Gaza, jour 566 : Israël assassine 162 Palestiniens en deux jours

Point sur la situation dans la bande de Gaza, où Israël poursuit ses attaques incessantes, tuant par la faim, les balles et les bombes. Au moins 162 Palestinien-nes ont été assassiné-es ces deux derniers jours, dont 53 aux abords de sites de distributions alimentaires.

Par l’Agence Média Palestine, le 25 juillet 2025


La semaine passée, le journaliste Bashar Taleb publiait sur son compte facebook : “Je n’ai plus la force de travailler pour les médias. Mon corps est maigre et je ne peux plus marcher.” Cette déclaration glaçante continue de résonner, alors qu’il est de plus en plus difficile d’obtenir des informations sur les événements à Gaza.

Les journalistes, mais aussi les travailleur-euses du soin, les secouristes, sont affaibli-es par la faim et rapportent qu’ils et elles ne peuvent plus faire leur travail correctement, et faire face aux besoins sans cesse grandissants de Gaza, alors qu’Israël poursuit sans relâches ses brutales attaques aériennes et terrestres, assassinant au moins 162 Palestinien-nes au cours de deux derniers jours.

Deux millions de Palestinien-nes dans 45 m2

Le dernier rapport de l’OCHA affirme qu’entre le 16 et le 23 juillet, l’armée israélienne a émis trois ordres d’évacuation pour certaines parties des gouvernorats de Gaza Nord, Gaza et Deir al-Balah, couvrant une superficie de 10,5 kilomètres carrés. Depuis le 18 mars, l’armée israélienne a émis des ordres d’évacuation pour 303,2 kilomètres carrés (83 % de la bande de Gaza), forcant plus de 762 500 Palestinien-nes à fuir.

Plus de deux millions de Palestinien-nes dans la bande de Gaza sont entassées sur moins de 45 kilomètres carrés, tandis que 88 % du territoire se trouve désormais dans des zones militarisées par Israël ou fait l’objet d’ordres d’expulsion. Les 12% du territoire restants, désignés comme « sûrs », n’en sont pas moins quotidiennement visés par des frappes aériennes israéliennes.

Dans les campements surpeuplés, les habitant-es affaibli-es par la faim sont exposé-es à des bombardements qui semblent aveugles et surviennent sans avertissement. Cela a été le cas hier encore, lorsqu’une frappe israélienne touchant une tente abritant des déplacé-es a tué au moins deux Palestinien-nes, ont rapporté des sources médicales de l’hôpital Nasser.

Ces campements sont aussi confrontés à des épidémies qui deviennent encore plus dangereuses en raison de l’affaiblissement général dû à la faim. L’organisation caritative Oxfam a alerté ce matin sur la situation sanitaire catastrophique causée par le blocus délibéré de l’aide humanitaire par Israël, signalant un « bouillon de culture pour les maladies ».

L’organisation caritative a déclaré que le nombre de Palestinien-nes se présentant dans les centres de santé avec une diarrhée aqueuse aiguë a augmenté de 150 %, que les cas de diarrhée sanglante ont augmenté de 302 % et que les cas de jaunisse aiguë ont grimpé de 101 %.

« Les maladies hydriques, qui sont à la fois évitables et faciles à traiter, ont augmenté de près de 150 % à Gaza au cours des trois derniers mois, alors qu’Israël continue de bloquer délibérément l’aide », a-t-elle noté.

Gaza meurt de faim

Le blocus israélien continue d’imposer une famine chaque jour plus grave. Les services d’urgence accueillent un nombre sans précédent de personnes de tous âges, gravement affaiblies et épuisées, souffrant d’une fatigue extrême et d’un état de collapsus physique. Des centaines de personnes, le corps ravagé par la famine, ont dépassé les limites de leur endurance physique, sont désormais gravement affaiblies par la faim et en danger de mort imminent, alertent les autorités sanitaires.

« D’après ce que nous disent les sources sanitaires, le système immunitaire des gens est en train de s’effondrer. Ils sont incapables de lutter contre les nombreuses maladies qui se propagent, car leur corps n’en a plus la force », explique Hani Mahmoud, journaliste à Gaza pour Al Jazeera.

Le ministère de la Santé de Gaza a déclaré jeudi qu’au moins 115 Palestinien-nes étaient mort-es de faim dans l’enclave depuis le début de la guerre lancée par Israël contre Gaza en octobre 2023. La plupart des décès, dont ceux de nombreux enfants, sont survenus ces dernières semaines.

Al Jazeera rapporte ce matin qu’un nouvel enfant palestinien, Abdul Qader Al-Fayoumi, est mort des suites de malnutrition et de famine, selon une source à l’hôpital al-Ahli Arab de Gaza.

Les meurtres continuent, en outre, de se perpétrer aux abords des centres de distributions « humanitaires », où les maigres portions d’aide alimentaire sont distribuées. Au moins 34 Palestinien-nes ont été assassiné-es alors qu’ils et elles venaient chercher cette aide mercredi, et 19 autres le lendemain.

Un ancien agent de sécurité de la Gaza Humanitarian Foundation, témoignant sous l’anonymat auprès d’Al Jazeera, a déclaré avoir été témoin d’usages létals de gazs et de grenades de désencerclement. Ces nouvelles révélations rejoignent un faisceaux de preuves que l’armée israélienne mais aussi les sous-traitants chargés de sécurité de la GHF ciblent délibérément les civils dans ces centres dits « humanitaires », où plus de 1 000 Palestinien-nes ont trouvé la mort depuis le 27 mai dernier.

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