Point hebdomadaire sur la situation en Cisjordanie occupée (7-13 juillet 2026)
Par l’Agence Média Palestine, le 13 juillet 2026
Au moins un Palestinien a été tué et plusieurs autres blessés cette semaine en Cisjordanie occupée, tandis que les opérations militaires israéliennes, les arrestations arbitraires et les violences de colons se sont poursuivies et intensifiées dans tout le territoire. Les attaques contre des journalistes, l’expansion de la colonisation et les nouvelles mesures de confiscation de terres ont également marqué la semaine du 7 au 13 juillet, sur fond de critiques internationales croissantes envers la politique israélienne dans le territoire occupé.

Un Palestinien tué et plusieurs autres blessés
Au moins un Palestinien a été tué cette semaine en Cisjordanie. Lundi 13 juillet, un homme a été abattu par les forces israéliennes près du mur de séparation à Bir Nabala, au nord de Jérusalem-Est. Son corps a été récupéré par les équipes du Croissant-Rouge palestinien. Plusieurs autres Palestiniens ont également été blessés par balles au cours de la semaine, notamment près d’Hébron, où un jeune homme a été touché au pied par des tirs de colons israéliens.
Arrestations et opérations militaires : des dizaines de Palestiniens interpellés
Les incursions de l’armée israélienne se sont poursuivies dans l’ensemble de la Cisjordanie avec de nombreuses arrestations arbitraires. Comme les semaines précédentes, l’agence de presse WAFA a fait état de raids quotidiens à Jénine, Naplouse, Hébron, Ramallah, Tulkarem ou encore Bethléem, aboutissant à l’interpellation de dizaines de Palestiniens, souvent après des perquisitions et des dégradations de domiciles. À Sa’ir, au nord-est d’Hébron, un jeune Palestinien a notamment été arrêté après le saccage de sa maison. Les camps de réfugiés du nord de la Cisjordanie occupée restent particulièrement visés par les opérations israéliennes.
« Ils ont commis une grave erreur » : un élu américain subit la violence coloniale lors de sa visite en Cisjordanie occupée
Les attaques de colons se sont multipliées. À Hébron, des colons ont ouvert le feu sur des habitations palestiniennes entre Sa’ir et al-Maniya, blessant un jeune homme. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a mené une incursion dans le village palestinien d’Al-Mughayyir, près de Ramallah, accompagné de colons, dans une localité régulièrement ciblée par leurs attaques. Cette semaine a également été marquée par le témoignage du député démocrate américain Ro Khanna le 11 juillet, racontant avoir été retenu avec d’autres Américains par des colons armés près de Khirbet Zanuta. Selon lui, les soldats israéliens présents sur place ont soutenu les colons, une version contestée par l’armée israélienne mais corroborée par un journaliste israélien présent sur place au côté du représentant américain.
« Des colons israéliens, brandissant des M4 fabriqués en Amérique, m’ont détenu, ainsi que d’autres Américains, lors de mon voyage en Palestine. Lorsque l’IDF est arrivée, ils ont pris le parti des colons et ont prolongé notre détention. Ils ont commis une énorme erreur », a écrit l’élu démocrate de Californie qui envisage une candidature pour la prochaine présidentielle américaine. Ce membre de la Chambre des représentants se trouvait avec son équipe sur les ruines d’un village palestinien déserté par ses habitants après des attaques répétées de colons israéliens. Au moment de partir, des colons armés de carabines M4 ont encerclé le groupe de visiteurs et bloqué la route principale.
Israeli settlers, brandishing American made M4s, detained me & other Americans on my trip to Palestine.
— Ro Khanna (@RoKhanna) July 11, 2026
When the IDF arrived, they sided with the settlers & continued our detention.
They made a huge mistake.
