Plus de 100 parlementaires signent une demande de mise en sécurité immédiate des journalistes de Gaza

Dans une lettre du 7 décembre 2023 adressée à la Première Ministre Elisabeth Borne, plus de 100 parlementaires alertent quant à la situation des journalistes présent-e-s à Gaza et exigent leur mise en sécurité.

Par Emma Danion pour l’Agence Média Palestine, le 12 décembre 2023

Le 18 novembre dernier, l’Agence Média Palestine interviewait le journaliste palestinien Sami Abu Salem et documentait les conditions de travail intenables des journalistes à Gaza, qui ne bénéficient d’aucune protection particulière face aux attaques ciblées d’Israël à leur encontre.

Depuis le 7 octobre, au moins 56 journalistes palestinien-ne-s ont été tué-e-s par Israël et ses bombardements. Face à un tel bilan et au ciblage assumé des journalistes à Gaza, documenté par plusieurs organisations et syndicats telles que le SJP (Syndicat des Journalistes Palestinien-ne-s), le SNJ (Syndicat des Journalistes) ou encore RSF (Reporters Sans Frontières), une demande de mise en sécurité des journalistes à Gaza a été portée par plus de 100 parlementaires français-es ce lundi 11 décembre .

https://twitter.com/aurelientache/status/1734194809693163941?s=46

En effet, en réponse à ces atteintes répétées à l’encontre des journalistes palestinien-ne-s à Gaza, plus de 100 parlementaires français-es ont écrit une lettre à la Première Ministre Elisabeth Borne. Dans ce courrier, à l’initiative des député-e-s Sabrina Sebaihi (Députée EELV et NUPES des Hauts-de-Seine) et Aurélien Taché (Député du Val-d’Oise et trésorier du groupe écologiste), les 100 parlementaires exigent la mise en sécurité des journalistes de l’AFP présent-e-s à Gaza.

Plus tôt dans la journée du 7 décembre, une lettre ouverte de la SDJ et de l’AFP alertait sur les conditions de travail des journalistes à Gaza (pas d’eau, très peu d’électricité), qui portent le fardeau psychologique de devoir documenter une crise humanitaire d’une violence rare tout en la vivant. Dans cette lettre, la SDJ et l’AFP rappelaient également l’importance de leur travail, sans quoi les crimes de guerres commis par Israël dans la bande de Gaza resteraient inconnus, invérifiables et impunis.

Les assassinats ciblés d’Israël des journalistes palestinien-ne-s depuis le 7 octobre s’inscrivent dans un contexte plus global d’une volonté des dirigeant-e-s israélien-ne-s d’enclaver un maximum Gaza et les informations qui en ressortent, de couper les gazaoui-e-s du monde et de silencier les voix palestiniennes, comme le rappelait Imen Habib, coordinatrice de l’Agence Média Palestine, le 8 décembre dernier dans le journal Libération, ou encore dans cet entretien avec le journal CQFD le 1er décembre dernier.

Plusieurs instances – dont le SJP – ont déjà porté plainte auprès de la Cour Pénale Internationale concernant le ciblage et les crimes commis contre les journalistes palestinien-ne-s. Reporters Sans Frontières (RSF), portait début novembre sa 3ème plainte auprès du procureur de la CPI pour « crimes de guerre sur les journalistes palestinien-ne-s à Gaza ».

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