Gaza, jour 662 : 60 000 Palestiniens assassinés par Israël en 21 mois de génocide

Bien qu’ayant annoncé des ‘pauses’ quotidiennes dans ses attaques afin de permettre l’acheminement d’une aide humanitaire, l’armée israélienne poursuit jour et nuit ses opérations meurtrières dans la bande de Gaza. Point sur la situation dans l’enclave palestinienne, alors que le sinistre bilan du génocide à Gaza s’élève à 60 000 Palestinien-nes assassiné-es par Israël depuis le 7 octobre 2023.

Par l’Agence Média Palestine, le 29 juillet 2025



En réponse à l’indignation grandissante de la communauté internationale face à la famine imposée par le siège israélien de Gaza, l’armée israélienne a annoncé dimanche effectuer des ‘pauses tactiques‘ dans ces opérations afin de permettre l’acheminement d’aide humanitaire. Si quelques centaines de camions ont effectivement été autorisés à pénétrer l’enclave, ce qui est jugé insuffisant par les acteurs humanitaires, il semble en outre que les attaques n’aient pas cessé.

Depuis Deir el-Balah, le journaliste d’Al Jazeera Tareq Abu Azzoum explique : « Ce qu’Israël qualifie de ‘pauses humanitaires’ sont en fait des suspensions limitées et unilatérales des activités militaires, qui durent généralement quelques heures et sont confinées à certaines zones. Ces pauses, comme nous l’avons vu, ne font l’objet d’aucun contrôle international ni d’aucune coordination avec les agences humanitaires ».

« La réalité est très sombre, à un moment où les Palestinien-nes sont censé-es pouvoir se déplacer et s’approvisionner en nourriture en toute sécurité. Le sentiment général sur le terrain est un mélange de frustration et d’espoir que l’acheminement de l’aide vers la bande de Gaza se poursuive. Mais ce qui a été envoyé reste une goutte d’eau par rapport aux besoins de la population gazaouie. »

Dimanche, quelques heures après l’annonce de la ‘pause’, les hôpitaux comptabilisaient au moins 63 décès dus à des attaques israéliennes dans l’ensemble de la bande de Gaza, y compris dans les zones concernées par les ‘pauses’ et aux abords de centres de distributions alimentaires. Lundi, on recense au moins 92 meurtres de Palestinien-nes, et les sources médicales rapportent au moins 62 assassinats depuis l’aube de ce jour, mardi 29 juillet.

L’agence de défense civile de Gaza a déclaré hier que ses équipes avaient mené 44 opérations de sauvetage dans toute la bande de Gaza au cours des précédentes 24 heures, dénonçant des bombardements israéliens incessants. Des attaques ont eu lieu dans le camps de réfugié-es de Nuseirat, où une frappe aérienne visant une tente a tué au moins trois personnes, dans la ville de Gaza, où des drones israéliens ont pris pour cible un groupe de civils à une intersection, tuant cinq personnes et en blessant plusieurs autres. Des meurtres israéliens de civils palestiniens ont également été signalés à Rafah ainsi que près du corridor de Netzarim, où des foules s’étaient rassemblées pour attendre une distribution d’aide alimentaire.

Dans la nuit d’hier à aujourd’hui, d’intenses bombardements israéliens ont fait des dizaines de morts dans le centre de Gaza, dans ce que les habitant-es décrivent comme l’une des nuits les plus sanglantes de ces dernières semaines. Trente Palestinien-nes ont été tué-es dans le camp de réfugiés de Nuseirat par les forces israéliennes, dont les attaques aériennes ont frappé plusieurs maisons. Parmi les victimes figurent 12 enfants et 14 femmes. Selon des témoins, la plupart des victimes sont arrivées à l’hôpital al-Awda en morceaux, déchiquetées par la violence des explosions.

Des témoignages locaux rapportent qu’Israël aurait utilisé des robots piégés, ainsi que des chars et des drones lors de cette attaque, ce qui fait redouter aux habitant-es une possible attaque terrestre. « Mais ailleurs dans la bande de Gaza, nous constatons également une recrudescence relative des attaques aériennes, notamment dans la ‘zone de sécurité’ désignée d’al-Mawasi, dans le sud de Gaza, où un père et ses trois enfants ont été tués lors d’une attaque israélienne contre une tente de fortune », rapporte le journaliste Tareq Abu Azzoum, qui rappelle « qu’aucun endroit de Gaza n’est vraiment sûr. »

« L’indignation et la condamnation ne suffisent plus »

Au moins 14 Palestinien-nes, dont deux enfants, sont mort-es de faim et de malnutrition à Gaza, selon les autorités sanitaires, alors que la famine indigne la communauté internationale. Philippe Lazzarini, chef de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugié-es de Palestine (UNRWA) a déclaré que son personnel sur le terrain décrit les personnes victimes de la famine comme « ni mortes ni vivantes, des cadavres ambulants », avant d’ajouter que les mots « d’indignation et de condamnation ne suffisent plus pour répondre à la situation actuelle ».

« Des mesures immédiates doivent être prises pour imposer un cessez-le-feu attendu depuis longtemps, pour inverser la famine qui s’aggrave et pour libérer tous les otages… Une fois le cessez-le-feu en place, l’importante main-d’œuvre de l’UNRWA permettra de renforcer considérablement l’aide humanitaire », a déclaré M. Lazzarini.

Ces derniers décès portent à 147 le nombre de personnes mortes de malnutrition depuis le début de la guerre lancée par Israël contre Gaza en octobre 2023, dont 88 enfants, a déclaré lundi le ministère de la Santé à Gaza, alors que l’observatoire mondial de la faim (IPC) déclare ce matin que le « pire scénario de famine » se déroule actuellement.

Tom Fletcher, sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires, a déclaré que les livraisons autorisées ne représentaient qu’une « goutte d’eau dans l’océan » par rapport aux besoins. « Nous ne pouvons pas simplement nous présenter et passer. C’est ce que nous devrions être autorisés à faire, c’est ce qu’exige le droit international, mais nous n’en sommes pas encore là », a-t-il déclaré, citant les risques sécuritaires persistants, la fermeture des points de passage, les refus de visas et les retards douaniers.

Sima Bahous, directrice exécutive d’ONU Femmes, a déclaré qu’un million de femmes et de filles à Gaza sont confrontées au « choix impossible » entre mourir de faim ou risquer leur vie pour trouver de la nourriture, rappelant les dangers encourus aux abords des centres de distributions humanitaires. « Cette horreur doit cesser », a déclaré Mme Bahous dans un message publié sur les réseaux sociaux, appelant à un accès sans entrave de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, à la libération des prisonniers et à un cessez-le-feu permanent.

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