Les enfants palestiniens privés du droit d’être nommés dans la mort par crainte de représailles israéliennes contre leur familles

L’un des co-auteurs du rapport de l’ONU sur le ciblage délibéré des enfants Palestinien-nes par Israël explique que les victimes ont été anonymisées par crainte de représailles à l’encontre de leurs familles.

Par Jo Westphal pour l’Agence Média Palestine, le 23 juin 2026



La décision la plus difficile que nous ayons dû prendre pour mener à bien ce rapport a été celle de ne pas citer les noms des enfants palestiniens dont nous avons décrit les décès, les blessures et les souffrances.

Ces mots sont prononcés par Chris Sidoti, Commissaire d’enquête à l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, lors d’une conférence de presse le 23 juin dernier.

Nous ne les avons pas nommés car nous craignions les conséquences pour leurs familles”, ajoute-t-il. “Nous avons pour principe fondamental de ne pas ajouter davantage de souffrance à celle que ces personnes ont déjà endurée. Et cela a été difficile pour nous, de ne pas nommer ces enfants.

Le droit à un nom

La semaine dernière, la Commission de l’ONU publiait un rapport historique qui démontre qu’Israël cible délibérément des enfants à Gaza et Cisjordanie, et conclut que cette pratique constitue une preuve de l’intention génocidaire

Ce rapport de 88 pages, intitulé “l’essence même de l’enfance a été détruite”, examine l’ensemble des préjudices infligés aux enfants depuis le 7 octobre 2023, allant des tirs de précision effectués par des tireurs d’élite et des drones à la torture en détention, en passant par les violences liées à la santé reproductive et la destruction d’écoles et d’hôpitaux.

Au-delà des faits individuels, l’ONU pointe que leur ensemble démontre un système et une volonté de déshumanisation. Or, et cela pourrait sembler contradictoire, le rapport ne donne aucune fois le nom des enfants dont les souffrances sont rapportées.

Ce fut une décision difficile, car les enfants ont, en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant, le droit à un nom et à une identité”, poursuit Chris Sidoti. “Et l’une des difficultés pour faire comprendre au public la situation à Gaza et en Cisjordanie réside dans le fait que ces enfants sont anonymisés.

“[Les enfants] sont anonymisés dans les statistiques mêmes, qui font état de dizaines de milliers d’enfants touchés de cette manière. Et ils ont certainement le droit d’être reconnus, d’être nommés dans la mort.

Ce droit à un nom, à une histoire, est systématiquement refusé aux Palestinien-nes, que ce soit dans le silence biaisé des médias occidentaux, dans l’entrave à l’identification des corps par le blocus israélien et les pénuries qui en résultent, ou encore dans l’obligation d’anomymat par crainte de représailles. Un mécanisme tortueux, qui empêche les victimes palestiniennes de la campagne israélienne de déshumanisation de porter elles-mêmes leurs voix.

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