Par l’Agence Média Palestine, le 24 février 2026
Vous trouverez ci-dessous une synthèse des faits marquants de la semaine du 17 au 24 février 2026 qui se sont déroulés en Cisjordanie occupée.

Une mosquée incendiée et une église attaquée par des colons
Le 23 février 2026 au matin, des colons ont incendié la mosquée Abou Bakr al-Siddiq, à l’ouest de Naplouse, et ont inscrit des slogans racistes sur ses murs. Ils ont déversé un produit inflammable à l’entrée de la mosquée et ont inscrit des tags racistes hostiles aux Arabes et aux musulmans sur les murs.
Un journaliste de l’AFP sur place a vu des tapis brûlés, des portes d’entrée fracturées ainsi que des murs et des fenêtres noircis par le feu, mais sans dommages structurels, l’incendie ne s’étant pas propagé à l’ensemble du bâtiment. « L’incendie d’une partie de la mosquée démontre clairement le degré de barbarie atteint par la machine israélienne d’incitation au racisme concernant des lieux saints islamiques et chrétiens en Palestine », a déclaré le ministère des Affaires religieuses de l’Autorité palestinienne. « Ils ont brûlé la mosquée, et c’est nous qui la reconstruisons. C’est notre terre, la terre de Palestine », a pour sa part affirmé Ghassan Daghlas, le gouverneur de la région de Naplouse.
Quelques jours plus tôt, le 19 février 2026, des colons ont attaqué l’église de la Visitation, située dans le village dépeuplé d’Ein Karem, à Jérusalem. Ils ont inscrit des slogans racistes sur ses murs et sur des véhicules stationnés à proximité. Cette attaque s’inscrit « dans une série de violations répétées commises par des colons contre des lieux de culte et des sites sacrés à Jérusalem, notamment des incursions dans des églises et des mosquées, la profanation de sanctuaires et des tentatives d’imposer une réalité coloniale qui menace l’identité historique et religieuse de la ville », écrit l’agence Wafa.
Raids militaires et incursions de grande ampleur dans tout le territoire
Les incursions et raids israéliens se sont multipliés durant toute la semaine. Le 18 février, un adolescent de 17 ans a été blessé par des tirs israéliens à balles réelles lors d’un raid dans la ville de Kober, au nord-ouest de Ramallah.
Ce 24 février au matin, les forces d’occupation ont mené des raids de grande ampleur dans plusieurs villes et villages de Cisjordanie occupée. A Naplouse, elles ont mené une vaste campagne de raids dans le village de Libban Al-Sharqiya, au sud de la ville, faisant irruption dans plus de 200 maisons. Elles ont également envahi les villes de Bethléem, de Beit Sahour, de Qalqilya, de Habla et le village de Ras Attiya, dans le sud, ainsi que les villes de Silwad, au nord-est de Ramallah, et de Turmusaya, dans le nord.
La veille, le 23 février 2026, les forces d’occupation israéliennes ont mené une incursion dans le village de Jalboun, l’est de Jénine, rapporte l’agence Wafa. Les soldats ont perquisitionné plusieurs habitations et installé un poste de contrôle militaire, entravant la circulation des habitant·es. Des grenades lacrymogènes ont été tirées au cours de l’opération. Comme le rappelle l’agence, « dans le nord de la Cisjordanie occupée, les localités de la région de Jénine sont régulièrement le théâtre d’opérations militaires israéliennes. Ces interventions prennent la forme de raids nocturnes, de perquisitions de domiciles, d’arrestations et de l’installation de postes de contrôle temporaires ou permanents restreignant la circulation des habitants ».
Et ce n’est pas fini. Le 23 février, les forces d’occupation israéliennes ont mené une incursion dans la ville de Biddya, à l’ouest de Salfit, au centre de la Cisjordanie occupée. Les soldats se sont déployés autour de la station-service de Biddya et dans plusieurs commerces situés le long de la route principale, rapporte l’agence Wafa. La région de Salfit est régulièrement ciblée par des incursions israéliennes, avec des perquisitions et des restrictions de circulation affectant la vie quotidienne des habitant·es.
Le même soir, deux Palestiniens ont été blessés lors d’un raid israélien dans le camp de réfugiés d’al-Amari, à al-Bireh. Selon des sources sécuritaires citées par Wafa, les forces israéliennes ont également mené un raid dans le quartier de Satah Marhaba, mais aucune arrestation ni perquisition n’a été signalée.
Deux autres Palestiniens ont par ailleurs été blessés par les forces d’occupation dans la ville d’al-Ram dans la même soirée du 23 février, au nord-est de Jérusalem-Est occupée. Selon des sources locales, les forces d’occupation ont ouvert le feu sur les deux jeunes hommes près du mur de séparation, rapporte l’agence Wafa.
