La fête de l’Aïd s’est déroulée, cette année encore, dans un contexte de privations et de restrictions imposées par Israël.
Par l’Agence Média Palestine, le 23 mars 2026

“L’Aïd est une fête joyeuse pour les enfants, qui sont heureux avec leurs jouets et leurs jeux. Mais nos enfants sont privés de tout”, explique Rania, mère de Gaza, sur Al Jazeera. “Mes filles ne seront pas heureuses pour cet Aïd. Je voulais les consoler en leur offrant des poupées, mais même cela est impossible.”
Les restrictions imposées par Israël à l’entrée de marchandises à Gaza, qui se sont durcies depuis le début de la guerre contre l’Iran, ont entraîné une nouvelle hausse des prix, y compris celui des jouets pour enfants.
“Cette poupée ne coûtait pas plus de 15 shekels (5 dollars) avant la guerre ; aujourd’hui, elle coûte 60 shekels (20 dollars)”, explique-t-elle, frustrée. “C’est quelque chose que je ne peux pas me permettre. Tout est cher et hors de prix.”
“Mes filles ont toujours rêvé d’une poupée. J’ai essayé une fois d’en fabriquer une pour elles, mais elles ne l’ont pas aimée. Tous les enfants du camp sont confrontés à la même situation, alors ils passent leur temps à jouer à des jeux de rue simples comme la marelle, cache-cache ou à dessiner dans le sable.
Cette année encore, la célébration de l’Aïd a été synonyme de privation à Gaza, dans un contexte d’effondrement économique et des pénuries généralisées qui résultent du siège illégal et meurtrier imposé par Israël.
Malgré ces conditions difficiles, les Palestinin-nes de Gaza ont célébré comme ils et elles le pouvaient, perpétuant la tradition. “C’est la période de l’Aïd, une période de bénédictions. Il est vrai que nous ne faisons pas les mêmes grandes célébrations qu’avant la guerre, quand je travaillais et préparais des gâteaux jusqu’à l’aube le jour de l’Aïd”, confie Samira, pâtissière à Gaza, à Al Jazeera. “Il y a toujours des choses qui viennent gâcher la joie… Il y a toujours de la joie à Gaza, mais elle n’est jamais totale.”
La mosquée d’Al Aqsa restée fermée
La mosquée d’Al Aqsa, troisième lieu saint le l’islam situé dans la vielle ville de Jérusalem occupée, a été fermée aux fidèles pendant la majeure partie du mois de ramadan, pour des raisons invoquées “de sûreté”, une décision sans précédent depuis la prise de Jérusalem-Est par Israël en 1967.
Vendredi dernier, la police israélienne a en outre barricadé les portes du complexe, empêchant les fidèles de se rassembler près du site et les obligeant à prier à l’extérieur de la vieille ville.
Les fidèles ayant tenté de s’approcher au plus près de la mosquée pour y effectuer leurs prières ont été repoussé-es par des grenades assourdissantes et des gaz lacrymogènes tirés par la police israélienne, et repoussé-es vers Salah al-Din, contraint-es d’accompli leurs prières sous une forte présence policière.
Immédiatement après la prière, elle a dispersé les fidèles avec force, les repoussant encore plus loin du site, vers la rue Saint-Georges, rapporte Faiz Abu Rmeleh, correspondant du média Middle East Eye, qui ajoute que « la vieille ville est restée sous fermeture stricte, l’entrée n’étant autorisée qu’aux résidents enregistrés. Cela a empêché de nombreux Palestiniens de rendre visite à leurs proches pendant l’Aïd, une période religieusement et traditionnellement consacrée aux réunions familiales. »
Beaucoup de Palestinien-es considèrent la fermeture de la mosquée, emblème de l’identité palestinienne, comme s’inscrivant dans une stratégie israélienne plus large visant à consolider leur contrôle sur Al-Aqsa et la vieille ville, alors que des groupes suprématistes ont appelé à y célébrer des rituels lors de la pâques juive en avril prochain.
Dans un rapport publié le 16 mars dernier, l’organisation ICJP dénonçait un “apartheid religieux”, indiquant que “la répression de la liberté d’expression religieuse contribue à l’effacement de l’identité musulmane palestinienne et des coutumes religieuses, étendant les pratiques d’apartheid à tous les aspects de la vie des musulman-nes palestinien-nes.”



