisjordanie.
Par l’Agence Média Palestine, le 23 février 2026

Le 20 février dernier au matin, premier vendredi du mois sacré de ramadan, le premier ministre israélien Ben Gvir a effectué une visite sur l’esplanade des mosquées d’Al-Aqsa, alors que son accès est restreint pour des milliers de musulman-es palestinien-nes.
Des images diffusées montrent Ben-Gvir entrant par la porte marocaine, accompagné du commissaire de police israélien Daniel Levy et du commandant de la police du district de Jérusalem, Avshalom Peled. Il a tenu des propos incendiaires contre les Palestinien-nes devant les policier-es israélien-nes, rapporte l’agence de presse Wafa.
Cette année encore, le mois de ramadan s’accompagne de restrictions israéliennes qui entravent le droit des Palestinien-nes d’exercer leur foi. La semaine dernière déjà, les autorités israéliennes ont annoncé une série de mesures excluant de nombreux fidèles, et on observe depuis mercredi dernier de nombreuses restrictions supplémentaires, accompagnées d’arrestations et de violences.
Plus de 100 arrestations
Selon un communiqué du Club des prisonnier.es palestinien-nes paru hier, plus de 100 Palestinien-nes ont été arrêté-es en Cisjordanie depuis le début du ramadan mercredi dernier.
Parmi elles et eux se trouvent des femmes et des enfants, précise le Club des prisonnier-es, qui dénonce “des passages à tabac violents, des actes de terrorisme orchestrés à l’encontre des détenus et de leurs familles, ainsi que par des actes de sabotage et de destruction généralisés des domiciles des citoyens, et la confiscation de véhicules, d’argent et de bijoux en or.”
Nombre de ces détenu-es sont originaires de Jérusalem se sont vu interdire l’accès à la mosquée Al-Aqsa avant d’être soumis à des interrogatoires. Mais les arrestations ont eu lieu dans l’ensemble de la Cisjordanie, précise le groupe palestinien, qui dénonce aussi de nombreuses attaques de colons israéliens.
“Cette campagne d’arrestations coïncide avec l’annonce par Israël d’une intensification des détentions pendant le ramadan, les récentes attaques des colons servant de prétexte à des arrestations massives dans la plupart des gouvernorats de Cisjordanie, y compris Jérusalem. “
Le Club des prisonnier-es palestinien-nes affirme qu’Israël exploite ces campagnes de détention pour étendre ses activités de colonisation en Cisjordanie, les colons servant d’outil essentiel pour imposer une nouvelle réalité, en particulier à la suite des décisions visant à l’annexion de facto.
Célébrations interdites
Parallèlement à cette campagne d’arrestations, les autorités israéliennes imposent aux Palestinien-nes de Cisjordanie, et de Jérusalem-Est occupée en particulier, des restrictions strictes de toute célébration.
Les décorations traditionnelles liées au Ramadan ont été interdites à Jérusalem, ainsi que diverses autres traditions. Dans le quartier de Wadi al-Joz, les forces de police israéliennes ont empêché un jeune Jérusalémite de pratiquer la tradition du ramadan du musaharati, une coutume que le jeune homme perpétuait depuis plusieurs années.
Le musaharati est un personnage traditionnel du ramadan qui parcourt les quartiers tard dans la nuit, en frappant sur un tambour et en appelant les habitant-es pour les réveiller pour le suhoor, le repas pris avant l’aube.
Mercredi soir, les autorités d’occupation israéliennes ont refusé l’entrée des repas de l’iftar, y compris ceux destinés aux employés du département islamique du Waqf, privant l’ensemble des fidèles de la possibilité de de rompre leur jeûne dans les cours de la mosquée Al-Aqsa.
Restrictions de l’accès à la mosquée d’Al-Asqa
De nombreuses restrictions sont imposées aux Palestinien-nes venu-es de l’ensemble de la Cisjordanie pour prier à la mosqué d’Al-Aqsa, troisième lieu saint de l’Islam. Les autorités israéliennes ont déclaré vendredi qu’elles n’autoriseraient pas plus de 10 000 Palestinien-nes de Cisjordanie occupée à entrer, soit une fraction du nombre habituel de visiteur-euses.
Les autorités israéliennes ont également émis plus de 250 interdictions d’accès à la mosquée d’Al-Aqsa, après avoir arrêté son imam quelques jours avant le ramadan, le 16 février et imposé une limite d’âge excluant les fidèles entre 12 et 50 ans (55 pour les hommes).
“Il y a 3,3 millions de personnes en Cisjordanie occupée… donc n’autoriser que 10 000 personnes à prier ce premier vendredi du ramadan, c’est une goutte d’eau dans l’océan, et seule une poignée d’entre elles ont pu y accéder”, a rapporté la journaliste d’Al Jazeera Nour Odeh, depuis le poste de contrôle de Qalandiya.
Malgré ces restrictions sans précédent, près de 100 000 fidèles étaient rassemblé-es vendredi soir dans l’enceinte de la mosquée pour accomplir les prières Isha et Tarawih, marquant ainsi les rituels nocturnes du mois de jeûne du ramadan.
Violation de la liberté de culte
Dans une déclaration, le gouvernorat de Jérusalem a mis en garde contre ces restrictions systématiques aux fidèles des gouvernorats de Cisjordanie pendant le mois du ramadan, les qualifiant de violation flagrante de la liberté de culte garantie par les chartes et les lois internationales, et d’une tentative de transformer un droit religieux inhérent en un privilège soumis à des conditions de sécurité.
Ces mesures font partie intégrante d’un plan visant à “dépalestiniser Jérusalem” et à l’isoler de son environnement palestinien, a dénoncé le gouvernorat, ajoutant que de telles actions visaient à imposer un fait accompli sur le terrain, sapant ainsi le statut historique et juridique actuel de la mosquée Al-Aqsa.
Il a qualifié ces actions d’« ingérence flagrante dans les affaires palestiniennes » et d’atteinte directe à l’autorité du département islamique du Waqf, qui supervise la mosquée.
Ces restrictions s’accompagnent d’une violence accrue des colons israéliens, qui multiplient leurs attaques à travers la Cisjordanie. Tôt ce matin, des colons ont incendié la mosquée Abu Bakr al-Siddiq, située entre les villes de Sarra et Tell, à l’ouest de Naplouse, après avoir aspergé son entrée d’un produit inflammable.
Des sources locales ajoutent que les colons ont également écrit des slogans racistes hostiles aux Arabes et aux musulman-es sur les murs de la mosquée.