Parallèlement, les forces d’occupation israéliennes ont pris d’assaut la ville d’Abu Dis, au sud-est de Jérusalem occupée, à l’aide d’un bulldozer militaire, de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes. Aucun blessé n’a été signalé, assure l’agence Wafa. Le gouvernorat a ajouté que le bulldozer militaire a procédé à des travaux de nivellement, enlevant de la terre et des débris de construction aux abords d’un camp militaire situé sur le territoire de la ville et les déversant près des habitations.
Les colons tuent, blessent et volent tous les jours
Le 18 février 2026, le ministère palestinien de la Santé a annoncé le décès de Nasrallah Muhammad Jamal Abu Siam, âgé de 19 ans, des suites de ses blessures provoquées lors d’une attaque de colons contre le village de Mikhmas, au nord-est de Jérusalem-Est occupée. Cinq Palestiniens avaient été blessés, dont trois par balles lors de cette attaque durant laquelle les colons avaient également volé des dizaines de moutons.
Le même jour, des colons ont incendié des propriétés appartenant à des Palestiniens dans le village d’Abu Falah, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée.
Au moins deux personnes ont été blessées en tentant d’éteindre l’incendie, rapporte le site d’information Middle East Eye.
Israeli settlers set fire to Palestinian-owned properties in the village of Abu Falah, near Ramallah, in the occupied West Bank.
— Middle East Eye (@MiddleEastEye) February 22, 2026
At least two people were injured while trying to put out the fire. pic.twitter.com/JAvOWZX54L
Le 23 février 2026, le gouvernorat de Jérusalem a rapporté que des colons israéliens ont envahi la maison de Youssef Al-Zawahra dans le hameau bédouin de Khallet al-Sedra, près de la ville de Mikhmas, au nord de Jérusalem occupée. Ils ont causé des dégâts à la propriété, volé un réservoir d’eau et bloqué l’accès à la maison. Cette attaque s’inscrit dans le cadre d’un « harcèlement continu visant les communautés bédouines autour de Jérusalem », précise l’agence Waf
Parallèlement, des colons poursuivent l’extension d’une colonie récemment établie sur les terres de Jérsualem occupée, « en construisant de nouvelles structures et en nivelant des terrains voisins, dans le but de consolider cette enclave et de la transformer en colonie permanente », rapporte Wafa. Le gouvernorat de Jérusalem a souligné que le nord et l’est de Jérusalem connaissent une recrudescence des attaques de colons, parallèlement à des politiques israéliennes visant à étendre les colonies et à isoler la ville de son environnement palestinien, en violation du droit international et des résolutions pertinentes de l’ONU.
Toujours le 23 février, des colons israéliens armés ont agressé un berger et volé son bétail dans la région de Masafer Yatta, au sud d’Hébron, selon des sources locales. L’activiste anti-colonisation Osama Makhmara a indiqué qu’un groupe de colons avait dérobé sept têtes de bétail appartenant à un habitant, après l’avoir poursuivi et bloqué près de la zone d’al-Daqiqa, dans la région de Yatta. La victime, violemment battue, souffrirait de contusions, et son téléphone portable aurait été brisé.
Lors de la même soirée, deux jeunes Palestiniens ont été blessés lors d’une attaque menée par des colons contre le rassemblement bédouin d’al-Hathroura, près de la zone de Khan al-Ahmar, au sud de Jéricho. Selon Hassan Mleihat, coordinateur général de l’organisation Al-Baidar pour la défense des droits des Bédouins, les colons ont agressé des habitants à coups de bâton et utilisé du gaz au poivre, sous la protection des forces israéliennes présentes sur les lieux.
Démolitions de maisons et accaparements de terres
Le 18 février, les forces d’occupation israéliennes ont démoli un immeuble d’habitation abritant plus de 40 personnes à Hébron. Le correspondant de l’agence Wafa rapportait que les forces d’occupation israéliennes avaient pris d’assaut le quartier d’al-Harayeq, adjacent à la colonie de Hagai, construite sur des terres palestiniennes au sud d’Hébron, et ont rasé le bâtiment à l’aide de bulldozers.
La veille, le 17 février 2026, l’occupation obligeait une famille à démolir sa propre maison à Sur Baher, au sud de Jérusalem occupée. La famille d’Ahmed Khader, un Jérusalémite âgé, a dû démolir sa propre maison de 80 mètres carrés dans le quartier de Sur Baher après avoir été informée de l’ordre de démolition par les autorités d’occupation israéliennes deux semaines auparavant. Selon le gouvernorat de Jérusalem cité par Wafa, « la famille a été obligée de procéder elle-même à la démolition, quelques heures avant l’échéance, le grand-père et ses petits-enfants prenant en charge la tâche, afin d’éviter la démolition de la maison par les bulldozers israéliens et une amende d’environ 80 000 shekels (environ 25 000 dollars américains) en cas de refus ».