You will be hearing more soon. https://t.co/rZw8bRAn64 pic.twitter.com/4z50Ye4I7K
Les membres de la délégation affirment avoir été insultés en hébreu et en arabe par des colons, qui les auraient également menacés avec des armes de fabrication américaine. Ro Khanna explique que l’armée israélienne est ensuite arrivée sur place, mais qu’elle s’est rangée « du côté des colons ». Après 90 minutes d’attente et de multiples appels à l’ambassade des États-Unis ainsi qu’à la police, la délégation a finalement été autorisée à quitter les lieux. « J’avais peur et je me suis senti impuissant », a déclaré Ro Khanna samedi, avant d’ajouter : « S’ils réussissent à faire cela à un membre du Congrès américain, imaginez ce que subissent les Palestiniens au quotidien sous cette occupation. »
L’élu californien a fait savoir que, s’il se présentait à l’élection présidentielle de 2028, la défense des droits des Palestiniens figurerait parmi les priorités de sa politique étrangère.
Les journalistes de CNN également pris pour cible
Quelques jours après l’incident impliquant Ro Khanna, une équipe de CNN a été attaquée par des colons près de Sinjil, au nord de Ramallah. Les assaillants, armés de bâtons, de barres métalliques, de pierres et d’un couteau, ont bloqué les journalistes avant de s’en prendre à leurs véhicules. Quatre suspects ont finalement été arrêtés par la police israélienne.
« Des colons israéliens ont attaqué une équipe de journalistes de CNN, ainsi que des journalistes et des militants, lors d'une visite à Sinjil, en Cisjordanie occupée, en fracassant le pare-brise d'un véhicule, en lançant des pierres sur le convoi et en tentant de lacérer un… https://t.co/6ttplyyhkG
— Meriem Laribi مريم لعريبي (@Meriem_Laribi) July 13, 2026
À Ramallah, le Syndicat des journalistes palestiniens a reçu une délégation du Parti communiste français et dénoncé l’intensification des attaques contre les médias palestiniens depuis le début de la guerre à Gaza, appelant à une protection internationale des journalistes.
Colonisation et confiscation des terres
À Jérusalem-Est, les autorités palestiniennes ont dénoncé l’approbation d’un projet israélien prévoyant la construction de 450 nouveaux logements de colonisation à Umm Lison, dans un quartier palestinien situé entre Jabal al-Mukabber et Sur Baher. Selon elles, ce projet pourrait accueillir près de 2 000 colons et modifier durablement la démographie de la zone. À Deir Abou Daïf, près de Jénine, l’armée israélienne a également distribué plus d’une dizaine d’ordres d’arrêt de travaux et d’évacuation visant des habitations déjà occupées ainsi que des terres agricoles palestiniennes.
Des centaines colons sur l’esplanade d’Al-Aqsa
Les incursions de colons dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa se sont poursuivies. Le 8 juillet, 112 colons sont entrés sur l’esplanade sous protection policière israélienne pour y effectuer des rituels talmudiques. Le 12 juillet, une nouvelle incursion a rassemblé 135 colons, selon des sources palestiniennes. Ces visites, autorisées presque quotidiennement par les autorités israéliennes depuis 2003, continuent d’alimenter les tensions autour du troisième lieu saint de l’islam.
L’ONU alerte sur les déplacements forcés
Dans son dernier rapport, le Bureau des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) estime que la poursuite des opérations militaires israéliennes, des démolitions, des restrictions de circulation et des violences de colons provoque une aggravation rapide de la situation humanitaire en Cisjordanie. Depuis le début du mois de juillet, les démolitions ont déplacé 67 Palestiniens et détruit 24 structures. Depuis le début de l’année, les violences et démolitions liées à la colonisation ont entraîné le déplacement de plus de 3 200 Palestiniens, soit deux fois plus qu’au cours des trois années précédentes.
Pressions diplomatiques sur la colonisation
À Bruxelles, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne débattaient ce 13 juillet d’éventuelles sanctions contre les colonies israéliennes. Parmi les mesures étudiées figure une interdiction des importations en provenance des colonies de Cisjordanie occupée. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a estimé que « la situation en Cisjordanie est véritablement intolérable », même si les États membres restent profondément divisés sur les mesures à adopter. Plusieurs pays, dont l’Irlande, l’Espagne et les Pays-Bas, qui ont déjà pris des sanctions nationales, plaident pour un durcissement de la politique européenne envers la colonisation israélienne.