Quelques jours plus tard, le 23 février, les autorités d’occupation israéliennes ont émis des ordres de démolition visant des structures résidentielles et agricoles à l’est d’Abou Dis, au sud-est de Jérusalem occupée. Le gouvernorat de Jérusalem a rapporté que les autorités d’occupation ont distribué 23 avis de démolition concernant des structures résidentielles et agricoles dans la zone d’Umm al-Shakhalib, à l’est d’Abou Dis, menaçant des dizaines d’habitant·es de déplacement et de perte de leurs moyens de subsistance.
Les forces d’occupation israéliennes ont par ailleurs saisi des terres agricoles et déraciné des oliviers le même jour dans la région de Jamroura, à Beit Kahil, au nord-ouest d’Hébron. Selon des sources locales, les terres saisies couvrent environ 500 hectares, principalement plantées d’oliviers. Elles appartiennent aux familles Atawneh, Zahour, Asafra et Joudi. Ces mêmes sources ajoutent que les oliviers déracinés étaient âgés de 15 à 20 ans et précisent que les terres visées à Jamroura font partie de la zone où l’occupation prévoit d’établir une zone industrielle.
Ramadan : provocations et restrictions
Comme chaque année, le ramadan est une période où les restrictions et les provocations israéliennes se multiplient contre les Palestinien·nes, comme mentionné dans notre article ici.
Les forces d’occupation israéliennes ont procédé à l’arrestation de plus de 100 Palestinien·nes en Cisjordanie depuis le début du mois de Ramadan, dont des femmes, des enfants et d’anciens prisonniers, a indiqué le 22 février le Club des prisonniers palestiniens.
Parmi les personnes interpellées se trouve une équipe d’ambulanciers du Croissant-Rouge palestinien, arrêtée le 21 février 2026 à Masafer Yatta, au sud d’Hébron. Le Croissant-Rouge a déclaré que les forces d’occupation ont interpellé l’équipe dans le quartier d’Al-Tuwani, à Masafer Yatta, alors qu’elle prodiguait des soins à un Palestinien agressé par des colons. L’équipe a été détenue et ses clés et téléphones portables lui ont été confisqués. Le Croissant-Rouge a ajouté que son équipe a ensuite été autorisée à quitter les lieux avec le blessé et à le transporter à l’hôpital peu après.
Dès le premier jour du ramadan, le 18 février, des dizaines de colons ont pris d’assaut la sainte mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, sous la protection des forces d’occupation israéliennes. Ils ont effectué des rituels talmudiques et provocateurs dans les cours de la mosquée Al-Aqsa, tandis qu’un groupe d’entre eux effectuait des séances de danse et de chant en groupe pendant l’assaut.
Cette démonstration de force s’inscrit dans une série d’incursions répétées menées par des colons sous la protection des forces d’occupation, qui visent à pratiquer des rituels talmudiques à l’intérieur des cours de la mosquée, et fait partie des tentatives de l’occupation d’imposer une réalité changeante dans la mosquée et la ville occupée, en particulier dans le quartier de la vieille ville et les zones entourant Al-Aqsa.
Deux jours plus tard, le 20 février, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a effectué une visite aux abords de la mosquée Al-Aqsa, au niveau de la porte des Maghrébins (Bab al-Maghariba), lors du premier vendredi du mois de Ramadan. Selon des images diffusées sur les réseaux sociaux, il était accompagné notamment de l’inspecteur général de la police israélienne, Danny Levy, et du chef de la police de Jérusalem, Avshalom Peled. Des déclarations jugées incendiaires par des responsables palestiniens auraient été prononcées sur place devant des membres des forces de police.
Par ailleurs, les forces israéliennes ont imposé des restrictions strictes à l’entrée des fidèles en provenance de Cisjordanie, refoulant notamment des dizaines de personnes âgées aux checkpoints de Qalandiya et de Bethléem au motif de l’absence de permis requis. Quatre ambulanciers auraient également été brièvement retenus, et le travail des équipes médicales et journalistiques entravé au checkpoint de Qalandiya. Des contrôles d’identité renforcés ont également été effectués aux entrées de la Vieille Ville et aux portes de la mosquée, plusieurs jeunes Palestiniens se voyant interdire l’accès au site.
L’accès à l’esplanade de la mosquée Al-Aqsa est également restreint à un grand nombre de Jérusalémites, pour des durées variables. Les forces d’occupation ont également renforcé leur dispositif militaire aux portes de la Vieille Ville et aux abords de la porte de Damas, limitant ainsi l’accès des fidèles à la mosquée.



